
🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici
- C’est quoi exactement ? : C’est une croyance dont le principe est que “le positif attire le positif”, et qu’en formulant des affirmations positives elles se produiront dans la réalité. Cette méthode d’auto-suggestion, rappelle la méthode Coué. A l’inverse le fait de ressasser des pensées négatives fait que l’on vit des expériences négatives, ce qui est plutôt vrai. En effet les pensées négatives et les fausses croyances que l’on a sur nous-même ont un effet auto-réalisateur, comme si l’on se jetait un sort, comme de l’auto-sabotage.
- Le négatif est contagieux : Lorsqu’on a des pensées et des croyances négatives, inconsciemment on bloque la possibilité que du positif advienne. Pour autant on ne fait pas exprès de le faire, et ce n’est pas quelque chose que l’on peut décider d’arrêter de faire en un claquement de doigts. Il faut quelquefois se faire aider par un professionnel pour lever ses blocages. A l’inverse lorsqu’on parvient à ne plus être autant envahi par des émotions et pensées négatives, on aura tendance à moins procrastiner et davantage se mettre en action.
- La chance : Mais même lorsqu’on parvient à lever nos blocages et à être davantage positif, nous n’attirons pas pour autant le positif comme des aimants. Tout au plus nous cessons de bloquer le positif, ce qui est déjà pas mal. Pour autant il y a des choses que l’on contrôle, et des événements qu’on ne contrôle pas. Ce sont les facteurs externes comme la chance / malchance . C’est cette part d’aléatoire que la loi de l’attraction, telle qu’elle nous est présentée, nie délibérément.
- Le poids de la culpabilité : Ressentir des émotions négatives est quelque chose de normal, et on n’est de toute façon pas en capacité de manifester du positif en permanence. lorsqu’elles sont là, le mieux est est de les accueillir telles qu’elles sont : des émotions seulement passagères et qui ne définissent pas qui nous sommes. On a tout à fait le droit d’avoir un coup de mou et on n’a pas à se sentir coupable d’être simplement humains. Contrairement à ce que nos pensées négatives essaient de nous faire croire, on a de la valeur.
- La volonté ne suffit pas : Quand on est atteint d’addictions ou de dépression par exemple, c’est bien la “volonté” qui est altérée. Et c’est lorsqu’il y a une réelle prise en charge médicale , qu’on pourra commencer à s’appuyer dessus. En matière de santé et de pathologie, comme dans la vie, il ne suffit pas de vouloir. Selon le milieu dans lequel on évolue et notre santé mentale et physique, on n’a absolument pas le même degré de liberté.
- Cette injonction à être positif est culpabilisante pour tous ceux qui ne sont pas en capacité de l’être. Parce qu’on finit par oublier d’être empathique : chacun fait du mieux qu’il peut avec qu’il a entre les mains.
On attire qui on est ? Vraiment ?
Vous avez peut-être déjà entendu parler de la loi de l’attraction, qui est bien souvent résumée de la façon suivante : « le positif attire le positif ». C’est donc la croyance selon laquelle le fait d’avoir des pensées positives a pour effet d’apporter des expériences positives dans notre vie.
Bien souvent cela passe par le fait de formuler des affirmation positives afin qu’elles se produisent dans la vie réelle, c’est de l’auto-suggestion selon le même principe que la « méthode Coué« .
A l’inverse selon cette « loi », le fait de ressasser des pensées négatives fait que l’on vit bien souvent des expériences négatives.
C’est une idée que l’on retrouve un petit peu partout sur les réseaux notamment depuis le Covid, et qui revient également régulièrement sur les groupes Facebook d’hypersensibles. Et c’est pour cela que c’est intéressant d’en parler
Je précise d’emblée que cet article n’a certainement pas pour prétention de détenir LA vérité. La loi de l’attraction est une croyance à laquelle chacun(e) est libre d’adhérer ou non. L’article est là pour vous présenter des clés, pour vous aider à vous construire votre propre opinion sur ce sujet.

