Hypersensibilité au masculin : qu’est ce qu’être un homme hypersensible ?

etre un homme hypersensible

🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici

  1. Peu d’hommes hypersensibles : Même si théoriquement, il est censé y avoir autant d’hommes que de femmes hypers. La réalité c’est que sur toutes les pages et comptes qui traitent de l’hypersensibilité, le public est très majoritairement féminin. Cela vient très probablement de l’éducation reçue par les hommes. Dans une monde où la virilité est valorisée et où on doit masquer ses émotions, parvenir à assumer sa sensibilité demande à parcourir un plus long chemin.
  2. “sois fort et tais-toi” : Les stéréotypes de genre ont encore la vie dure, comme on peut dire aux femmes “sois belle et tais-toi” en les invitant à s’effacer et à taire leurs besoins. Les hommes eux, doivent être forts et ne pas montrer leurs émotions. Ce qui est valorisé et la réussite sociale, le fameux “mâle alpha” censé dominé les autres (hommes et femmes). C’est ce qui fait que les hommes refoulent leurs émotions et que ça crée de la violence verbale ou physique qui est par ailleurs inexcusable.
  3. La virilité : c’est quoi être fort ? : La virilité c’est souvent le fait de vouloir dominer les autres hommes mais aussi les femmes. Or la véritable force c’est sans doute de s’autoriser à baisser son masque pour se montrer vulnérable. C’est quand on s’autorise à être vrai, authentique avec les autres. Quand on n’est plus en compétition à se comparer avec les autres, mais qu’on veut simplement progresser et s’améliorer pour soi et dans ses relations, alors on est fort.
  4. Les qualités des hommes hypersensibles : Les hommes hypersensibles parviennent à assumer leur sensibilité dans un monde où c’est particulièrement mal vu. Ils savent identifier leurs émotions et essaient d’apprendre à les accepter. Comme les femmes hypers, la plupart savent faire preuve de bienveillance et d’’écoute. Ils savent se mettre à la place de l’autre et faire en sorte que l’autre se sente bien. Attention néanmoins à ce que l’hypersensibilité ne serve pas de prétexte.
  5. L’hypersensibilité n’est pas une excuse : L’éducation que l’on a reçue ou le fait d’être plus sensible que la moyenne ne doit pas servir d’excuse pour justifier des comportement violents ou toxiques. Gérer des émotions difficiles comme la colère, cela s’apprend même si cela n’a rien de simple. De même qu’un homme hypersensible même s’il sera naturellement protecteur, devra faire attention à ne pas rentrer dans le syndrome du sauveur, souvent toxique.

Pourquoi il y a si peu d’hommes hypersensibles ?

> Les hommes partent de loin

Pourtant en théorie et contrairement à certaines idées reçues, il est censé y avoir autant d’hypersensibles homme que femmes.

Néanmoins une étude de 2024 (de Watten, R. G., Volden, F., & Trå, H. V.) sur la sensory processing sensitivity (Senssibilité sensorielle) a montré que les hommes, en moyenne, ont des scores HSPS (hypersensibilité) plus bas que les femmes, ce qui peut expliquer pourquoi cette haute sensibilité passe parfois inaperçue chez certains hommes.

Et ce qu’on constate c’est que tous les pages, groupes ou comptes sur les réseaux sociaux qui traitent de l’hypersensibilité, ont un public très largement féminins. Comme si toutes ces questions autour d’une meilleure connaissance de soi intéressaient beaucoup plus les femmes que les hommes.

Je le constate également quand je consulte les statistiques sur les réseaux sociaux de « Loin des pressions », le public intéressé est très largement féminin. Et dans des proportions très élevées, autour des 80 voire parfois 90 %.

Alors si je devais parodier la célèbre chanson de Patrick Juvet « Où sont les femmes ? », s’agissant d’hypersensibilité on peut se poser la question d' »où sont les hommes ? ». Non pas pour dire qu’il faut moins de femmes, c’est une très bonne chose qu’elles s’intéressent à toutes ces questions autour d’une meilleure connaissance de soi. Mais voilà il y a beaucoup d’hommes hypersensibles qui s’ignorent.

La démarche c’est plutôt de s’interroger et d’essayer de comprendre pourquoi il y en a si peu. Et c’est sans doute parce que je suis moi-même un homme hypersensible, que la question m’intéresse.

