Hypersensibles : Comment survivre à ses collègues de travail ?

relation collègues de travail

🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici

  1. Les relations nous prennent de l’énergie : En tant qu’hypersensible, on a naturellement envie de relations harmonieuses, ce qui n’est pas toujours possible dans un monde du travail aux multiples contraintes. On aura tendance à focaliser sur ce que d’autres jugeront comme des détails. Jusqu’à même parfois se faire des films et rentrer dans les suppositions souvent erronées. Et ce n’est pas toujours simple de revenir à la réalité.
  2. On ne peut pas s’entendre avec tout le monde : Notre besoin ou notre envie de s’entendre bien avec tout le monde, se heurte à la réalité parfois douloureuse. Comme dans la vie perso, certaines personnes vous seront moins sympathique que d’autres et c’est ok. Nous n’avons pas à prendre, plus que l’autre, la responsabilité des relations ; ni la prise en charge d’éventuels conflits. Nous ne sommes responsables que de ce que nous disons et faisons, en faisant au mieux pour rester poli et professionnel.
  3. Le monde pro est un système : Comme dans une famille, Quand on arrive dans un nouveau contexte pro, il y a déjà système dans lequel chacun joue un rôle plus ou moins déterminé. Il y a déjà des sympathies, des groupes et bien souvent aussi des divisions (par exemple entre les anciens et les nouveaux). Plus on reste et plus on devient une partie de ce système. Mais parfois quoi que l’on fasse on est systématiquement à la mauvaise place, surtout lorsqu’on est dans une organisation dysfonctionnelle.
  4. La malveillance existe : Au travail, il peut arriver que l’on doive côtoyer des personnes peu équilibrées, qui se comportent de façon manipulatrice. Une telle personne peut à elle toute seule totalement désorganiser et créer un climat insupportable pour les autres, parfois même jusqu’au harcèlement. Il sera important de tout tracer, d’enregistrer afin de vous protéger et bien-sûr de dénoncer ces agissements.
  5. Vous avez de la valeur : Gardez en tête que vous avez les compétences nécessaires pour exercer votre travail. Et quand bien même vous reconcentreriez des difficultés sur certains points, cela ne justifie pas d’être mal traité(e). Dans ce cas le problème ne vient pas de nous. Et lorsqu’on a eu d’autres expériences positives par le passé, on peut encore plus facilement avoir conscience de sa propre valeur.
  6. S’appuyer sur les ressources : Échanger avec des collègues de confiance, pouvoir s’appuyer sur ses proches, et même avoir des activités en dehors du travail ; peuvent aider à relativiser et aident à retrouver de l’énergie lorsqu’on se sent épuisé. N’hésitez pas à solliciter de l’aide notamment médicale si vous en ressentez le besoin. Ce recul peut vous aider à voir que d’autres chemins sont peut-être possibles pour vous.

L’entente avec les collègues de travail est une thématique récurrente sur les groupes d’hypers. Souvent au point de déterminer l’envie de rester sur un poste ou d’en changer (personnellement, cela a motivé la majorité de mes changements de poste).

Et inversement, on passe beaucoup de temps au travail, on s’y investit, donc c’est aussi un vivier de relations sociales, amicales voire parfois amoureuses, et source de satisfaction quand ça se passe bien. En réalité, les collègues de travail sont probablement les personnes avec qui nous passons le plus de temps dans une journée. Il est donc logique que l’ambiance, la tonalité des relations jouent sur notre qualité de vie.

Quand on est introverti(e), le travail prend une grande place dans la vie sociale à plus forte raison, car on n’a pas forcément le temps et l’énergie d’entretenir en plus une foisonnante vie sociale à côté.

Notre esprit d’hyper et les relations sociales

> Les inquiétudes relationnelles

Pour nombre d’entre nous, les relations aux autres sont une source inépuisable de préoccupation. Et le monde du travail, par définition, nous engage dans de nombreux contacts, et pas toujours dans de bonnes conditions : contraintes de temps, injonctions multiples, fatigue physique ou émotionnelle, divergences d’opinion ou de façon de travailler … De fait, on va être parfois confrontés à des moments relationnels plus difficiles que d’autres. C’est logique et c’est le cas pour tout le monde, pour autant cela risque de mettre notre esprit d’hyper en souffrance.