> Le négatif est contagieux
Et c’est vrai que le meilleure moyen d’essayer de répondre à cette question, c’est sans doute de prendre la question à l’envers. Et se demander ce qui se produit lorsqu’on est envahi de pensées et de croyances négatives.
Et il faut bien avouer qu’il est difficile de donner tort à la loi de l’attraction, concernant en tout cas le négatif. Les pensées négatives et les fausses croyances que l’on peut avoir sur soi-même ont clairement un effet auto-réalisateur.
Si par exemple vous êtes persuadé que vous allez échouer à un examen, vous allez probablement de façon inconsciente vous auto-saboter en ne travaillant pas correctement, ou en vous stressant jusqu’à perdre vos moyens par exemple.
Les croyances négatives ont ça de particulier qu’elles finissent par dessiner une réalité, comme si on se jetait un sort. Et comme cette réalité vient coller parfaitement à ce que vous pensez de vous-même, alors il sera difficile d’en sortir.
Si vous pensez de vous que vous ratez tout et que « vous êtes nul », et qu »n plus vous vivez ce qui vient de vous arriver comme un échec, alors cela vient davantage renforcer votre croyance. C’est une espèce de boucle dans laquelle on s’enferme sans bien souvent en avoir conscience.
Lorsqu’on a des pensées négatives et des fausses croyances, on bloque (de façon inconsciente) le fait que du positif puisse advenir. Et même si par chance il advenait il n’est pas du tout certain que nous soyons en capacité de le voir.
Parce que les fausses croyances que l’on peut avoir sur nous-même finissent par s’ancrer en nous. Jusqu’à qu’on en oublie même qu’il s’agit d’étiquettes que l’on s’est collés et qu’il est possible de décoller.
Seulement cela demande à effectuer un travail sur soi, souvent avec l’aide d’un professionnel afin de parvenir à sortir de ses croyances négatives sur nous-mêmes et d’en créer de nouvelles.
On le verra un peu plus loin dans l’article, mais il n’y a rien de plus naturel que de vivre des émotions négatives et même d’avoir parfois des pensées négatives. On ne peut de toute façon pas être positif tout le temps, c’est une réalité qui n’existe pas.
Il est donc important de s’enlever toute culpabilité pour le fait de ressentir des émotions qui font de nous êtres humains sensibles voire hypersensibles.

> Pour le positif c’est plus compliqué
Selon cette même loi de l’attraction « le positif attire le positif », ce qui est sans doute à la fois partiellement faux et partiellement vrai. Là aussi je vous propose d’y réfléchir en essayant de raisonner à l’envers.
Et il est vrai que lorsqu’on a moins de fausses croyances sur nous-même, que l’on a même un minimum de confiance en nous. Lorsqu’on parvient même à ne pas être envahi par des émotions et des pensées négatives, on est à peu près certain d’attirer moins de négatif, en tout cas moins souvent.
Simplement parce que nous avons commencé à remplacer des croyances négatives par des plus optimistes. il y a des chances également que l’on se soit davantage mis en action et donc qu’on soit en train d’évoluer, lentement mais sûrement.
Cela ne nous empêchera pas de procrastiner, ni de vivre d’éventuels échecs. Mais comme notre façon de penser n’est plus la même, on verra l’échec comme une opportunité d’apprendre quelque chose.
Parce qu’il arrive parfois ce que l’on vit comme un échec est bien souvent un obstacle à franchir pour pouvoir continuer d’avancer.
Vouloir changer de travail, ou vouloir mettre fin à son couple ne sont pas forcément des échecs. Ils sont sans doute simplement le signe que vos aspirations ne sont plus les mêmes que celles de votre moi du passé, c’est donc que vous êtes en train d’évoluer.
Comme pour le négatif tout à l’heure, ce n’est donc pas tant que nous attirons le positif comme des aimants. C’est plutôt que l’on cesse enfin de bloquer le positif, et de s’auto-saboter.
Et c’est plutôt logique qu’à partir du moment où on enlève les peaux de banane sur son chemin, on tombe moins souvent.
Pour autant et vous l’avez remarqué, dans la vie il y a des choses qu’on ne contrôle pas, à tel point qu’elles se passent rarement comme on les avait prévus. Parce qu’il y a toujours des facteurs externes qui rentrent en ligne de compte.
C’est en cela que la façon dont est souvent présentée la loi de l’attraction n’est pas forcément la réalité. Elle a tendance à nier ces facteurs externes, et notamment le facteur aléatoire / chance.
Encore une fois il s’agit simplement d’un opinion, je ne prétends pas détenir la vérité sur la question. Mon but est de vous donner des éléments de réflexion puisque vous puissiez à votre tour bâtir votre propre opinion sur la question.
En réalité ce qui pose souci avec la loi de l’attraction, c’est quand elle devient une injonction. Lorsqu’on nous explique l’on doit être positif et qui finit par nous fait sentir coupable lorsqu’on n’y parvient pas.