On en parlera tout au long de l’article, mais cela vient très probablement de l’éducation que les hommes reçoivent. Parvenir à assumer sa sensibilité et ses émotions, dans une société où la force et la virilité à assumer, est un chemin beaucoup plus long à parcourir.

Un chemin que beaucoup d’hommes ne vont absolument pas parcourir. En réalité la plupart ne vont même pas le connaitre, et même en sachant qu’il existe, ils n’envisageront même pas de le faire.

Ils penseront que cela n’est pas pour eux, parce que cela revient à s’exclure de la norme et de ce que la société attend de nous.

Et comme ces questions-là n’intéressent pas les hommes, beaucoup de personnes qui parlent d’hypersensibilité s’adressent donc exclusivement aux « femmes hypersensibles ou neuro-atypiques ». Là le problème c’est qu’on rentre dans un cercle vicieux, puisqu’à ce moment-là le message qui est envoyé c’est que l’hypersensibilité ne s’adresse pas aux hommes.

Je trouve que c’est toujours préférable d’inclure, en s’adressant à toutes celles et ceux qui pourront se reconnaitre dans les caractéristiques de l’hypersensibilité. Parce que les personnes hypersensibles présentent toutes, quel que soient leur sexe, présentent comme point commun de vivre dans un monde qui n’est pas conçu pour elles.

Donc oui les hommes partent de loin, et c’est avant une histoire d’éducation reçue.

peu hommes hypersensibles

> « Sois fort et tais-toi »

Les hommes partent de plus loin, simplement parce que les stéréotypes de genre existent et persistent encore et toujours. Ces stéréotypes qui font que les hommes sont élevés dans l’idée qu’ils doivent être fort, et ne pas montrer leurs émotions ni leurs faiblesses.

Les mêmes stéréotypes qui veulent cantonner les femmes dans un rôle de : « sois belle et tais-toi », où l’injonction qui leur est faite est de s’effacer et de faire taire leurs propres besoins.

Dans cette logique traditionnelle voire archaïque, un « vrai » homme, bien entendu ça ne pleure pas, sinon il est considéré comme « une fillette ». Parce que oui dans un monde viriliste, se faire traiter de « femme » est perçu comme une insulte.

Dans cette société, c’est la force, la virilité et la réussite sociale qui sont valorisées pour les hommes. Et c’est lorsqu’on cumule tout cela que l’on peut être vu comme un « mâle alpha ». Ce grade suprême qui à la façon des loups dans une meute, donne le droit de dominer tous les autres, hommes ou femmes.

Alors si on doit imaginer la place que l’on peut laisser à l’expression de sa sensibilité, de ses émotions et de sa vulnérabilité dans un tel contexte. La question est très vite répondue, comme dirait l’autre, la réponse c’est : aucune.

Dans un monde où exprimer sa vulnérabilité est perçue comme une faiblesse, qui pourra même être utilisée contre nous, il est clair qu’on préfère la masquer. C’est pour cela qu’autant de personnes refoulent leurs émotions, parce qu’ils n’ont pas les mots pour les exprimer.

Parce qu’il n’y a pas la place pour ça, et que l’éducation reçue ne l’autorise pas.

Et c’est dangereux parce que ça devient, du silence, des émotions refoulées et qui finissent par ressortir d’une autre façon. Une façon où les mots manquent, une façon plus violente aussi.

Une étude psychophysiologique (Deng, Y., Chang, L., Yang, M., & Huo, M. 2011) montre que les hommes et les femmes réagissent différemment à des images émotionnelles (amplitude de réflexe de sursaut, etc.)

Cela n’excuse pas la violence verbale ou physique bien entendu, mais c’est important de voir qu’elle ne vient pas de nulle part, qu’elle vient de cette éducation-là. Et il suffit de discuter avec des femmes, pour se rendre compte à quel point cette violence masculine est trop courante et tristement banale.

Et dès lors toutes les démarches qui viseraient à exprimer ce qu’on ressent, comme le fait d’aller voir un(e) psychologue, ou de se lancer dans une thérapie ne sont pas comprises par beaucoup d’hommes. Et c’est logique qu’on en comprenne pas l’intérêt, quand on ne l’a pas expérimenté soi-même.

C’est pour ça que beaucoup d’hommes, ne voient pas l’intérêt d’aller voir un(e) psychologue et ne voient pas en quoi cela changerait quoi que ce soit, à leur situation.

