Réflexions d’un couple d’hypers heureux

Parce qu’il était temps d’écrire cet article ! On trouve beaucoup de ressources sur les difficultés des hypers en couple, et nous avons ressenti nous-mêmes le besoin de poser un certain nombre de thèmes en ce sens, parce que c’était important ; mais on peut aussi être heureux(se) en couple (et oui, nous le sommes). Qu’on soit deux hypers ou non … heureusement !

Nous serions bien en peine de donner des conseils ou une définition du couple idéal, mais nous avons eu envie de partager nos réflexions sur ce qui fait le couple pour nous et ce qui nous importe en ce domaine. Bien entendu, comme d’habitude, il s’agit surtout d’ouvrir la discussion et de vous donner envie d’y réfléchir pour vous-mêmes.

témoignage couples d'hypersensibles

Qui nous plaît ?

> Complémentaires ou semblables ?

Bon, autant vous le dire : nous serions mal placés pour défendre les différences au sein du couple. Nous avons beaucoup de points communs, et pas seulement celui d’être hypersensible ; et cela a joué grandement dans le sentiment de familiarité et de sécurité avec l’autre, le plaisir que nous avons rapidement éprouvé à interagir. (Pour autant, nous ne sommes pas des clones, ça n’existe pas et ça ne serait pas rassurant !) 

On parle le même langage, on n’a généralement pas besoin d’explications supplémentaires pour saisir où l’autre veut en venir, ni de discussions et de compromis pour arriver à trouver un accord – pour les hypers en quête d’harmonie que nous sommes, c’est ce qui rend la vie de couple seulement envisageable. S’il avait fallu aller au combat tous les jours, même si c’est un gentil combat, on aurait préféré rester seuls. Inversement, être deux à faire et penser les mêmes choses nous donne un sentiment de force et de légitimité jamais connu jusque-là.

A l’inverse de nous, il y a des personnes qui ne jurent que par la complémentarité et affirment qu’elles ne pourraient pas vivre avec quelqu’un qui leur ressemblerait trop. Par exemple, je connais des femmes introverties qui profitent davantage des relations sociales quand leur homme extraverti est là pour faire le « plus gros du travail ». L’autre peut nous équilibrer en étant différent(e), alors qu’il (elle) peut ne nous être d’aucun secours dans une situation qui met les deux en difficulté.

Consciemment ou inconsciemment, on peut rechercher deux choses chez une autre personne : ce qui nous ressemble, et/ou au contraire ce qu’on aimerait être ou avoir. Souvent un peu des deux. Dans mon cas, ça a été la combinaison des deux : me rendre compte que ce qui me ressemblait, ça pouvait donner une personne tout à fait charmante !
La confrontation à l’autre est probablement plus difficile tant qu’on est soi-même en lutte avec certains traits de caractère, et que la relation renvoie un miroir négatif ou accentue encore ces difficultés. Et : moins on s’aime soi-même, plus on risque de peiner à accepter l’amour ou la bienveillance d’autrui.

> Nos critères

On peut avoir tout un catalogue d’attentes ou de présupposés, ou se retrouver attiré(e) par quelqu’un qui comme par hasard, n’a strictement rien à voir avec le portrait-robot qu’on avait en tête. Souvent, l’amour nous arrive, plus qu’il ne se choisit, et il y a forcément des parts dedans qui échappent un peu à notre conscience.
Pour autant, dans l’après-coup, il est souvent possible de confirmer notre choix par des éléments observables ; ou au contraire de se rendre compte qu’on est retombé(e) malgré soi dans quelque chose qu’on ne voulait plus ou qui s’annonce compliqué.

J’ai la sensation, en tout cas c’était vrai pour nous, que plus on est en paix avec soi-même, plus on sera en capacité de repérer et d’accueillir des personnes « bonnes » pour nous, avec qui les relations seront harmonieuses et bienveillantes. Parfois, c’est même quand on a renoncé à l’idée de vouloir trouver un(e) partenaire, pour se consacrer davantage à soi, qu’une belle rencontre nous arrive. Comme pour couronner le tout !

Il y a autant de couples que de gens, rien n’est obligatoire

Je suis convaincue qu’il est possible pour tout le monde de s’entendre et d’être en couple, à partir du moment où les deux le désirent, font l’effort d’assumer leurs besoins et d’en discuter honnêtement, en s’ouvrant au point de vue de l’autre.