Ressentir des émotions négatives est normal
Et pourtant, quoi de plus naturel que de ressentir des émotions négatives comme la colère, la tristesse, le stress ou même l’anxiété par exemple ? On ne peut pas faire comme si ces émotions n’existaient pas et les mettre sous le tapis, parce qu’en faisant cela on ne fait que les refouler.
Et des émotions même refoulées ne disparaitront pas, elles finiront par réapparaitre d’une autre façon, souvent sous forme de symptômes.
Lorsque des émotions ou des pensées négatives sont là, on n’est pas en capacité de manifester du positif et c’est bien normal. Et on n’a pas à se sentir coupable de nos ressentis.
Le but est même d’accueillir cette émotion, même si elle est inconfortable. En marquant cette pause, ce recul, cela permet d’identifier ce que l’on ressent et de mettre un mot dessus.
Accueillir cette émotion pour ce qu’elle est, permet petit à petit de s’en détacher. Ok nous ressentons de la colère, de la tristesse ou de l’anxiété sont bien là, mais elles ne nous définissent pas pour autant.
C’est la même chose pour les fausses croyances bien souvent négatives que l’on peut avoir sur nous-même, et qui du fait de notre histoire personnelles sont comme des étiquettes que l’on pense impossible à décoller. On ne peut évidemment pas décider du jour au lendemain de ne plus les avoir.
Comme on l’a évoqué précédemment c’est un travail sur soi qui prend du temps, qui nécessite parfois l’aide et le suivi d’un thérapeute. Parce qu’il y a bien souvent des blessures non guéries et des blocages à libérer.
Alors lorsque certains résument les choses en laissant entendre qu’il suffit d’être positif pour attirer le positif, et que c’est avant tout une histoire de volonté de motivation, le fameux « quand on veut on peut ». Il n’est pas très étonnant que toutes les personnes qui ressent du négatif puissent se sentir coupables et honteuses.
Parce qu’en matière de santé mentale, comme dans d’autres domaines il ne suffit pas de vouloir.
Il faut dire aussi que cette société se dit basée sur la méritocratie. En clair selon cette façon de pensée très répandue, on fait reposer le mérite de quelqu’un sur le travail fourni, son talent et sur une notion qui revient souvent et qui est pourtant très floue : la volonté.
L’ennui avec cette façon de penser c’est qu’elle crée des biais. Notamment le fait que l’on soit tenté d’attribuer son succès ou sa réussite à son mérite, en sous-estimant tout cause externe comme la chance par exemple. Et qu’à l’inverse, il y a un biais qui nous fait attribuer nos échecs uniquement à des facteurs externes (comme la malchance).
Si vous voulez creuser davantage ce sujet, cette vidéo d’Hacking Social explique bien ces notions et ces biais.

La maladie n’est pas un choix
Cette notion de mérite qui est donc déjà très contestable dans la vie réelle l’est encore davantage quand on parle de santé mentale.
Parce qu’en matière d’addiction, c’est bien la « volonté » qui est altérée. Par exemple une personne qui consomme de l’alcool de façon excessive et addictive, jusqu’à mettre sa santé en danger, ne peut pas arrêter de l’être par la seule force de sa volonté.
Comme lorsqu’on dit à une personne dépressive de se « bouger », alors qu’il s’agit d’une maladie qui justement altère la « volonté ».
Cela ne veut pas dire que ces personnes ne puissent pas guérir de la pathologie, mais la volonté, la motivation ne peut commencer à revenir que dans le cadre d’un processus de guérison, d’une réelle prise en charge de leur maladie.
Notre vécu et nos conditions de vie ont également un impact important sur notre santé mentale et psychiques. Par exemple des études montrent que les personnes précaires sont bien davantage exposées aux troubles anxieux et la dépression, comme l’indique ce rapport de la Haute Autorité de Santé. Et même si des dispositifs publics existent, ils semblent être bien insuffisants au regard des besoins.
Comme il est illusoire, selon moi, de penser que notre vie sera la même si on évolue dans un milieu privilégié, ou dans un milieu modeste. On n’a évidemment pas le même degré de liberté dans ces choix.
Ce qu’on voit en revanche c’est qu’en matière de santé mentale encore plus qu’ailleurs, comme on l’a vu la volonté ne suffit pas.
Et qu’au delà de ça la réalité que l’on perçoit toutes et tous, quel que soit son statut social et son état de santé, c’est que chacun fait comme il peut avec les outils qu’il a entre les mains. On fait donc de notre mieux, et comme tout est cyclique certaines périodes seront clairement plus difficiles que d’autres.
Admettre cela, c’est déjà faire une bonne partie du chemin.
Parce que cela permet de laisser côté cette injonction à être positif qui est culpabilisante pour tous ceux qui ne sont pas en capacité de l’être. C’est cette vision centrée sur la volonté et le mérite du « quand on veut on peut », qui finalement nous empêche de comprendre qui nous sommes vraiment.

Vidéo : Le problème avec la loi de l’attraction
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