Qui suis-je ? Au delà de l’hypersensibilité, mieux se connaitre

hypersensibles apprendre à se connaitre

🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici

  1. Le besoin de savoir que ça existe : Le jour où l’on comprend que l’on est hypersensible (ou HPI, TSA … etc), on met un nom sur ce que l’on ressent et notre monde change. On prend conscience que ce que l’on vit existe, et on se sent moins seul parce que d’autres personnes sont “nos semblables”. Néanmoins malgré cette sensibilité en commun, on a chacun notre singularité.
  2. Des personnalités différentes : Depuis Carl Jung et ses disciples, on a développé un vocabulaire pour décrire ce qui est différent d’une personne à l’autre. On va au delà de la normalité et de la pathologie, en mettant en lumière que nous avons des procédés cognitifs et des préférences spontanées différentes d’un individu à l’autre. C’est le travail des psychologues du travail qui aide à déterminer pour quel métier une personne “serait faite”.
  3. Introverti ou extraverti : Les personnes introverties ont davantage besoin de moments de solitude pour se recharger. Tandis que les extravertis se rechargent au contact des autres. Chez les personnes hypersensibles, même s’il y a une majorité de personnes introverties, il y a aussi des personnes davantage extraverties. Et même certains types de personnalité sont davantage intéressés par le fait de connaitre et analyser sa personnalité, que d’autres.
  4. MBTI et ennéagramme : Le MBTI est un modèle utilisé pour évaluer la personnalité d’une personne parmi 16 types différents, et selon ses préférences psychologiques pour la perception et la prise de décision. L’ennéagramme est un modèle qui définit les personnalités selon 9 types, en fonction des habitudes affectives, des modes de pensée et du rapport aux autres. Les deux sont complémentaires et peuvent aider à avoir une meilleure connaissance de soi.
  5. Une meilleure estime de soi : L’avantage de mieux se connaitre et d’avoir des mots pour se définir, c’est que cela nous aide à sortir du jugement positif mais le plus souvent négatif que l’on peut avoir sur nous. On n’est pas “moins bien” que les autres, factuellement on est différent. La pratique d’activités, artistiques ou non, et le fait de prendre soin de soi, peuvent vous aider à améliorer votre estime de vous.

Beaucoup d’hypers ont vécu cela, notamment dans leur jeunesse. On se sent différent(e) des autres, on a un sentiment d’anomalie. On a l’impression que quelque chose cloche avec nous, sans pouvoir s’expliquer pourquoi. Malgré toute la volonté qu’on y met, on peine à créer des relations satisfaisantes, ou simplement à éviter ce qui nous agresse. On a besoin d’en faire des tonnes là où pour les autres, ça paraît tout simple et spontané.

Parfois cela peut durer jusqu’à l’âge adulte avant de trouver des éléments de réponse.

Le besoin de savoir que « ça existe »

Pour quasi tout le monde dans cette situation, notre monde a changé le jour où on a mis un mot dessus : hypersensible, HPI, ou toute autre « étiquette » qui fait enfin sens pour nous. Donc ça existe, on peut être comme ça, d’autres le sont ! Cela explique sans doute pourquoi, de façon temporaire ou prolongée, on peut être très attachés à cette étiquette, là où un regard extérieur verrait plutôt quelque chose de limitant.

Il serait toutefois faux de s’arrêter à une vision duelle : d’un côté les personnes normales, pour leur bonheur ou leur malheur, et de l’autre côté nous. Alors qu’en réalité, il y a une continuité entre les personnes un peu, beaucoup, passionnément … sensibles. Et que chacune a également son histoire, sa personnalité, ses goûts et habitudes, etc. Les autres connaissent probablement eux aussi des moments plus difficiles que d’autres, même si nous n’en sommes pas témoins.

Personnellement, dans des groupes de HPI et d’hypersensibles, j’ai fait de chouettes rencontres ; mais j’ai pu aussi constater que ce n’est pas forcément le cas, il ne suffit pas d’avoir cet élément en commun pour que tout le reste coïncide.

Depuis mes jeunes années, les choses ont évolué. Aujourd’hui, on a accès à beaucoup d’informations et de dispositifs d’échange autour de l’hypersensibilité, du haut potentiel, des types de personnalité. Avec le temps, j’ai découvert tout un univers qui me passionne et m’est utile dans mes relations … Peut-être pour vous aussi ?

