Pourquoi avons-nous des symptômes ?

pourquoi avons nous symptomes

🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici

  1. C’est quoi exactement ? : Un symptôme c’est tout ce qui nous fait penser qu’on est face à un problème. Des signes de maladie dans le corps comme la toux, la fièvre et la douleur. Au niveau psychique ce sont des comportement qui viennent s’imposer à nous : comme des pensées irrationnelle et récurrente ou une réaction disproportionnée à une situation. Comme des TOC, des addictions, des phobies, des insomnies ou des troubles du comportement alimentaire par exemple.
  2. Il suffira d’un signe : Le symptôme apparait lorsqu’il y a plusieurs forces en nous (conscientes ou inconscientes) qui crée un conflit intérieur en nous. Quand on a mal au ventre, de vouloir dénoncer une injustice mais que l’on a peur des conséquences, par exemple. L’intérêt d’un travail en psychothérapie c’est justement de pouvoir mettre des mots pour comprendre pourquoi nous avons ces fameux symptômes.
  3. Les loyautés : La loyauté c’est quelque chose que l’on doit à une personne ou à un système. C’est pour éviter de “trahir” qu’on peut être amené à s’obliger ou s’interdire de faire des choses, indépendamment de ce qu’on voudrait réellement. Bien souvent de façon inconsciente, on n’envisage même pas certaines possibilités et certains choix par loyauté envers sa famille ou ses proches. En prendre conscience, permet de voir que d’autres décisions et d’autres scénarios sont possibles.
  4. Les répétitions : Lorsque nous avons des croyances négatives, par exemple “je ne tombe que sur des menteurs”, malheureusement bien souvent ces croyances deviennent bien réelles. C’est pour cela que nous avons parfois tendance à répéter les mêmes schémas et qu’il est difficile de s’en libérer. Beaucoup de thérapeutes observent que ses répétitions se répètent au sein des familles, même d’une génération à l’autre.
  5. La résistance au changement : On a beau être ennuyé par un problème, on n’a pas toujours envie de se confronter à ce qui se passerait si on tentait de le résoudre. Nos vies et nos familles sont comme des puzzles, dans lesquels bouger une pièce ferait naturellement bouge les autres. S’ajoutent à cela la peur de se tromper, d’échouer, les loyautés ; qui font que l’on préfère parfois que les choses restent telles qu’elles sont. Ce qui compte c’est de faire ses choix en connaissance de cause.

C’est vrai ça. On ne devrait donc pas avoir envie d’être en bonne santé, d’aller bien, d’agir conformément à nos désirs, d’éliminer ce qui nous embête ? Eh bien non, ce n’est pas toujours aussi facile. Il y a en nous des forces de vie qui soutiennent nos envies, mais également d’autres, qui nous sabotent, nous font renoncer, douter ou aller dans autre chose.

Ces forces ont des raisons d’être, elles ne sont pas arrivées là par hasard. Et si on veut les désamorcer, il est utile de les identifier, de comprendre comment elles sont arrivées.

Qu’appelle-t-on un symptôme ?

Ce mot désigne tout signe qui nous fait penser qu’on est malade, qu’on est face à un problème. En cas de maladie organique, les symptômes peuvent être la fièvre, la rougeur, la toux : si tout allait bien, on ne les aurait pas. Au niveau plus psychique, ce peut être un comportement qu’on n’avait pas jusque-là et qu’on ne s’explique pas ; des pensées irrationnelles et récurrentes ; une réaction disproportionnée à une situation … Bref en général, c’est quelque chose qu’on fait, ressent ou pense alors qu’on ne voit aucune raison logique de le faire. C’est souvent ce qui nous alerte, ou qui alerte notre entourage, et nous met en souffrance.

Les addictions, les TOC, les troubles du comportement alimentaire, les phobies, les insomnies, certaines douleurs psychosomatiques dont on ne trouve pas la cause … sont des exemples de symptômes, que nous n’aurions aucune raison logique de vouloir développer si nous allions bien. Pourtant, souvent, notre psychisme y tient et résiste aux tentatives de vouloir les éliminer. Ils viennent s’imposer à nous et nous interpeller, nous montrer que quelque chose ne va pas.

Plusieurs choses qui tombent ensemble

> Des forces multiples se battent en nous

Étymologiquement, symptôme vient de « tomber ensemble ». Il n’y a pas forcément une cause unique, il y a des forces en nous qui sont en conflit. Par exemple, d’un côté celle qui voudrait dénoncer un problème, et en face, celle qui a peur que cela n’envenime encore la situation. Consciemment, je pense que je ne peux rien faire, mais une part de moi ne veut pas rester là-dessus non plus.

Souvent, une de ces deux forces est plus consciente que l’autre. Le symptôme représente généralement un compromis entre celles-ci, ou une façon de court-circuiter une des deux.

