Plutôt que des vœux de nouvel an …

plutot que des voeux de nouvel an

En cette période de nouvel an, j’ai eu envie de m’adresser directement à notre lectorat pour … pas des vœux, pas des résolutions, juste pour vous partager les réflexions qui sont les miennes en ce moment, sur l’année passée et celle qui vient, sur la vie en général et ce que j’ai envie de transmettre, notamment aux générations plus jeunes que moi.
Evidemment, vos réactions sont les bienvenues, le but est surtout d’échanger et de vous envoyer un peu de bienveillance, et pour l’occasion, d’y mettre peut-être une touche personnelle, un peu plus que d’habitude. Il serait difficile de vous exposer mes réflexions sans préciser d’où je vous parle.

Je ne suis pas une jeune influenceuse dans le vent, ni une brillante experte dans une tour d’ivoire. J’ai presque 46 ans, et mon rapport au temps et à la vie a radicalement changé depuis deux ans. Je dois au package chimio/rayons/hormonothérapie d’avoir le corps d’une vieille dame, et malgré cela, une récidive n’est jamais à exclure. Alors le temps qui passe, j’y trouve autant de tristesse que de réconfort. Il y a des choses que je ne ferai plus dans cette vie et c’est très bien, et d’autres qui m’apparaissent fondamentales pour le temps qu’il me reste. L’énergie dont je dispose, je veux l’utiliser respectueusement, en me concentrant sur ce qui fait sens pour moi.

Voudrais-je de nouveau être jeune ? Non. D’ailleurs je n’ai jamais voulu l’être et je ne me suis jamais sentie telle. J’ai de la compassion pour la jeune femme que j’ai été, qui avait besoin d’avoir et de faire tellement de choses pour trouver grâce à ses propres yeux. Pour se sentir légitime et en sécurité, pour remplir des critères, pour éviter des situations problématiques. Cette jeune femme qui cherchait toujours ce qui n’allait pas avec elle, ce qu’elle pourrait améliorer, comme si tout reposait sur elle, toujours. Je me sens infiniment plus assurée aujourd’hui, alors que je possède objectivement moins de choses. Je l’ai appris durement, mais j’ai compris que je suis quelqu’un et que j’ai une place autant que n’importe qui d’autre, même sans mes longues mèches blondes et même si je fais des erreurs.

Dans la première moitié de sa vie, on accumule des choses, des savoirs, des expériences, on aspire à s’améliorer et améliorer ce qu’on a, on croit que c’est ce qui va nous donner une place. Et puis, un moment arrive où on est confronté à la perte, à la déception, à l’impuissance. Une fois, deux fois, dix fois. Il faut malheureusement tomber pour se découvrir capable de se relever, et mesurer ce qu’on a, ce dont on a vraiment besoin. A commencer par un toit, un corps globalement en état de fonctionner, de quoi se soigner si on est malade, quelques personnes avec qui on a vraiment un lien de confiance. On se rend compte que le reste n’était peut-être pas si nécessaire que ça. Et qu’au contraire, ce qui nous donne de l’assurance, c’est d’être nous. Nos sens, nos émotions, sont nos outils qui nous informent sur nous-mêmes, sur la réalité qui nous entoure, sur ce qui nous fait du mal ou du bien.

Le lâcher-prise, ce n’est pas accepter n’importe quoi ou se foutre de tout. C’est arrêter de s’accrocher à ce qui ne nous apporte rien, voire nous coûte ou nous freine. Le but du lâcher-prise n’est pas de nous anesthésier, mais de libérer notre énergie pour ce qui en vaut la peine. Pour nous-mêmes et aussi pour le monde dans lequel on vit. Pour défendre nos besoins, les conditions de vie qui nous le permettent.

Dans mon cas, cette année, ça s’est notamment traduit par la décision de travailler à mon compte, pour pouvoir respecter mon rythme et mon besoin de sens, même si je vais peut-être y perdre en revenus ou autres avantages. Ça m’a demandé du courage, ça a été un processus de m’en sentir capable et d’en faire un projet réellement viable. Il y a un an, j’étais en poste salarié et je n’y pensais encore même pas.

A un moment donné, il n’y a pas de développement personnel sans développement collectif, sans tenir compte de la réalité. Et l’actualité du monde me fait malheureusement dire qu’il y a aussi des moments pour faire face. En ce début d’année, je ne me vois pas produire des articles « se sentir bien dans sa peau » comme s’il n’y avait rien autour de nous. Si notre développement personnel ne nous permet pas d’affronter au mieux ce qui existe, à quoi sert-il ?

Beaucoup de personnes sensibles, ou qui se sentent fragiles pour d’autres raisons, choisissent de se couper de l’actualité pour se préserver. Et elles ont raison, inutile de suivre la moindre joute oratoire à la télévision ou de répondre à chaque commentaire haineux sur les réseaux, ça n’apporte rien à personne et ça nous plombe.
En revanche, il est indispensable de connaître la réalité globale, de se renseigner sur les vrais enjeux via des ressources fiables, sur la façon dont la société fonctionne.
Et quand on a un pouvoir, même limité, même imparfait, il est indispensable de le prendre, à commencer par le droit de vote. Là aussi, il nous appartient de nous sentir légitimes et de ne pas nous sentir davantage victimes que nous ne le sommes. Nous avons la chance de vivre en paix et en démocratie, et même si beaucoup de choses n’y sont pas parfaites, c’est loin d’être donné à tout le monde. Pour le coup, il suffit malheureusement de regarder autour de nous ou d’ouvrir un livre d’histoire.

Alors, ce que je nous souhaite pour 2026 ? De reconnaître et d’utiliser pleinement nos pouvoirs – les superpouvoirs comme les petits pouvoirs. De garder notre puissance pour affronter ce qui nous barre la route au lieu de nous la barrer nous-mêmes. D’oser y aller, humblement, imparfaitement, mais d’oser y aller. Et de profiter de tout ce que la vie nous offre de bon. Ces choses-là, même petites, sont précieuses. Ne crachons jamais dessus, prenons-les de bon cœur et avec gratitude.

Un grand merci à toutes nos lectrices et à tous nos lecteurs de donner du sens à ce que nous faisons. Nous sommes heureux et reconnaissants pour chaque personne à qui nos articles auront apporté quelque chose. Cette page et ce site n’existeraient pas sans vous qui lisez, commentez, partagez et faites vivre nos messages en les emportant dans vos vies. Alors merci à vous ❤️

Auteur/autrice

  • Psychologue clinicienne hypersensible, ma passion est la connaissance de soi et des autres.

    "Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre"    - Marie Curie

🦥Le paresseux voudrait vous dire un petit mot (rien d'obligatoire)

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