Il existe de nombreuses façons de caractériser une personnalité humaine

> Nous sommes animés par des forces multiples

Notre personnalité (et celle d’autrui) ne se limite pas à un trait, une humeur ou une motivation uniques. Les sentiments humains sont ambivalents et évoluent dans le temps. Depuis toujours, la psychologie et la psychanalyse étudient précisément les modalités de ces mouvements.

Au fil de l’évolution de ses théories, Freud a progressivement intégré des notions comme les différentes instances psychiques, la pulsion de vie et la pulsion de mort, qui rendent compte du fait qu’il existe des forces différentes à l’intérieur de notre psychisme. D’ailleurs ce qui nous met en difficulté, c’est souvent quand elles sont en conflit entre elles.

C’est surtout Jung, puis ses disciples, qui ont développé un vocabulaire pour décrire ce qui peut être différent d’une personne à l’autre, au-delà de la notion de normalité ou de pathologie. Dans son état normal, la vie psychique d’un individu n’est pas la même que celle du voisin ; nous avons à notre disposition des procédés cognitifs différents, entre lesquelles il est normal d’avoir des préférences spontanées, de développer certains plus que d’autres, et pas de la même manière.

De nos jours, ce sont ces approches qui sont utilisées par exemple en psychologie du travail, quand il s’agit de déterminer pour quels métiers une personne est « faite » ou non.

> Un vocabulaire pour se décrire et décrire les autres

Le MBTI (et le Big Five) sont des outils de description qui utilisent plusieurs critères sur lesquels l’individu se situe nécessairement plus d’un côté ou de l’autre. Dans un style différent, l’ennéagramme met aussi le doigt sur ce qui compte pour nous dans la vie.

Tout comme la notion d’hypersensibilité, la découverte de son type de personnalité peut avoir un aspect extrêmement « validant ». Et une fois qu’on le connaît, il peut nous ouvrir de nouvelles portes, de nouvelles prises de conscience sur notre fonctionnement.

Ces approches m’ont aussi grandement aidée à me représenter ce que peuvent être les autres, au-delà d’être probablement « neurotypiques » (et encore, qu’est-ce qu’on en sait ?). Et à comprendre pourquoi je m’entendais mieux avec certaines personnes qu’avec d’autres.

Ce n’est pas forcément moi qui ne fais pas assez d’efforts (ni l’autre d’ailleurs), c’est peut-être simplement parce que nous avons des fonctionnements différents. Et nous n’anticipons pas forcément que l’autre pourrait voir les choses d’une autre façon que nous.

> Introverti(e) ou extraverti(e) ?

Une des notions que le grand public a découvertes avec les réseaux sociaux, et qui est désormais rentrée dans le langage courant, est l’introversion ou l’extraversion.

Je me souviens encore de la première fois où un professeur m’a dit que j’étais « introvertie ». Je ne connaissais pas ce mot et l’ai compris comme une critique, un défaut à corriger. Alors qu’en fait non : quand on n’est pas introverti, alors on est extraverti. On ne peut pas ne rien être, et l’un n’est pas meilleur que l’autre. Les deux sont répartis dans la population à parts à peu près égales.

Une personne introvertie est une personne qui a besoin de moments de solitude pour « se recharger ». Elle peut tout à fait apprécier les moments d’échange avec autrui, mais sur la durée, cela lui demande une énergie qui peut à un moment s’épuiser, et elle aura besoin d’être seule pour récupérer. Une personne extravertie est à l’inverse : ce qui lui fait du bien, c’est d’être entourée, et c’est la solitude qui va lui coûter ou lui être moins naturelle. Certaines personnes se décrivent aussi comme ambiverties, mais en général, on a tout de même une préférence entre les deux.

Chez les personnes hypersensibles, les introverti(e)s sont en plus grand nombre, de l’ordre de 2 hypers sur 3, mais il y a également de nombreux hypers extraverti(e)s.

Aujourd’hui, il existe sur Internet de nombreux sites, chaînes et groupes de personnes introverties (plus que de personnes extraverties, soit dit en passant ; parce que c’est sans doute un moyen de communication qui nous convient bien !).