Dire que les hommes partent de plus loin, ce n’est pas lamenter sur son sort en se comparant avec les femmes. C’est faire le constat objectif, qu’assumer sa sensibilité pour un homme, est un parcours semé d’embûches.

Et ça commence par interroger ce qu’est la virilité, et la force. Plus largement même ce que c’est d’être un homme.

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C’est quoi être fort ?

On entend régulièrement certaines personnes dire, qu’aujourd’hui que « les hommes ne sont plus réellement des hommes ». Et en creusant rapidement, on se rend compte que ce dont ces gens parlent, c’est bien souvent de virilité.

Et ce qui est intéressant c’est de s’interroger sur ce qu’est la virilité, c’est quoi exactement être viril ? De ce que j’en comprends, l’homme viril a pour aspiration de vouloir être supérieur aux autres hommes et même supérieur aux femmes, non sans une certaine misogynie.

C’est le fameux « mâle alpha » dont on parlait en introduction, qui n’a pas de faiblesse, pas d’émotion et qui est dans la domination sur les autres.

Est-ce qu’être fort, c’est être dans cette virilité-là ? Personnellement je ne le pense pas. On peut tout aussi dire que la force c’est de s’ouvrir davantage aux autres, y compris en montrant que l’on est parfois vulnérable.

Parce que montrer qu’on est vulnérable, c’est avoir suffisamment confiance en soi pour s’autoriser à retirer un peu son armure. Cela veut pas dire que l’on sera tout le temps vulnérable non plus, il y aura des moments où on aura suffisamment de force mentale pour avancer et se réaliser.

C’est simplement s’autoriser à être soi-même, authentique et vrai, sans avoir de se cacher derrière un masque. Quand on ne se cache pas et que l’on n’a pas peur d’être vulnérable, c’est sans doute là qu’on est fort.

La force, ça peut être aussi de sortir de cette logique de compétition avec les autres. A quoi ça sert de vouloir être que meilleur que les autres en les dominant ? C’est pas en dominant les autres qu’on crée des liens authentiques avec les autres

On peut aussi dire que la force c’est simplement devenir meilleur que ce que l’on était. La force c’est le fait de faire les choses pour soi, c’est le fait d’apprendre de progresser et d’évoluer, qui fait qu’on devient plus fort et qu’on gagne en confiance en soi.

La force c’est d’évoluer dans le même monde que les autres en les respectant, en faisant en sorte de se comporter d’une façon saine et non toxique.

Ce qui est paradoxal c’est que le vrai homme fort, c’est sans doute celui qui ne se perçoit pas comme tel. Qui est en lui-même dans sa sérénité et dans le respect des autres.

Surtout que même si certaines femmes, bien souvent du fait de blessures non guéries, peuvent être attirées par des bad boys. Ce qui ressort chez une grande majorité des femmes c’est qu’elles ne veulent absolument pas de relation avec l’un de ces fameux « mâles alphas ».

En réalité la plupart des personnes aspirent à des relations authentiques et équilibrée, où chacun serait à l’écoute de l’autre dans une communication saine. Et dans ce cadre-là, les hommes sensibles ont sans doute des qualités pour construire des relations saines.

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Les signes d’un homme hypersensible

> Les qualités des hommes hypersensibles

Comme on l’a dit un peu plus haut, le chemin à parcourir pour qu’un homme parvienne à assumer sa sensibilité et ses émotions, est bien souvent plus long. Cela demande à assumer d’être sensible dans un milieu où ça n’est pas bien vu.

Cela demande à identifier que l’on a des émotions, donc à commencer par apprendre à les reconnaitre et puis les accepter telles qu’elles sont. Accepter qu’elles nous rendent parfois vulnérables, ce qui n’est pas grave, puisqu’une émotion ne dure pas et finit toujours par passer.

Cela demande du courage parce que cela demande d’apprendre à mieux se connaitre, à développer une meilleure connaissance de soi. Cela aide à mieux comprendre notre façon de fonctionner, en faisant le constat que l’on est en décalage par rapport à la norme.

Être hypersensible, c’est aussi reconnaitre que l’on est plus sensible que la moyenne, et petit à petit pouvoir assumer que l’on est comme ça. Pas-à-pas à force de parcourir ce chemin-là, on peut en parler avec des gens de confiance, qui peut-être le sont aussi.

