Comment ça se passe chez un(e) psychologue ? le récit d’un patient

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Tout a commencé par des larmes … différentes

Quand je me suis mis à pleurer le jour de mon anniversaire et que ça ne s’arrêtait pas, j’ai compris qu’il y avait un problème. Je ne pouvais plus faire comme si ça n’existait pas, et à continuer ma vie comme si de rien n’était.

Enfin si j’aurais pu, d’ailleurs par le passé je l’avais déjà fait.

Mais là il fallait que je regarde la vérité en face, que j’arrête de détourner le regard. Et là, la réalité me disait : « ça va pas ».

J’ai fait du chemin toutes ces années, j’ai pas mal évolué, mais il faut croire qu’il y a cette espèce d’ombre qui finit irrémédiablement par me rattraper.

Et c’est vrai que le fait d’avoir découvert que je suis hypersensible, m’a tellement aidé à m’accepter tel que je suis. A comprendre enfin que je n’étais pas moins bien que les autres, à mieux comprendre appréhender mon fonctionnement.

C’est d’ailleurs pour ça qu’est né « Loin des pressions », pour vous aider dans la prise de conscience de qui vous êtes. Pour faire en sorte que vous ne viviez pas d’autres années d’errance, à ne pas comprendre qui vous êtes et à continuer de penser que vous êtes nul(le).

Ce jour-là j’ai pleuré, et tant pis si ça ne se fait pas « vrai mec ». Tant pis aussi, si le fait d’écrire tout ça, nuit à ma crédibilité sur ce que je peux écrire dans les articles ou dire dans les vidéos.

Mais au fond je ne pense pas que je sais que le fait d’être vulnérable, nuise à quoi que ce soit. Je pense que les hypersensibles aiment trouver de l’authenticité chez les autres, et dans leurs relations.

En tout cas ce jour-là j’ai compris que j’avais essayé d’être fort depuis bien trop longtemps. J’ai pris conscience que j’avais besoin d’aide et qu’il n’y avait pas de honte à ça.

J’ai pris rendez-vous avec un psychologue le jour-même, pour ne pas être tenté de changer d’avis une fois l’orage de larmes passé. Parce que je savais bien que cette démarche était bien plus difficile qu’elle en avait l’air, c’est d’ailleurs pour ça que je ne l’avais pas faite pendant tant d’années.

De mon côté je suis dans un cas de figure un peu particulier, puisque Manuela ma conjointe dont vous retrouvez les articles régulièrement sur le site, est psychologue. Mais même si c’est son métier, elle ne pouvait évidemment pas tenir ce rôle. Cela aurait été un mauvais mélange des genres, il fallait donc trouver quelqu’un d’autre.

Le fait d’avoir pris rendez-vous, est je pense, une preuve d’humilité. Jusque-là je pensais pouvoir avancer et me débrouiller seul sans aide, ce que j’ai su faire jusqu’à un certain point.

Là j’ai enfin admis que j’en avais besoin et que je savais au fond de moi que c’était la bonne décision, même si ça n’allait pas être de toute repos.

« ça sert à rien de parler »

Je dois avouer que c’est ce que j’ai pensé pendant des années, je me disais que « c’était du passé », et que ce qui compte c’est le présent et l’avenir. Alors je ne l’ai pas fait, je n’ai pas parlé, et j’ai continué à tracer ma route, à essayer d’avancer un petit peu comme j’ai pu.

Et il faut bien reconnaitre qu’il y a eu des hauts et des bas, que ça a été parfois chaotique que ce soit au niveau pro ou perso. Je me suis régulièrement trouvé dans des situations où je me sentais mal et à devoir en partir.

Pendant longtemps d’ailleurs, j’ai cru que c’était des échecs, à présent je les regardé avec un oeil différent. Ils sont la preuve que j’ai voulu évoluer, en ne restant pas dans des situations qui ne me convenaient pas.

Derrière mes « ça sert à rien de parler », la vérité c’est que je savais pas trop par quel bout le prendre. La vérité c’est que j’avais pas spécialement d’ouvrir « la boite de Pandore » de mon passé, je savais que ça serait lourd et très inconfortable.

Pour le dire autrement : j’avais peur. Et mon intuition, c’est que quelque chose de courant, de commun à beaucoup de personnes.

Je pense que personne n’a très envie de se rappeler de toutes les moments pas marrants de sa vie, personne n’a envie de s’y confronter. Je pense que spontanément, on préfère les mettre dans un coin de notre esprit. Notre premier réflexe c’est d’essayer de les oublier et de ne plus y penser pour pouvoir continuer à avancer.

