
🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici
- Difficile de lâcher-prise : Pour les hypersensibles le changement est souvent plus difficile que pour les autres, du fait de notre difficulté à lâcher-prise. C’est souvent compliqué de mettre de côté notre perfectionnisme, et d’accepter que les évènements ne se déroulent pas comme on les avait prévus. Cela demande à accepter que les changements font partie de la vie, pour autant on ne va pas forcément chercher à “sortir de sa zone de confort”.
- Agrandir sa zone de confort : En plus d’un besoin de nouveauté, on est nombreux à avoir un besoin de stabilité et de sécurité. C’est pour ça que le plus souvent, sortir de sa zone de confort sera en réalité très déstabilisant. On va plutôt mettre les changements progressivement les uns après les autres, au fur et à mesure de son évolution, on agrandit sa “zone de confort”.
- Regardez le chemin parcouru : Lorsqu’on a du mal à prendre une décision importante, qu’on procrastine par peur de se tromper ou d’échouer. Il est bon de se rappeler toutes les épreuves que l’on a déjà passé, et que l’on a réussies. Et même les échecs ne sont pas réellement des échecs, parce qu’ils montrent une envie d’évoluer vers une vie qui nous correspond davantage. On grandit, on évolue à son rythme qui n’est pas toujours le même que celui des autres
- Décoller les étiquettes : On est beaucoup à avoir des fausses croyances sur nous-même qui bloquent notre évolution “Je suis comme ça, et ça ne changera pas”. Parvenir à retirer ses étiquettes, commence par le faire de prendre conscience que ce sont des étiquettes et qu’il est possible de les retirer. C’est ce qui se passe lorsqu’on a travaillé sur soi et évolué, on a décollé d’anciennes étiquettes pour les remplacer par des nouvelles.
- C’est du long terme : Tout changement et toute évolution prend du temps, et il est parfois difficile de ne pas se décourager. Quand vous songez à abandonner souvenez vous des raisons pour lesquelles vous avez voulu cette évolution, et que les changements se font à long terme. Si c’est difficile, ne faites pas tout d’un coup et fixez vous des tâches simples comme des étapes à fêter, une fois qu’elles sont franchies.
La difficulté de lâcher-prise
Vous avez remarqué combien le fait de changer est difficile. Et si vous êtes comme moi, vous êtes à la fois partagé par l’envie de nouveauté mais la peur de ce qu’il va advenir.
D’une façon générale on est beaucoup de personnes à avoir une certaine résistance au changement, c’est quelque chose d’assez naturel et qui n’est pas réservé aux hypersensibles. Pour les hypersensibles c’est peut-être encore davantage compliqué, du fait que nous ayons des difficultés à lâcher prise.
Des travaux ont montré que les personnes présentant une forte sensibilité de traitement sensoriel (SPS) ont tendance à présenter une réactivité émotionnelle plus élevée face aux changements et incertitudes, ce qui rend le lâcher-prise plus difficile (Aron et al., 2012).
Cette sensibilité accrue conduit à vivre plus intensément les expériences, mais aussi à une tendance à ruminer davantage.
Et c’est vrai qu’on est beaucoup pour qui il est difficile d’accepter, que les choses ne se passent pas forcément comme on les avait prévues. Pour peu qu’on soit perfectionniste (ce qui est souvent le cas), c’est parfois difficile d’accepter qu’on n’a pas le contrôle sur les événements.
Et tous ceux qui vous disent qu’il suffit de lâcher-prise pour aller mieux ont tendance à nous agacer, tant c’est quelque chose qui est difficile à mettre en œuvre quand on n’en a pas l’habitude. Cela demande du temps de parvenir à intégrer le lâcher prise, à accepter que les changements font partie de la vie.
Mais une fois qu’on y parvient, on parvient également à mieux vivre ses périodes de changement et on se donne également le droit d’évoluer. Parce qu’en réalité on ne change pas rarement radicalement du tout au tout, on évolue plutôt étape par étape.