D’ailleurs, quand on est dans une telle situation, ça peut être aidant de se représenter vraiment ces différentes forces comme des personnages autour d’une table qui débattent ensemble.

> Le symptôme a une fonction

Si notre organisme s’encombre d’un symptôme, ce n’est jamais pour rien. Souvent, c’est lui qui nous permet de tenir, en tenant à distance le conflit intérieur ou autre chose qui nous fait peur. C’est en quelque sorte le prix à payer de la paix mentale.

C’est à la fois un problème, et une tentative de solution.

Justement, si nous pouvions dire pourquoi nous l’avons, nous n’aurions plus besoin de l’avoir ; et le travail d’une psychothérapie, c’est exactement ça : pouvoir traduire la même chose avec des mots, qui montrent à notre psychisme que nous avons compris son message.

Il y a de nombreuses configurations possibles, rien n’est obligatoire et systématique, mais voici quelques exemples de raisons qui peuvent pousser notre psychisme à développer un symptôme pourtant ennuyeux pour nous. Et qui peuvent nous aider à le comprendre et à le désamorcer, si nous le souhaitons.

(Juste une précision importante, pour être claire : je parle ici des symptômes créés par notre psychisme, mon propos n’est pas de prétendre justifier les maladies organiques ou autres événements dramatiques, dont la survenue peut malheureusement être parfaitement injuste. Et bien entendu, cette approche n’empêche aucunement de se saisir des solutions médicales ou autres : bien au contraire, c’est un encouragement à explorer toutes les possibilités.)

Quelques exemples de ce qu’un symptôme peut nous apporter

> Les bénéfices secondaires

Notre symptôme n’a peut-être pas que des effets négatifs. Qui ne se souvient pas, dans l’enfance, de la maladie bénigne que nous avons accueillie (presque) joyeusement, car elle nous offrait quelques jours de vacances ?

Qu’on doive s’occuper de nous, qu’on évite un conflit ou une autre situation angoissante, que cela oblige des proches fâchés à se reparler, que cela repousse une décision difficile, sont autant de bénéfices qui peuvent tout à fait s’entendre, et entrer en compte, consciemment ou inconsciemment, dans ce que nous choisissons de faire ou non.

« Qu’est-ce que ce symptôme rend possible (ou impossible) ? » est une question qui peut être intéressante à se poser, si on est face à quelque chose qu’on ne comprend pas. Et si on arrive à identifier un besoin, il devient possible de l’exprimer clairement et d’y apporter une autre réponse.

> Les loyautés

La loyauté, c’est quelque chose qu’on doit à quelqu’un, à une personne ou à un système. Il y a des choses qu’au fond de nous, on se sent obligé(e) de faire, ou pas autorisé(e) à faire, indépendamment de ce qu’on voudrait réellement, parce qu’une part de nous le vivrait comme une trahison, une déception.

Par exemple, si personne dans notre famille n’a fait d’études, on peut se donner inconsciemment une limite et éliminer cette possibilité d’emblée pour soi aussi. On a beau se préparer, on échoue à tous les concours ou on tombe étrangement malade avant. Ou au contraire, on peut se sentir le devoir de porter l’honneur de la famille en faisant soi-même de brillantes études, alors quau fond de soi, on rêvait depuis toujours de reprendre l’entreprise familiale de chaudronnerie : il y a fort à parier qu’à un moment, l’insatisfaction va venir se manifester. Dans les deux cas, on était animé par des loyautés envers la famille, en conflit avec le désir personnel de choisir son métier.

Parfois, nous sommes tellement pris dans le système que nos désirs ne parviennent même pas à notre conscience. Nous n’avons qu’un vague sentiment que quelque chose ne va pas, mais nous n’arrivons pas à envisager consciemment les possibilités dont nous disposerions si nous voulions, à les penser jusqu’au bout. C’est ce qui peut se passer par exemple lorsque nous sommes pris dans une relation malheureuse, mais que la pensée d’une séparation nous apparaît d’emblée comme totalement impossible.

Si nous sommes dans ce cas, nous avancerons d’un grand pas si nous arrivons déjà à nous représenter dans notre tête, sans forcément prendre de décision pour autant, les scénarios effectivement imaginables. « Qu’est-ce qui pourrait être différent, même minime ? » « Et si …, que se passerait-il après ? » « Que ferait quelqu’un de totalement différent à ma place ? » sont des questions qui peuvent remettre la pensée en route, contrer notre sensation d’impuissance et déboucher à terme sur des pistes.