D’où le « ça sert à rien de parler ».

Quand on fait plusieurs séance chez un(e) psy, et sans jamais le nommer tel quel, on rentre dans un processus de psychothérapie. Un grand mot pour dire que le processus de guérison va passer par le fait de parler, de se raconter.

Autant dire qu’assez rapidement, on comprend que « ça sert de parler ».

Parce que tout ce dont on n’a pas parlé n’a pas disparu pour autant. Et qu’au fur et à mesure des séances, on comprend ce que l’on a vécu dans notre enfance et auprès de notre famille, de nos parents notamment, a une influence sur le déroulement de notre vie d’adulte.

Naturellement on fait des ponts entre certains événements, et il faut bien dire c’est quelque chose d’assez bouleversant. Et c’est souvent là que la ou le psychologue entre (encore plus) en scène.

Parce que quand on parle, qu’on raconte une part de soi, le ou a psychologue est là pour réagir, orienter, souligner tel point ou non. Je les vois un peu comme les personnes qui aiguillent les chemins de fer, pour que les trains puissent circuler de façon fluide.

Parfois par une remarque, une question, on est donc aiguillé sur une voie sécurisée, où il n’y a pas le risque de rencontrer un autre train en face. Une voie intéressante qui permettra sans doute d’avancer.

Ce qui est assez surprenant au début, en tout cas moi ça m’a surpris, c’est qu’en réalité un(e) psychologue parle finalement très peu. Il ne faut pas s’imaginer que le temps de parole est à peu près également répartie, c’est peut-être vrai dans certains cas mais dans mon cas non.

Je parle beaucoup +, mais ça n’est pas pour autant que la ou le psy ne fait rien. C’est plus discret mais c’est bien là, comme les petites roues sur les vélos des enfants, qui vous aident à ne pas vous casser la gueule pendant que votre équilibre n’est pas encore au point.

En fait on est en train d’apprendre à faire du vélo, à pédaler en regardant bien devant soi l’horizon, et tout ça prend donc forcément du temps.

Vous n’allez pas aller mieux de suite

Et c’est que chose de contre-intuitif, parce que c’est justement pour cela qu’on sollicite un accompagnement psychologique. De base notre but c’est d’aller mieux, mais malheureusement c’est plus compliqué que ça.

Pour le dire de façon cash, vous n’allez très probablement pas aller mieux en allant voir un(e) psychologue, en tout cas pas à court terme. Et ça, ça n’est pas toujours évident à admettre, parce qu’au fond on est tous pareil.

Quand on ne se sent pas bien, qu’on souffre même, on a envie que ça s’arrête le plus rapidement. C’est d’ailleurs pour « aller mieux » rapidement, que l’on se retrouve souvent à la recherche de conseils, de stratégies, voire de méthodes pour obtenir des résultats rapides.

On parlera de cela plus en détail dans le chapitre suivant, mais sauf exception ce n’est pas ce qui est fait dans le cadre d’une psychothérapie.

En fait on ressort de chez le psy, un peu comme après certaines séances de kiné. On a parfois plus mal qu’avant, et c’est ce que j’ai vécu à la sortie de certaines séances.

Parce qu’en séance, je me suis parfois retrouvé à raconter des choses qui m’ont fait du mal. A me souvenir d’événements plus ou moins récents auxquels je ne pense pas forcément tous les jours et qui m’ont rendu triste, ou angoissé parfois.

On est un peu dans la situation, d’une marée et ses vagues qui viennent soulever toute la vase et les algues qui étaient au fond de l’océan. Forcément votre océan, puisqu’il s’agit de vous, ne sera plus d’un bleu immaculé. Il sera plein de vases et d’algues, qui mettront du temps à être emportés très loin.

Donc oui, parfois je suis sorti de séance en me sentant comme vidé, triste. Certaines fois soulagé et d’autres fois encore plus endolori.

Et ce ressenti-là, bizarre et pas forcément évident à décrire, tous les gens qui vont voir un(e) psy le vivent également.

Mais en tout cas c’est, je pense, la réalité du travail qui fait en séance. C’est en fait un véritable « travail », un travail sur soi même si l’on est accompagné, aiguillé, soutenu.

Cela ne peut pas être confortable, c’est impossible que ça le soit. C’est forcément inconfortable parce qu’on évoque son passé, son présent, ses difficultés, ses peurs parfois.

Pendant un bon moment on va même se sentir moins bien qu’auparavant. C’est ce que j’ai vécu suite aux premières séances, et quelque part quand on y réfléchit, c’est complètement logique.