> Les fonctions cognitives du MBTI : L’intuition/la sensation – le sentiment/la pensée

La fonction de perception rend compte de comment on appréhende le monde extérieur.

> Jung appelle intuition le mouvement qui se base plutôt sur des idées abstraites et la projection dans l’avenir ou les possibilités, et sensation celui qui se base plutôt sur les choses concrètes, ce qui existe ou a existé et a fait ses preuves.

La fonction de jugement, c’est ce qu’on utilise pour faire la part des choses : notre grille de lecture pour évaluer ce qu’on trouve bien ou mal, important ou pas important.

> La pensée correspond aux procédés rationnels (vérification des faits, analyse logique), le sentiment à notre attirance personnelle pour des valeurs qui nous tiennent à cœur et dictent nos comportements.

Dans les deux cas, la préférence ne signifie pas qu’on ne possède qu’un des deux mécanismes, mais qu’il y en a un qui tend à l’emporter spontanément sur l’autre. Et que la manière dont le premier est utilisé, influe sur la façon dont va se colorer l’autre. Si par exemple, on a une intuition développée et tournée vers l’extérieur (extravertie), la sensation sera moins investie ou le deviendra seulement plus tard au cours de la vie, et tendra à être plutôt centrée sur soi et ses besoins (introvertie).

En suivant cette logique, 16 combinaisons sont possibles en tout. Ce sont les 16 types MBTI représentées par des codes en 4 lettres (INTP, ESFJ …). Sur les réseaux sociaux à l’international, il existe une vive culture populaire autour de ces archétypes, avec des représentations artistiques, des mises en scène …

> L’ennéagramme

L’ennéagramme est une typologie en 9 « bases » représentées par les chiffres de 1 à 9. Elle rend compte des « tâches de vie » : pour le dire simplement, les motivations qui nous animent dans la vie, les choses que nous avons apprises depuis l’enfance comme étant les plus importantes. Là encore, toutes peuvent nous toucher plus ou moins, mais on a logiquement un ordre de préférence, toutes ne peuvent pas être nos priorités en même temps.

L’ennéagramme et le MBTI évaluent des choses différentes et sont complémentaires, toutes les combinaisons entre l’un et l’autre sont possibles (certaines sont plus probables que d’autres).

Je m’arrête ici pour une présentation sommaire, qui vous donnera peut-être envie d’en savoir plus ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à vous documenter via des sites plus spécialisés, ils sont nombreux et souvent très accessibles.

> L’hypersensibilité est-elle liée à un type de personnalité ?

Aucun type de personnalité ne correspond 1 pour 1 au profil hypersensible, ni au HPI ou à un quelconque autre profil neuroatypique. On peut être hypersensible quel que soit son type de personnalité.

De la même façon, aucun ne correspond à une norme. En revanche, certains sont statistiquement plus fréquents que d’autres, ce qui peut expliquer le sentiment d’anomalie lorsqu’on a une personnalité plus rare et pas forcément des personnes dans son entourage qui la partagent.

Dans les groupes de personnes hypersensibles, quand la question est posée, on fait le constat que certains types de personnalité s’identifient davantage comme hypersensibles que d’autres. De plus, à la base, certains sont davantage intéressés par le fait de connaître et analyser sa personnalité, et aussi par les échanges virtuels.

Que ce soit sur le plan de la sensibilité, de l’intelligence ou de la personnalité, il existe en réalité autant de possibilités que de personnes. Tous les outils visent à circonscrire des « portraits-robots » pour pouvoir décrire les personnes au plus près de la réalité, et on peut en arriver à une précision assez bluffante ; mais la richesse de l’être humain est bien de ne jamais se limiter à des cases !

Les avantages de bien se connaître

> Pouvoir se décrire sans être dans le jugement

Disposer d’un vocabulaire pour se décrire, de façon factuelle, sans jugement positif ou négatif, aide aussi à avoir une meilleure estime de soi, un sentiment de légitimité. Plus on arrive à identifier ses besoins et caractéristiques, plus il nous sera facile de les expliquer et de les défendre face à une tierce personne.