Idéalement, ces discussions peuvent aussi avoir lieu en famille avec les personnes concernées, dans la réalité ou déjà se les représenter dans sa tête : expliciter ce qui pose difficulté, ce que notre décision implique ou n’implique pas, peut permettre de défaire le nœud. Par exemple : « Je sais que vous espériez autre chose pour moi, que grand-père Paul a toujours rêvé d’avoir un médecin dans la famille, mais je ne suis pas la personne faite pour faire ces études, je serai plus heureux en travaillant de mes mains. » « Même si je prends un chemin différent, je suis toujours fière de notre famille. » Bien souvent, quand on l’exprime ainsi clairement, personne ne se verrait aller vraiment contre dans la réalité.

> Les répétitions

Les situations sur lesquelles nous butons

Nous avons déjà parlé de la répétition qui peut être associée à une croyance négative, par exemple « je ne tombe que sur des menteurs ». La psychologie connaît ce mécanisme de prophétie auto-réalisatrice qui veut que, tant que nous restons fixés sur ce que nous appréhendons, nous finissons par l’attirer irrésistiblement à chaque fois, ou du moins par retrouver partout des éléments qui vont valider notre croyance.

Jung écrit qu’une épreuve (au sens d’une tâche de vie non résolue) viendra se représenter à nous jusqu’à tant qu’on ait appris la leçon correspondante.

Si nous n’apprenons pas à résoudre un certain type de problème, il est fort probable que si nous le rencontrons à nouveau, il nous mettra encore une fois en difficulté. Non pas parce que nous le méritons ou l’attirons, simplement parce que nous ne savons pas encore le résoudre. Alors qu’il en existe des tas d’autres que nous maîtrisons, et qui ne deviennent donc pas ou plus symptomatiques.

Des répétitions qui viennent d’avant nous

La répétition peut également exister d’une génération à l’autre. Parfois, malgré nous, nous sommes porteurs de symptômes qui nous viennent d’un(e) ancêtre, et qui se sont transmis en quelque sorte d’inconscient à inconscient. Ce mécanisme est évidemment difficile à démontrer scientifiquement, pour autant l’observation de la réalité nous montre bien qu’il existe.

En creusant l’histoire familiale, on peut se rendre compte que quelqu’un d’autre a été dans cette situation avant nous … parfois à la même date, ou au même âge, ou qui portait le même prénom, bref que nous ne faisons que répéter quelque chose qui ne vient pas de nous !

Si on est face à un symptôme résistant qu’on n’arrive pas à s’expliquer, ce peut être une piste à explorer. Il existe des thérapies dédiées passant notamment par le génogramme ou la constellation familiale (techniques qui ne nécessitent pas que les membres de la famille soient réellement présents). Et même en l’absence de problématiques particulières, c’est toujours instructif de faire ce travail de représentation du système familial.

> La résistance au changement

Même si on est ennuyé par un problème, on n’a pas forcément envie de se confronter à ce qui se passerait si on tentait de le résoudre.

Souvent, cela implique de changer quelque chose (dans sa vie, son organisation ; ou parfois simplement dans sa façon de voir les choses : accepter tout simplement qu’on s’est planté par exemple !).

Parfois cela peut impacter d’autres personnes ou systèmes : notre famille, notre lieu de travail, etc., qui risquent de réagir à leur tour si on changeait quelque chose.

Nos vies, nos familles, sont des systèmes : quand on bouge une pièce du puzzle, on va probablement devoir en toucher quelques autres. Ce n’est souvent pas confortable, ni assuré de réussir. Les systèmes tendent spontanément à l’homéostasie, c’est-à-dire à se maintenir comme ils sont, et à résister à ce qui vient remettre leur fonctionnement en cause.

Si par exemple, notre apprenti chaudronnier décidait finalement d’arrêter ses études de médecine, il y a fort à parier que sa famille ne l’accepterait pas tout de suite, que ce serait perçu comme un échec. Peut-être y aura-t-il des conflits, peut-être que certains membres de la famille vont faire la tête pendant un temps, et qu’il devra s’armer de patience avant que sa décision soit acceptée, voire accepter de perdre le soutien de certains ou de couper les ponts. C’est un risque qu’il peut choisir de prendre ou non, et soit l’accepter (après tout, est-ce une grande perte dans ce cas ?), soit continuer à réfléchir à des stratégies de résolution, car la vie ne s’arrête pas là-dessus (peut-être y aura-t-il par la suite un meilleur moment pour reprendre le contact sur de meilleures bases). Cette décision est de sa responsabilité. Et ce que font les autres, c’est la leur !

Si nous ne voulons pas prendre ce risque, il est parfaitement légitime de préférer que les choses restent comme elles sont, pour l’instant ou complètement. On n’est obligé de rien faire, même si les autres estiment que ce serait meilleur pour nous.

En dernier ressort, il n’y a que nous-mêmes pour peser le pour et le contre, et prendre notre décision. Mais il est bon de le faire en connaissance de cause, consciemment, plutôt que malgré nous.

Auteur/autrice

  • Psychologue clinicienne hypersensible, ma passion est la connaissance de soi et des autres.

    "Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre"    - Marie Curie

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