Mais voilà, il faut bien reconnaitre c’est pas évident, qu’à ce moment-là, on peut être parfois tenter de laisser tomber.

Parce qu’il y aura forcément au moins un soir, où on va trouver que c’est trop dur, et qu’on se posera la question de si ça en vaut la peine. Est-ce que ça vaut la peine de continuer quelque chose qui nous fait mal, alors que de base c’était censé nous faire du bien ?

Peut-être même qu’à ce moment-là on se fera croire à nous-même que parler ça sert à rien, parce que ça ne permet pas d’aller mieux là maintenant.

Ce mur que l’on peut prendre au début, il n’est pas forcément évident à admettre.

C’est parfois difficile d’accepter que s’il doit y avoir une amélioration, elle ne peut se faire qu’à moyen, long terme. A un rythme qui sera d’ailleurs différent suivant les personnes et qui sera le votre.

Ce que je constate de mon côté, c’est qu’au fur et à mesure des séances, je me comprends mieux. Bien-sûr je fais le constat que tout n’est peut-être pas forcément résolu. Mais je vois que je n’en suis plus au même point qu’au début, et c’est ce qui me pousse à continuer.

Je vois que j’ai guéri de certaines choses, et que pour d’autres c’est sans doute en cours. Et je pense que cela se terminera lorsque je me sentirai suffisamment autonome pour pouvoir continuer sans accompagnement.

Tout cela prend donc du temps, un temps qu’on ne peut pas prévoir et qu’on percevra toujours comme « trop long ». Vous l’avez compris on est bien loin des méthodes miracles.

« j’aimerais des conseils pour aller mieux »

Et si c’est cela votre demande, c’est tout à fait ok. D’ailleurs ce site ne fait pas autre chose, que de donner des conseils pour vous aider à mieux vivre votre hypersensibilité. En essayant également de vous aider à vous enlever la culpabilité, celle que l’on a tendance à se mettre trop souvent sur les épaules.

Certains thérapeutes ou psy-quelque chose seront d’ailleurs probablement en capacité de vous fournir ce type de conseils ou astuces, et des stratégies pour « aller bien » et « aller mieux ». Et même s’il faut évidement se méfier des personnes qui vous promettront des guérisons rapides voire quasi miraculeuses, vous trouverez également des professionnels compétents et en capacité de vous aider pour ce type de demande.

Mais comme indiqué déjà dans les chapitres précédents, aller voir un(e) psychologue c’est effectuer un véritable travail de fond, qui part avant tout de soi. Cela demande un investissement personnel autrement plus important que de suivre des conseils, des « tips » pour cultiver son bien-être.

Cela signifie que, ce n’est pas autour de ça que tourne le travail d’un(e) psychologue, et que sauf exception il n’y aura pas de « trucs et astuces ».

Je le dis d’ailleurs sans aucun jugement sur ce que pourraient être votre démarches et vos envies, c’est tout à fait ok d’être en demande de cela. J’ai été moi-même demandeur de ce type de solutions, mais ce n’est certainement pas ce que vous allez trouver chez un(e) psychologue et dans le cadre d’une psychothérapie.

Et c’est vrai que plutôt que d’opposer les deux, ce à quoi on ne pense pas forcément c’est qu’il est tout à fait possible de les cumuler.

S’agissant de mon cas, je suis à la fois en accompagnement psy, et dans une démarche où j’essaie de prendre davantage soin de moi. Parce que j’ai tendance à fatiguer plus vite que la moyenne, j’essaie de m’accorder les temps de repos et d’activités calmes dont j’ai besoin pour me sentir bien.

Cependant, et comme je suis loin d’être parfait, il arrive que j’ai du mal à appliquer pour moi-même les conseils que j’essaie de vous donner dans les articles de ce site. L’expression qui dit que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés, a donc un fond de vérité.

Pour moi comme pour mal d’hypersensibles, le fait de poser des limites par exemple n’est pas forcément évident et demande un apprentissage. Pour ne prendre que cet exemple.

Même sans conseil et astuce, et même si cela prend souvent du temps, le but d’un accompagnement par un(e) psychologue c’est d’entamer une évolution. C’est même une transformation, lorsqu’on parvient à se libérer de certains vieux schémas, et cela ne peux se faire que si l’on se sent en confiance.

« Je veux un psy qui me comprenne »

Je comprends tout à fait cette demande que vous pourriez avoir, mais de mon point de vue c’est pas forcément de ça dont il est question.