Je pense ici aux personnes qui sont mal à l’aise quand il faut se présenter dans le contexte de la recherche d’emploi, ou qui ont vite l’impression que cela obligerait à « se vendre », mentir ou se comparer à autrui.

Pouvoir dire qu’on est « différent », et en quoi, c’est toujours plus constructif que de dire qu’on est « mieux » ou « moins bien ». Notamment pour exprimer ses besoins ou son ressenti dans une situation conflictuelle tout en reconnaissant ceux de l’autre. « Sur ce point, on est différents » est une phrase confortable qui permet de désamorcer beaucoup de situations tendues.

Dire qu’on préfère tel procédé cognitif ou que telle motivation compte pour nous dans la vie, c’est factuel. Aucun n’est meilleur qu’un autre (en revanche, il peut plus ou moins bien correspondre à un profil de poste par exemple, et du coup si on pense que ça peut bien coller, autant le mettre en avant plutôt que de lancer des qualificatifs bateau).

N’oubliez pas, si vous évaluez un poisson à sa capacité à grimper sur un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide !

> Une meilleure estime de soi

Si on manque d’estime de soi, se représenter soi-même peut être un bon exercice à faire, en utilisant les arts plastiques, le collage par exemple, ou l’écriture, le mind mapping.

Il y a quelque temps, j’ai été malmenée dans mon estime de moi par une grave maladie, dont les symptômes m’ont littéralement amenée à ne plus me reconnaître physiquement. Un soir de grande déprime, j’ai eu le réflexe de me dessiner : une première fois avec tout ce que je n’aimais pas à ce moment, en appuyant à fond sur tout ce qui me faisait mal et m’embêtait ; puis une deuxième fois comme j’espérais redevenir, en y mettant tout ce qui fait que c’est moi (et notamment les données de mon type de personnalité, mais aussi par exemple des choses positives qui m’ont été dites un jour sur moi …). Cela a libéré énormément d’émotions et m’a redonné la motivation de tenir.

Prenez un magazine et découpez tout ce qui vous fait penser à vous, ou à ce que vous aimez, ce qui compte pour vous : images, mots, phrases … Et prenez le temps de disposer tout cela sur une grande feuille pour composer un « portrait » de vous. Effet valorisation et prises de conscience garanti !

> Trouver avec qui on s’entend (ou pas)

Pouvoir caractériser les personnes qui nous entourent, ce qu’elles ont de commun ou de différent par rapport à nous, nous aide à moins tomber dans le piège de vouloir s’entendre avec tout le monde. Et surtout, si le rond ne rentre définitivement pas dans le carré, à ne pas en déduire que c’est nous le problème.

Si on y prend du plaisir, plus on s’habitue à cette gymnastique mentale, plus ça nous devient spontané et fluide. Il ne s’agit pas forcément de devenir des experts du typage, peut-être même pas forcément de tomber juste dans l’absolu, mais de prendre le réflexe de chausser ses lunettes d’observateur(trice) et de prendre du recul sur ce qui est difficile dans cette situation, sans tomber dans une accusation de soi ou de l’autre.

Cela aide aussi à identifier le « langage » de l’autre et à s’y adapter, à choisir avec qui on partage quoi. Par exemple, à quelqu’un qui préfère raisonner de façon très terre à terre, il est inutile d’exposer le détail de votre ressenti émotionnel dans l’espoir de mieux vous faire comprendre, cela ne l’aidera pas.

Et inversement, cela nous permet d’identifier ce dont nous avons besoin, et de repérer les personnes qui nous correspondent. Avec quels profils on s’entend bien ? Quels petits signes m’indiquent que chez cette personne, je suis au bon endroit ? Quel plaisir de découvrir ce qui se passe quand ça colle vraiment !

Et un jour, entourés de nos amis choisis, et forts d’un travail qui nous correspond, peut-être aurons-nous moins besoin de toutes ces béquilles. Peut-être arriverons-nous à nous dire que voilà, cette personne c’est juste nous, et que c’est chouette comme ça !

Vidéo : Qui suis-je, au delà de l’hypersensibilité

Auteur/autrice

  • Psychologue clinicienne hypersensible, ma passion est la connaissance de soi et des autres.

    "Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre"    - Marie Curie

🦥Le paresseux voudrait vous dire un petit mot (rien d'obligatoire)

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