HPI, hypersensibilité, TDAH, TSA… comprendre les différences pour mieux se connaître

Hypersensible HPI HPE TDAH TSA, quelles différences ?

On entend pas mal parler de HPI, de TDAH, d’hypersensibilité ou encore de TSA ; sans que ces termes soient clairement définis. Ces termes sont même rentrés dans les conversations courantes, entraînant des mélanges et des confusions entre des notions pourtant bien différentes.

Beaucoup se reconnaissent en tant que neuro-atypiques et beaucoup finissent par s’y perdre également. Parce que derrière ces termes, dont beaucoup sont des acronymes, se cachent des réalités pourtant bien différentes.

Certains donnent lieu à des diagnostics médicaux, tandis que d’autres non. Certains sont des troubles et d’autres non. Plus largement ce sont même des manières de penser, de ressentir et d’interagir avec le monde qui ne relèvent pas toutes du même domaine.

En faisant ce travail de comprendre ce qui distingue quelqu’un qui a un haut potentiel intellectuel, d’un hypersensible, de quelqu’un qui a un trouble de l’attention ou un TSA, on sort de cette confusion. Car contrairement à ce que certains pensent cela ne revient pas à se coller une étiquette, parce que l’on peut être plusieurs choses à la fois, parce que ce n’est pas la seule chose qui nous caractérise.

Le but c’est de mieux se comprendre pour au final mieux se connaître, essayer aussi de s’enlever la honte ou la culpabilité que l’on pourrait ressentir et s’amener de la douceur envers soi-même. Voici donc un petit tour d’horizon rapide, qui se veut le plus clair possible, pour vous aider à apprendre à les reconnaître sans les confondre.

HPI ou Haut potentiel intellectuel

Définition :

Le terme HPI désigne une personne dont les aptitudes cognitives (raisonnement, apprentissage, traitement de l’information) sont nettement supérieures à la moyenne. En France, le seuil souvent retenu est un QI (quotient intellectuel) supérieur ou égal à 130, et seul(e) un(e) psychologue formé à la passation et à l’interprétation des tests de QI, peut réaliser cette évaluation.

Même si on parle de diagnostic (ou plus correctement d’identification ou de repérage), il ne s’agit pas d’une maladie mais un mode de fonctionnement particulier, comme expliqué dans cet article.

HPE ou haut potentiel émotionnel

Définition :

Le terme HPE a été créé pour faire le parallèle avec le terme HPI et valoriser également l’intelligence émotionnelle. Dans la même lignée, il existe des auteurs qui parlent de QE (quotient émotionnel). Il désigne des personnes dont les aptitudes à percevoir, ressentir, comprendre et gérer les émotions (les siennes et/ou celles des autres) sont très supérieures à la moyenne.

Hypersensibilité (ou haute sensibilité)

Définition :

Le terme d’hypersensible a été crée par la psychologue et chercheuse américaine Elaine Aron, qui a fondé la notion de Highly Sensitive person (HSP) que l’on traduit généralement en français par « personne hypersensible ». Elle a même créé un test de 23 questions, disponible ici gratuitement en version pdf.

L’hypersensibilité désigne un mode de fonctionnement durable (et non simplement temporaire) qui se caractérise par une sensibilité supérieure à la moyenne, tant sur le plan sensoriel que sur le plan émotionnel.

Les principaux signes :

Comme ce n’est pas une maladie, on ne parle pas de symptômes concernant l’hypersensibilité mais bien de signes répertoriés dans cet article. Les principaux signes sont :

  • une sensibilité sensorielle accrue : avec une perception plus intense des stimuli externes (sons, lumière, textures, odeurs, foule…)
  • une réactivité émotionnelle plus marquée : les émotions sont vécues plus profondément ou plus vite (joie, peine, colère…), avec parfois une difficulté à les modérer.
  • Une empathie et une réceptivité relationnelle fortes : c’est-à-dire une capacité à ressentir ou capter ce que vivent les autres, parfois jusqu’à « absorber » leur émotion.
  • Un traitement cognitif plus profond : Une tendance à analyser voire sur-analyse, avec d’avantage de questionnements intérieurs, et d’observations.
  • Un risque accru de surcharge : parce que le système sensoriel et émotionnel est « sollicité » plus intensément, l’hypersensible peut se sentir submergé et saturé. Dans ce cas, on peut avoir besoin de calme, de retrait pour « recharger ».