Parce que finalement lorsqu’on se perçoit en tant qu’hypersensible, on prend conscience de qui on est. On a mis des mots sur nos différences qui sont pour certaines des qualités précieuses.

Et c’est en faisant ce chemin qu’on commence à développer une véritable estime de soi, bien au delà de la virilité qui n’était qu’un vernis, qui n’était qu’une carapace de muscles derrière laquelle on se cachait. On comprend que l’on a de la valeur juste en étant nous-même et que c’est suffisant.

La bienveillance et l’empathie sont des qualités de beaucoup de personnes hypersensibles, quel que soit leur sexe. Beaucoup d’hypers ont une qualité d’écoute telle que les autres se sentent bien en leur présence, ils savent aussi se mettre à la place de l’autre.

Il ont souvent une sincère envie d’aider et de bien faire, et ont de bonnes qualités d’intuition.

En somme les hommes hypersensibles ne sont pas si différents des femmes, puisqu’ils en présentent les mêmes signes. Ils peuvent même être des chouettes partenaires, à condition d’éviter certaines petits pièges.

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> Le piège de la toxicité

Sans que l’on en ait forcément conscience, l’éducation joue un grand rôle dans la façon dont les individus se comportent. Un peu à la façon des chiens battus qui à leur tour deviennent violents, on retrouve le même type de conditionnement chez les être humains.

Pour autant même si l’éducation peut expliquer la violence, elle ne l’excuse pas pour autant. Et il en est de même pour l’hypersensibilité, qui ne peut pas servir de prétexte au fait de se comporter de façon toxique.

Oui on vit de l’intensité émotionnelle, parfois on a l’impression que le sol se dérobe sous nos pieds, que la détresse que l’on vit est parfois très difficilement supportable. Notre responsabilité c’est de gérer nos émotions comme la colère par exemple du mieux que l’on peut et de ne pas répercuter son état émotionnel sur les autres.

L’hypersensibilité c’est pas une carte Joker qui nous autorise à faire du mal aux autres, sous prétexte que l’on est hypersensible. C’est pour ça qu’à la question « est-ce qu’une personne hypersensible serait mieux en couple avec un(e) partenaire hypersensible ?  » je réponds : ça dépend.

Justement par rapport à cet aspect-là, parce que tous les hypersensibles ne sont pas profondément empathiques. Et qu’il existe des personnes non hypersensibles, qui sont très empathiques.

Au delà de l’hypersensibilité, ce qui compte c’est le fait d’être compatible ou non avec la personne.

Et puis il y a un cliché de genre qui concerne davantage les hommes, et dont il est difficile de sortir parce qu’il est constamment valorisé, c’est le rôle du sauveur. Un homme et particulièrement s’il est hypersensible sera bien souvent protecteur ce qui est une bonne chose lorsque ça s’arrête à ça.

L’ennui c’est quand l’on commence à s’investir d’une mission de sauveur envers l’autre, en se mettant en tête de vouloir guérir absolument l’autre sans plus écouter ses propres besoins. En faisant ça on rentre dans un relation de sauveur / victime qui est tout sauf saine, un peu à la façon du triangle dramatique.

Cela n’est pas sain puisque chacun se conforte dans son rôle cela ne permet pas d’évoluer et crée des relations déséquilibrées. Le sauveur finit par oublier ses propres besoins, et ne s’autorise pas être vulnérable à son tour.

Et là on rentre à nouveau dans le problème de la personne qui se déconnecte de ses émotions et les refoule, qui veut être absolument forte mais qui finira par craquer.

Une personne hypersensible est quelqu’un de fort parce qu’il a su assumer sa part de vulnérabilité. Parce qu’il veut rester authentique et vrai, dans une société où il faut « avoir l’air de » et renvoyer aux autres, l’image qu’ils attendent.

Dans cet article je n’ai volontairement pas parlé de part féminine ou masculine, parce que j’estime que cela renvoie à des étiquettes qui enferment les individus.

J’estime que même si les femmes ou les hommes ont des différences, au fond la force ou la vulnérabilité n’est pas masculine ou féminine. Elle nous rend humains tout simplement, et en tant qu’hypersensible on essaie d’être de beaux humains.

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Références scientifiques

Vidéo : Hypersensibilité au masculin

Auteur/autrice

  • Hypersensible moi-même, j’ai créé ce site pour accompagner celles et ceux qui se sentent souvent “trop” ou toujours en décalage. Je dis "chocolatine" aussi 😉

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