On ne sort pas de sa zone de confort : on l’agrandit
On entend souvent l’injonction qu’il faut absolument « sortir de sa zone de confort », et j’avoue la trouver toujours autant étonnante. Je pense qu’on est beaucoup de personnes, et c’est sans doute encore plus le cas pour les hypersensibles, à avoir besoin d’éléments de stabilité sur une espèce de socle sur lequel s’appuyer.
Et c’est sans doute mieux comme ça, parce qu’à la fois on garde aussi des éléments de stabilité dont on a besoin et qui sont rassurants, tout en amenant les changements qui sont nécessaires à notre épanouissement.
C’est pour ça que les changements même les plus grands, ne peuvent se faire que par petites étapes.
Si par exemple notre vie perso et pro ne nous conviennent pas, et si on voit que l’on a tendance à avoir du mal quand les choses changent. C’est sans doute pas une bonne idée d’à la fois quitter sa relation amoureuse, quitter son job et changer de région tout ça en même temps.
Parce qu’en faisant tout en même temps, pour le coup on quitte réellement sa zone de confort, avec le risque de perdre tous ses repères et de sombrer. Si vous avez un besoin de stabilité et de sécurité, il vaudra sans doute mettre en place les changements progressivement les uns après les autres, au fur et à mesure de votre évolution.
Ce qui va être le plus important dans ces moments-là c’est de ne pas voir ces changements comme des échecs. Vouloir quitter son travail ou sa relation amoureuse par exemple, ne sont pas à proprement parler des « échecs ».
C’est simplement la fin de choses qui ont fait partie de votre vie à un instant, mais qui parce que vous avez évolué, ne vous correspondent plus.
Parce que quitter quelque chose qui ne nous convient plus pour aller vers une évolution positive, demande au contraire beaucoup de courage. Partir d’une relation qui ne nous convient pas, ou essayer de trouver un métier qui fait sens pour nous, sont des actes forts.
Faire cela n’est certainement pas un échec, c’est avoir envie d’une évolution dans sa vie pour qu’elle corresponde davantage à qui on est et à ce quoi on aspire.
Alors plutôt que de parler de sortir de sa zone de confort, je vous propose de parler d’agrandir cette zone. Parce que petit à petit à force de petits changements et de mises en place de nouvelles habitudes. on agrandit lentement cette zone.
Mais ça ne peut se faire qu’en y mettant de la nuance, et en agissant intelligemment, et pour y parvenir plusieurs choses peuvent vous y aider.

Que faire quand ça coince ?
> Regardez le chemin parcouru
Lorsqu’on a du mal à prendre une décision importante pour nous, parce qu’on a peur de se tromper ou d’échouer notamment. Vous savez lorsqu’on procrastine, ou même quand se sent anxieux pour tel ou tel changement. Un des bons réflexes est de se rappeler du passé.
Rappelez vous qu’à force d’avancer en âge, vous avez déjà confronté à des moments où il se passait déjà beaucoup de choses, y compris des moments que vous avez vécu comme difficiles.
Parfois même on obtient des réussites, pour des choses dont on ne se pense pas forcément capable.
La première fois qu’on monte sur un vélo, qu’on est dans une piscine, ou derrière un volant et des pédales, on ne fait pas forcément le malin. Et pourtant malgré la peur on apprend à faire du vélo, on apprend à nager et même à conduire.
Alors bien-sûr on peut rencontrer des difficultés, personnellement j’ai eu mon permis de conduire 10 ans après ma première tentative. Et la personne que j’étais à 18 ans pensait être totalement incapable de l’obtenir.
Cet exemple c’est pour vous dire que rien n’est jamais définitif, et qu’il est probable que vous ayez déjà vécu ce genre d’épreuves dans le passé et que vous ayez été capable de les réussir. N’hésitez pas à les lister, parce que ça fait du bien à l’ego de se rendre compte qu’on est capable d’évoluer malgré le fait que ça nous paraissait pas évident.
Parce qu’on n’a pas forcément conscience qu’on se retrouve à faire énormément d’apprentissages de base, dont certains nous semblent difficiles
Et là je n’ai parle que des réussites, mais on connait tous des échecs. Ces échecs qui sont aussi la preuve que vous avez eu le courage de faire et d’essayer, malgré le fait que vous n’ayez pas obtenu les résultats espérés.
Pour reprendre mon exemple du permis de conduire. Je pourrai voir mes échecs au passage du permis du conduire, comme des échecs. Et si on juge seulement le résultat, c’est vrai.
Mais si on sort de cette visions basée uniquement sur le résultat, on peut aussi comme la preuve d’un certaine détermination. Une volonté d’avoir eu envie de dépasser cette difficulté, même si le résultat n’est pas au rendez-vous.
Et ça c’est ce qui manque souvent au moment où l’on se juge, ou même lorsqu’on juge les autres. On a en réalité une vision trop binaire, où tout ce qui n’est pas réussi est forcément un échec total.
Et surtout parce qu’on est perfectionniste, on a une tendance à se juger bien plus durement que ce que l’on devrait. Souvent les choses sont bien plus subtiles et nuancées que réussite et échec, et comme chaque personne est différente elle avancera au rythme qui sera le sien.
Vous connaissez peut-être la citation qui est attribué à priori à tort à Albert Einstein : « si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il vivra toute sa vie en croyant qu’il est stupide. »
Et c’est pour ça que se comparer aux autres n’a pas de sens, puisque ce qui paraitra simple pour quelqu’un pourra extrêmement difficile pour quelqu’un d’autre. Et puis il faut garder en tête, que l’on évolue et qu’on a parfois des fausses croyances sur nous-même.