Personnellement je n’ai pas ressenti le besoin de changer de professionnel, je me suis senti en confiance auprès de la personne qui me suit. La première personne qui m’a suivie, est donc la « bonne personne ».

Mais si vous ne vous reconnaissez pas là dedans et que cela n’est pas votre cas. n’hésitez pas à changer de professionnel. Parce que tout le travail que vous allez faire, repose avant tout sur cette base de confiance mutuelle. C’est donc important de se sentir en sécurité et en confiance.

Parce que c’est vraiment ce qu’est censé être une séance chez le ou la psy, c’est une “safe place”, un lieu sûr. Un espace dans lequel on a le droit d’exprimer ce que l’on souhaite, où l’on doit se rendre compte que ce que l’on dit est entendable, recevable.

Personnellement, j’y ai raconté des choses, des événements dont je ne parle pas habituellement, dont je ne parle à personne. C’est le but et c’est le lieu pour cela.

Seulement pour arriver à ça il n’y a pas de secret, il est nécessaire de se sentir en confiance.

Les psychologues sont évidemment tenus au strict secret professionnel, et ce ne sont pas justement des mots, c’est réellement ce qui se passe. Manuela en parle dans l’article où elle prend le temps d’expliquer ce que peut apporter un(e) psychologue, c’est fondamental et la base de la déontologie de la profession.

Pour en revenir au fait d’être compris, en réalité tout dépend ce qu’on met derrière l’expression, je veux « un psy qui me comprenne ».

De mon point de vue être « sympa » ou avoir l’air sympa ne suffit pas. Je ne suis même pas sûr que rechercher à tout prix un professionnel très empathique soit forcément la bonne recherche.

Parce que pour qu’un(e) psychologue puisse vous accompagner, vous aiguiller efficacement, il ou elle doit aussi pouvoir rester légèrement extérieur à ce qu’il vous arrive. Je pense que c’est logique.

Bien entendu et c’est comme pour tout, il faut un minimum d’empathie. D’ailleurs vous ne pourrez pas avancer et vous sentir serein avec quelqu’un dont vous pensez qu' »il (ou elle) s’en fout », par exemple.

Il faut donc naturellement que « ça passe » avec la personne, que l’on puisse se sentir suffisamment en confiance avec la personne.

Mais il arrive parfois, et ça m’est arrivé aussi, que la ou le psychologue vous dise des choses qui ne vont pas forcément dans notre sens. je me suis rendu compte qu’un accompagnement ça vient parfois bousculer nos vieilles croyances, des choses que l’on pensait certaines sont interrogées, et finissent parfois par être remises en cause.

Cela fait partie du processus, c’est donc normal que cela puisse se produire parfois, et c’est normal que ce votre côté ça pique un peu 😅.

C’est pour cela qu’au delà de la sympathie, ce qui compte selon moi c’est davantage le professionnalisme. C’est ce qui permet qu’on se sente en confiance (ou pas), et d’avancer ou non.

Parlons argent (entre autres)

J’espère que ce partage du point de vue du patient, vous aide à voir un peu plus clair sur la façon dont ça peut se passer. Je pense que cela peut contribuer à déconstruire certaines idées reçues ou fausses croyances que l’on peut avoir sur le suivi psy.

Concernant les questions d’argent qui sont évidemment importantes, sachez qu’il existe (au moment où j’écris cet article, novembre 2025) un dispositif « mon soutien psy » qui permet de bénéficier de 12 séances remboursées par année civile. Même si peu de psychologues y ont adhéré et sont conventionnés, et que le dispositif en lui-même est imparfait, cela permet de rendre les soins psychologiques davantage accessibles.

Il existe un moteur de recherche pour trouver un psy conventionné adhérant à ce dispositif.

Quand on a des problèmes d’argent et qu’on vit des situations de précarité, on vit déjà très souvent de l’anxiété par rapport à ces questions-là. Alors si cela vous permet d’accéder à un suivi psychologique auquel vous n’auriez pas pu avoir accès auparavant, cela va dans le bon sens.

Comme vous l’avez constaté tout au long de cet article, je suis très loin de « vendre » l’accompagnement psy. Le but n’est certainement pas de vendre du rêve.

Je le présente du point de vue du réel, en tout cas à la lumière de mon vécu et de que j’en ai compris. Cela n’a pas la prétention d’être ce que ça n’est pas, ni une vérité, ni parole d’évangile.

C’est un témoignage, un peu de moi, anonymisé mais réel, et je l’espère une aide pour vous 😊

🦥Le paresseux voudrait vous dire un petit mot (rien d'obligatoire)

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