Malgré cela, trop d’oppositions peuvent être des défis pour le couple. Si votre partenaire est politiquement à l’opposé de vos convictions, ou si elle pratique une religion et pas vous, cela peut générer un certain nombre de tabous, une ambiance où on est obligé de faire tout le temps attention, à plus forte raison quand de tierces personnes (cercles d’amis, famille) entrent en jeu. La même chose est vraie pour les besoins sexuels : avec la meilleure volonté, difficile de trouver un compromis qui convienne réellement aux deux quand ils sont trop différents.

Si c’est votre cas et que vous y arrivez, bravo ! Avec beaucoup de volonté et d’ingéniosité, parfois en prenant des chemins atypiques, c’est sans doute possible : il y a autant de façons de faire que de gens, à condition que le plaisir ressenti à être ensemble l’emporte et que chacun(e) laisse à l’autre la place pour respecter ses besoins.

Cela risque toutefois d’être énergivore, et de demander une vigilance pour que les efforts restent réellement réciproques. Et malgré tout, là où il y a un symptôme au milieu de la pièce, il se cache souvent d’autres choses si on tire sur le fil. Rappelons à toutes fins utiles que se forcer à des rapports sexuels n’est pas une option, et que l’exiger constitue une agression interdite par la loi.

Qu’est-ce qu’une relation saine ?

Qu’est-ce qui permet de dire si une relation est saine, juste, heureuse ? Au-delà de l’envie d’y croire et de faire mentir les éventuels a priori négatifs.

> La communication

Il n’y a évidemment pas de relation sans jamais se marcher sur les pieds (ou alors, il y a fort à parier que cela se fasse au prix d’une certaine rigidité). Quand on est deux personnes différentes, il est logique que parfois les besoins, pensées et humeurs divergent.
Arriver à exprimer ces choses, en discuter et trouver des solutions ensemble est une bonne définition de santé du couple. Aimer l’autre c’est vouloir qu’il ou elle soit bien, même si cela implique qu’il ou elle ne fasse pas forcément ce qu’on voudrait. En campant sur des positions trop rigides ou en ne communiquant pas, il n’y a pas de relation. Si vous redoutez qu’une simple question ne détruise votre couple, alors il manque probablement déjà de solidité. Et là où il y a des secrets, il y a souvent des bombes à retardement.

Inversement, il peut exister des choses qu’il n’est pas impératif de partager. « Tout partager, tout se dire » peut devenir une gageure. On peut aussi accepter le fait que sur tel ou tel point, on a des besoins ou habitudes différents, et faire en conséquence. Et sans doute n’est-il pas indispensable de connaître le nombre exact de relations passées ou le solde du compte bancaire personnel de l’autre. Dans une relation « standard » entre deux adultes (je veux dire par là, personne ne souffrant par exemple d’une maladie ou d’un handicap nécessitant l’aide de l’autre), chacun(e) est supposé(e) être en mesure de se gérer. C’est un signe de confiance que de ne pas avoir besoin de tout contrôler.

> De l’espace pour soi

Pour nous, introvertis, il est évident que vivre ensemble c’est compliqué. Notre espace et notre temps où nous sommes sûrs d’être seuls, c’est un besoin indiscutable. Parce que c’est là que nous processons notre journée, sinon ça ne s’enclenche pas. Ce n’est pas contre l’autre, c’est comme ça, et si on n’en a pas la possibilité, on va à l’explosion.

Si les deux ont ce besoin, le choix de garder chacun(e) son chez-soi est fréquent de nos jours. Tout est possible, l’objectif est que la relation apporte du bon, pas de rentrer dans un schéma obligatoire. C’est vrai aussi quand on a des habitudes, pratiques, entourages … qu’on sait qu’on ne partagera pas : alors, ne pas vivre ensemble, ça peut permettre de choisir ce qu’on désire partager et ce qu’on ne s’impose pas.

Faire chambre à part, même si ce n’est pas la représentation classique, peut également être un choix face à des besoins trop différents (rythmes, quantité de sommeil, ronflement …). A la fois par respect pour soi, et par respect pour l’autre.

Et puis, accepter que l’autre soit une personne différente, c’est aussi lui faire de la place en retour (et si les besoins coïncident, ça peut être simple voire spontané). J’ai écrit ce paragraphe en ayant en tête qu’il ne faut pas oublier ses propres besoins, parce que j’ai besoin de me le rappeler ; mais il a fallu que Gaëtan m’en parle à la première relecture, pour me rendre compte que c’est vrai aussi dans ce sens. Et que là où c’est génial, c’est quand on se rend compte que l’autre aussi nous fait de la place.