Zèbre

Définition :

Le terme « zèbre » est un mot-valise ou un néologisme utilisé dans le champ francophone, pour désigner les personnes à haut potentiel (notamment HPI). Selon la psychologue Jeanne Siaud‑Facchin (qui a popularisé ce terme), le « zèbre » évoque l’image d’un équidé rayé, singulier, difficile à apprivoiser, qui se distingue des autres tout en pouvant se « camoufler ».

TDA ou TDAH (trouble du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité)

Définition :

Le TDA ou TDAH est un trouble du neurodéveloppement qui affecte la capacité à réguler l’attention, l’impulsivité et, parfois, l’activité motrice.
Il se manifeste dès l’enfance et peut persister à l’âge adulte.

Le diagnostic est posé par un médecin (psychiatre, neurologue, ou centre spécialisé), souvent avec l’appui d’un psychologue neuropsychologue pour les tests d’attention.

Les trois grands types de symptômes :

  • Inattention : difficulté à se concentrer, tendance à l’oubli, à la dispersion mentale, à la procrastination.
  • Impulsivité : tendance à parler ou agir sans réfléchir, réactions rapides ou impatientes.
  • Hyperactivité (pas toujours présente) : besoin de bouger, agitation intérieure, difficulté à rester en place ou à se poser mentalement. On parle de TDA quand il y a un déficit d’attention sans hyperactivité manifeste.

TSA (trouble du spectre de l’autisme)

Définition :

Le TSA regroupe un ensemble de troubles du neurodéveloppement caractérisés par deux grands axes :

  1. Des particularités dans la communication et les interactions sociales,
  2. Des comportements, intérêts ou perceptions sensoriels spécifiques, parfois répétitifs ou très focalisés.

Son diagnostic est médical, et est posé par une équipe pluridisciplinaire (souvent un CRA : centre de ressources autisme).

Pourquoi on parle de spectre ?

En pratique, cela peut se traduire par :

  • un besoin de routines ou de repères précis,
  • une grande sensibilité aux sons, à la lumière ou au contact,
  • une difficulté à décoder les implicites sociaux,
  • une pensée souvent littérale, logique, ou très analytique,
  • une passion intense pour certains sujets ou domaines.

On parle de “spectre” parce que les manifestations varient énormément d’une personne à l’autre. Certaines sont très autonomes et socialement à l’aise, tandis que d’autres ont besoin d’un accompagnement quotidien.

Neuroatypique

Le terme neuroatypique désigne une personne dont le fonctionnement neurologique ou cognitif diffère de ce qui est considéré comme “neurotypique”, c’est-à-dire du mode de fonctionnement majoritaire dans la population. Le diagnostic de neuroatypie n’existe pas en tant que tel, c’est un terme générique qui fait le pont entre différents profils.

Scientifiquement, la neuroatypie regroupe les troubles neurodéveloppementaux comme le TSA, le TDAH ou les “dys”. Dans une approche plus large, elle inclut aussi des profils comme les HPI ou les hypersensibles, qui vivent également ce décalage important par rapport à la norme.


Vous l’avez compris, apprendre à distinguer ces profils ce n’est certainement pas chercher à rentrer dans une case, mais à mieux comprendre sa propre manière d’être au monde. On peut être plusieurs choses à la fois, parce que derrière chaque terme se cache une expérience unique, et un chemin qui n’appartient qu’à nous.

Et c’est vrai que lorsqu’on se découvre parfois HPI, hypersensible ou neuroatypique, souvent on met enfin un mot sur un ressenti que l’on a depuis longtemps. C’est pour cela que ces termes ne sont que des points de départ, et que l’essentiel n’est pas le mot mais ce qu’il permet d’éclairer en soi.

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