> Décoller les étiquettes
Souvent ce qui va bloquer notre évolution, ce sont les fausses croyances que l’on s’est collées sur nous-même. Tout ce qui fait qu’on finit par prononcer des phrases comme « je suis comme ça, et je ne peux pas changer ».
Et effectivement c’est difficile de parvenir à retirer ses étiquettes, et la première étape c’est sans doute de prendre conscience que ce sont des étiquettes. Et que donc à tout moment il sera possible de les retirer.
Tout évolue et tout change, les saisons et la vie et la vie en fonction des événements qui s’y déroulent. En voyant cela, pourquoi on ne s’accorderait pas le droit d’évoluer ?
On ne pourra pas changer du tout au tout, on ne quittera pas sa zone de confort, on l’agrandira en évoluant.
Prenons l’exemple de quelqu’un qui a une personnalité introvertie, ce qui est le cas de pas mal d’hypersensibles. Et bien un introverti pourra difficilement changer au point de devenir quelqu’un qui a une personnalité extravertie.
En revanche en effectuant un travail sur lui-même, on peut, si on le souhaite, faire en sorte de mieux vivre son introversion. En apprenant à gérer sa timidité si on en a, et en apprenant petit à petit à s’affirmer face aux autres par exemple.
En faisant ce travail sur soi, qui concerne finalement pas mal de personnes d’introvertis, on ne change pas le fait d’être une personnalité introvertie. On a simplement évolué sur les points sur lesquels c’était possible de le faire.
Progressivement on a décollé d’anciennes étiquettes qui ne nous convenaient plus, pour les remplacer par des nouvelles. Dans mon exemple on enlèvera l’étiquette « timide » et « s’efface devant les autres », qu’on remplacera par « affirmé » par exemple. C’est ça évoluer.
Parce que c’est lorsqu’on pense qu’on est « comme ça » et que ça ne changera pas, qu’on reproduit les mêmes schémas. Et c’est difficile de s’enlever cette résistance au changement, souvent de façon inconsciente on agit par loyauté, loyauté envers ses parents par exemple.
C’est à partir du moment où l’on on identifie tout ça qu’on s’accorde le droit de retirer les étiquettes qui ne nous conviennent pas. Et de faire des choix selon qui ont est et ce que sont nos besoins.

> C’est du long terme
C’est la difficulté dans tout changement et évolution, et qui explique qu’on puisse être tenté de procrastiner ou d’abandonner. On a souvent besoin de quelque chose d’immédiat, comme une espèce de remède miracle qui résoudrait immédiatement la difficulté.
Malheureusement rien ne fonctionne comme cela, et chaque changement ou évolution prend forcément du temps. Les changements ne se font pas un jour, et c’est pour cela qu’il est bon de les voir comme des objectifs à long terme.
Si demain vous décidez de courir le marathon alors même que vous ne courrez jamais, vous savez que cet objectif sera long et difficile à atteindre. Et c’est d’ailleurs en ayant cela en tête, que vous ne découragerez pas si au bout d’une semaine vous ne parvenez pas à tenir les 42,195 kms d’un marathon.
Parce que vous savez que le propre de ces changements, c’est qu’il demandent du temps et qu’ils sont souvent difficiles à atteindre. Pour y parvenir, le mieux sera de la diviser en série de tâches simples, qui permettent une progression jusqu’à l’atteinte de l’objectif.
Pour reprendre notre exemple du marathon, cela pourrait être de suivre l’exemple de personnes qui ont déjà accompli ce genre de démarches, et qui pourront sans doute vous délivrer des conseils précieux pour y arriver. D’aller courir régulièrement en augmentant régulièrement la distance que vous parcourez. Sans doute de consommer davantage de féculents … etc
C’est cette démarche-là, celle de se simplifier des objectifs difficiles à long terme, qui permet de moins se décourager. Cela permet de rester motivé pour atteindre l’évolution que l’on souhaite et de moins procrastiner.
Et c’est lorsqu’on se sentira démotivé, qu’on pourra se rappeler qu’on est dans quelque chose qui prend du temps, et se rappeler des raisons pour lesquelles on s’est lancée là dedans. Se rappeler de tout ce qu’on a accompli et se féliciter du chemin parcouru, c’est faire le constat qu’on a déjà réussi à évoluer.
Parce qu’en réalité l’évolution on l’accomplit déjà, et on peut être fier de soi d’avoir cette persévérance de continuer😊

Vidéo : Hypersensibilité et difficultés de passer à l’action
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