> On est d’abord deux personnes autonomes

Alors oui, s’il n’y a aucune perspective commune, il est probable que ça ne marchera pas. En revanche, si on a « besoin » d’une relation pour atteindre un objectif précis, ou simplement pour être bien, alors comment être sûr que c’est de l’amour ?

C’est un des paradoxes de la vie de couple : pour être sûr(e) d’avoir envie de rester, il vaut mieux être en capacité de partir. Il y a des situations dans une vie où on ne choisit pas, et dans ce cas, entretenir la vie de couple est honorable ; mais dans l’absolu, dépendre l’un de l’autre n’est pas un bon point de départ, et vouloir rendre l’autre dépendant(e), c’est un cadeau empoisonné pour les deux parties.

C’est vrai quand il s’agit de pouvoir payer son loyer, ça peut être vrai aussi dans le sens qu’on se sent inapte à vivre en autonomie, qu’on se met la pression avec un projet de procréation ou de mariage. L’objectif ou la nécessité risquent de l’emporter sur le plaisir de la rencontre, sur l’accueil de l’autre en tant que personne singulière, que ce soit au tout début d’une relation potentielle, ou après des années de vie commune qui ont figé les structures et ne laissent plus de place à l’évolution personnelle.

Les histoires peuvent (mal) se terminer

La relation me rend-elle heureux(se) ?

Si vous trouvez l’amour oppressant, difficile, compliqué … reposez-le, c’est une contrefaçon !

Quand on est plus jeune ou mal dans sa peau, souvent on est déjà touché(e) que l’objet de nos sentiments (ou quelqu’un tout court) s’intéresse à nous. Il peut alors être tentant de conclure que l’amour c’est ça, d’autant plus si c’est déjà une nouveauté pour nous. Et de craindre qu’une telle chance ne se reproduise plus jamais, même si elle nous demande de gros sacrifices en retour.

Beaucoup d’entre nous passent, à un moment donné, par au moins une « mauvaise » relation, qui permet comme en creux de prendre conscience de ses vrais besoins. Et aussi de ce qu’on ne veut désormais plus accepter, même en contrepartie de certaines choses positives et même si on éprouve des sentiments.

Bien évidemment, une relation, c’est aussi du travail. Il n’y a pas de relation où tout collerait miraculeusement, sans imperfections, sans heurts, sans différences. Mais à un moment, il doit être possible d’évaluer, rationnellement, ce qu’elle nous apporte et ce qui ne nous convient pas, ce qu’elle nous coûte, ce que l’autre fait et ne fait pas. « Oui mais je l’aime » ne doit pas être l’unique raison de rester, ni encore moins un chèque en blanc fait à l’autre.

L’arbitrage de se mettre en couple, de rester ou partir sera par essence subjectif : il n’y a pas de bons ou mauvais besoins, nos besoins ne sont ceux de personne d’autre. Toutes les personnes dont quelqu’un s’est séparé un jour ne sont pas de dangereux PN. L’autre peut être quelqu’un de bien, et ne pas ou ne plus nous correspondre. Il ne s’agit pas de faire son procès, simplement de décider si une relation entre les deux en vaut toujours la peine. Il ou elle pourra sans doute faire le bonheur de quelqu’un d’autre et tant mieux !

Une relation ne peut pas nous rendre heureux(se) de toutes pièces si on ne l’est pas. Et ce n’est pas son rôle, c’est à nous-mêmes de prendre notre vie en main. Toutefois, elle ne doit pas nous plomber non plus, elle doit être clairement un plus dans notre vie. Et ne pas nous empêcher de faire ce que nous souhaitons : les ardoises à rallonge détruisent une relation à coup sûr !

Une relation ne dure pas forcément toute la vie

Et l’accepter, c’est paradoxalement aussi un signe de santé. Bien sûr, on a envie qu’elle dure, et il n’y a pas de raison, si les deux le désirent. Mais il nous semble indispensable de conscientiser qu’on ne possède pas l’autre, et que si à un moment les choses évoluent, on ne veut pas devenir un ennemi.

Au début de notre relation, nous nous sommes dit très rapidement que quoi qu’il advienne par la suite, on voulait rester quelque chose de positif dans la vie de l’autre. Si à un moment, le chemin l’emmène ailleurs, on a envie qu’il ou elle se porte bien, avec nous ou sans.

Cette question se pose davantage quand on a passé un certain âge avec le désir de protéger l’autre en cas de décès, voire l’encouragement à « refaire sa vie » sans culpabilité dans ce cas (en revanche, ne « promettez » rien, laissez les portes ouvertes à ce qui sera le jour venu !).

On change au cours d’une vie

Se séparer ne veut pas forcément dire que la relation était foireuse depuis le début.

Les relations sont des expériences, tout comme les métiers ou les lieux de vie. Il est aujourd’hui rare, dans les pays occidentaux du moins, d’avoir une seule relation au cours de sa vie. Ce n’est pas un échec, il n’y a pas un idéal à atteindre qui reléguerait tout ce qui a précédé au rang de tentatives infructueuses ; si on part de ce point de vue, il est logique de courir souvent à la déception.

Quand on commence une relation, c’est parce qu’on y croit, et on a raison d’en profiter le temps qu’elle dure. Si elle dure deux ans et que ça aura été deux années heureuses, alors c’est très bien ! Si on s’interdit tout ce qui pourrait se terminer un jour, on ne peut aller nulle part ; et si ça a été une expérience positive ou au moins instructive, cela nous aidera à repartir du bon pied.

A ce titre, je trouve aujourd’hui que c’est un signe de courage, de résilience, et d’une belle pulsion de vie, que de se lancer dans l’aventure d’une nouvelle relation quand on a eu des expériences multiples et pas forcément positives.

Avoir de la gratitude pour ce qui nous arrive

C’est à mon tour de prendre le clavier, pour compléter ce qui vient d’être dit, même si en réalité Manuela a dit l’essentiel. Mais il faut bien avouer que l’idée que cet article soit écrit « à quatre mains » nous plaisait bien, surtout elle correspond bien à qui on est, et à notre couple.

Plusieurs éléments me frappent quand je regarde notre couple, et notamment ce sentiment que l’on partage tous les deux « d’avoir de la chance ». La chance de s’être trouvé bien-sûr, mais aussi ce dont parlait Manuela un peu plus haut. On ressent de la gratitude pour le fait de pouvoir se comprendre spontanément, sans avoir besoin, la très grande majorité du temps, de débattre indéfiniment sur tel ou tel point.

C’est vrai que c’est assez confortable, de constater que notre façon de fonctionner est finalement assez similaire.

Et de constater que ce que l’on fait de façon spontanée, l’autre le fait également. Ce qui évite évidemment d’avoir une relation totalement asymétrique où l’un passe son temps à donner à être attentif, à donner sans recevoir en retour, pendant que l’autre, bien souvent, ne se rend compte de rien.

Par exemple lorsqu’un de nous deux prépare le petit-déjeuner, il le prépare pour les deux. Je pense même, qu’il ne nous serait pas venu à l’esprit de le préparer rien que pour soi.

Ce sont des petites choses, certes, mais qui ont une grande importance. Qui rendent la vie fluide et même un peu plus douce.

Je trouve que tous les deux, on a cette même vision du couple, et cette même façon d’aimer en essayant d’être attentif aux besoin de l’autre et à ce que l’autre se sente bien. Et elle et moi, on a fait le constat que c’est quelque chose de très rare.

On ne le force pas, ça ne nous demande pas d’énergie particulière ça fait partie intégrante de notre personnalité et de qui on est. Mais c’est juste hyper agréable de trouver en face de soi, une espèce de miroir de soi-même.

Quelqu’un qui sera bien-sûr différent de moi, certes, mais qui globalement me ressemble, a une façon de penser et de fonctionner similaire à la mienne.

Cette complicité naturelle que l’on a, à la fois sur des discussions sérieuses et sur des blagues. Ce sont le genre de choses qui ne se commandent pas, et qui donnent de la couleur, de la joie, de l’intensité, à des instants de vie ordinaires.

Et chacun d’entre nous se sent chanceux de vivre cela, de pouvoir vivre une relation qui nous rende heureux

La non violence comme mode de communication

En lisant tout ça, vous vous dites que l’on vit au pays des bisounours, et qu’il est impossible de ne pas se disputer. Et c’est vrai que Bisounours, est un qualificatif qui pourrait nous correspondre, en tant que bons hypersensibles aucun de nous deux n’aime la violence, verbale et encore plus physique.

Manuela a parlé plus haut de notre communication, et si je devais la qualifier, je dirais qu’elle est non violente.

On ne s’en rend pas forcement compte au quotidien, mais finalement spontanément on communique ensemble en utilisant la CNV. Aucun de nous deux ne formule un reproche accusateur du type: « tu fais toujours ça » à l’autre.

Notre mode de communication il est spontanément pacifié, parce que ça nous ressemble, parce qu’on a envie d’une bulle pour se reposer d’un monde extérieur parfois violent.

En parlant de bulle, je trouve que cette illustration de Pierrick – Illustrateur hypersensible, résume assez bien ce à quoi on aspire dans un couple, et particulièrement un couple d’hypersensibles. Bien entendu le fait que ce soit une femme et un homme qui soient représentés, n’empêche pas qu’il s’applique à d’autres modalités de couple.

Les rares fois où quelque chose nous gêne dans le couple, on est toujours parvenu à exprimer ce que l’on ressent à s’écouter mutuellement, à essayer de se comprendre, et même à trouver des solutions. Parce que pour qu’un couple fonctionne, il faut que les deux puissent s’y sentir bien, sinon tôt ou tard ça crashe.

Et ça serait présomptueux d’affirmer qu’il ne pourrait jamais rien arriver, mais ce qui est sûr c’est que chacun de nous a envie que ça fonctionne, et je crois que rien que cela c’est une bonne base.

En amour, avoir raison ne sert à rien

C’est un constat que je fais autour de moi, d’ailleurs je pense qu’avant j’étais ce genre de personne, pour qui avoir raison était quelque chose d’important. Je pensais avoir raison, c’était même parfois objectivement vrai, mais pour quoi faire au final ?

Je constate que beaucoup de personnes sont dans une logique qui consiste à « compter les points ». Comme elles sont convaincues d’être dans leur bon droit, elles veulent coûte-que-coûte avoir raison, sans se poser la question de si ça présente un intérêt ou non.

De mon côté, je ne suis pas certain que ça aide une relation, au contraire même. Parce que cette volonté d’avoir raison de façon systématique, sous tend l’idée que l’autre a inévitablement tort, de façon quasi systématique là-aussi.

Cela crée de fait une relation déséquilibrée, des jeux de pouvoir et des mécanismes de domination au sein du couple. Parfois on se rapproche même du triangle de Karpman où l’on peut avoir le rôle du bourreau, du sauveur ou de la victime.

Bref on peut vite se retrouver dans le schéma d’une relation toxique, qui tôt ou tard finira par lâcher.

Dans notre couple je pense qu’on a conscience de ça, et sans dire que nous sommes le couple parfait, aucun des deux ne prétend avoir raison à 100 % aux dépens de l’autre. Chacun de nous deux a conscience d’être potentiellement faillible et sait que ce qu’on pense être la vérité, n’est que notre vérité, notre réalité

Bien souvent d’ailleurs il suffit simplement de se mettre à la place de l’autre juste un instant, pour comprendre sa façon de voir les choses, sa réalité. Et si l’on pense qu’il n’y a que sa réalité à soi qui est toujours la bonne, alors inévitablement on se prend un mur.

Il arrive dans notre couple de façon ponctuelle, que l’un des deux ait raison, pour telle ou telle chose. Mais chacun d’entre nous est suffisamment humble, et sait mettre son ego de côté pour le reconnaitre. Cela n’aura pas un caractère systématique.

Je pense que l’on y parvient surtout, parce que nous avons la place dans notre couple pour communiquer ce que l’on ressent de façon pacifiée. Si cela n’était pas le cas, et je pense que c’est ce qui se passe dans beaucoup de couples, alors on aurait été davantage tenté de vouloir affirmer nos positions.

De notre côté, aucun de nous deux n’a envie d’une relation où ça serait toujours la même personne qui a raison et qui a tort, on sait que cela détruirait le lien qui nous unit. Personnellement, je pense même que la personne qui « a toujours tort », a forcément tôt ou tard envie de prendre ses jambes à son cou, et quitter la relation.

Si je devais résumer les choses, je dirais qu’aucun de nous deux n’a envie d’avoir absolument raison aux dépens de l’autre, parce que ça ne présente aucun intérêt ni pour l’un ni pour l’autre. Parce que notre vision du couple c’est de fonctionner ensemble de façon équilibrée comme un binôme, une équipe et non des adversaires.

Tous les couples heureux et qui durent, fonctionnent ensemble et tirent chacun dans le même sens. Je vous souhaite à toutes et tous, de vivre une relation hyper heureuse, parce qu’au fond vous la méritez.

Auteurs/autrices

  • Psychologue clinicienne hypersensible, ma passion est la connaissance de soi et des autres.

    "Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre"    - Marie Curie

  • Hypersensible moi-même, j’ai créé ce site pour accompagner celles et ceux qui se sentent souvent “trop” ou toujours en décalage. Je dis "chocolatine" aussi 😉

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