On peut avoir tendance à se focaliser sur quelque chose qui pourrait être un détail pour quelqu’un d’autre. Par exemple, une personne qu’on va appréhender de croiser, au point de l’anticiper le matin en y allant, d’y repenser après … Ou un infime changement de comportement : pourquoi ce matin, Sophie ne m’a-t-elle pas dit bonjour comme d’habitude ? On risque de passer la journée à y penser en envisageant toutes les hypothèses.

On est ici dans des suppositions, et s’il y avait un conseil à donner, ce serait sans doute de ne pas leur donner plus de place que nécessaire. On peut essayer de revenir davantage à la réalité concrète (ça peut commencer par la respiration, la prise de conscience des appuis du corps). En vrai, pour un événement qui vous soucie, combien d’autres se sont passés sans encombre ?

relations avec les autres énergivores

> On ne peut pas s’entendre avec tout le monde, ça ne se décide pas

Beaucoup de chemins mènent à la réussite, mais un seul mène immanquablement à l’échec, celui qui consiste à tenter de plaire à tout le monde.

Benjamin Franklin

C’est vrai dans le monde scolaire, les amitiés, les rencontres amoureuses et aussi dans le travail : vouloir s’entendre avec tout le monde risque malheureusement d’être une aspiration utopique. Inversement, tout le monde n’aspire pas à devenir notre ami(e) non plus ; à la base, on est là pour réaliser des tâches, pas pour se faire des amis. Pour certain(e)s, ça va être ok comme ça, il y a des personnes qui séparent volontairement la vie professionnelle et personnelle. Pour d’autres il peut y avoir des sympathies ou des antipathies qu’on ne choisit pas tellement.

Dans un sens comme dans l’autre, d’ailleurs, puisque de notre côté, certaines personnes vont aussi nous être moins sympathiques que d’autres. Bien sûr, ça mérite parfois un deuxième regard. Mais s’il se confirme, rien ne nous oblige à culpabiliser de ce sentiment ni à redoubler d’efforts envers ces personnes. Et inversement, il est tout à fait légitime d’aller davantage vers celles avec qui on le sent bien.

Nous n’avons aucune obligation de prendre la responsabilité des relations plus qu’un(e) autre. Pas plus que dans les relations personnelles, nous n’avons à endosser, par exemple, une place de sauveur. Dans une entreprise, la gestion des situations appartient à la direction. C’est elle qui prend les décisions et doit en assumer les conséquences. Nous pouvons faire part de nos observations, mais si elles ne sont pas prises en compte, nous n’avons pas à compenser en donnant de notre personne.

Nous ne sommes responsables que de ce que nous émettons, et d’être de notre côté, professionnels et corrects. Nous n’avons pas d’obligation d’aller vers les autres, notamment, en nous contraignant à déjeuner ensemble par exemple, alors que cela nous ferait du bien de rentrer manger chez nous. Et quand on ne s’entend pas avec quelqu’un, peu importe la raison, il est tout à fait possible de l’éviter au maximum et de limiter les échanges au plus factuel.

En réalité, quand on arrive à bien passer et à avoir des rapports de courtoisie avec tout le monde, c’est déjà très bien ! Et si dans le lot, il y a quelques personnes avec qui il se crée réellement des affinités, alors ce n’est que du bonus !

impossible de s'entendre avec tout le monde

L’équipe ou l’entreprise est un système

Un peu comme la famille, l’équipe de travail ou l’entreprise est un système dans lequel chaque élément joue un rôle plus ou moins déterminé, et pas seulement en termes de fonction. Quand on arrive sur un nouveau lieu de travail, on est une pièce de puzzle pour laquelle toutes les places ne sont pas immédiatement disponibles. Et ce n’est pas notre faute, parce que nous sommes trop ceci ou pas assez cela ; ça peut avoir de multiples autres raisons.

A notre arrivée, il y a déjà des groupes et sympathies qui existent. C’est souvent une exploration de se rendre compte de ce qui est déjà en place, des alliances entre certains et des incompatibilités entre d’autres. On a besoin d’un temps d’observation pour déduire déjà le « mode d’emploi » de l’existant.

Souvent, dans une équipe, il y a des divisions, par exemple « les anciens / les nouveaux ». L’être humain est ainsi fait qu’il ressent souvent le besoin de différencier, d’une façon ou d’une autre, « soi » et « autrui », « nous » et « les autres ». Cela ne part pas d’une intention méchante, cela découle du besoin qu’on a de se donner une identité et de rechercher ses semblables, ce qui par définition dessine un « portrait en creux » de ce qu’on n’est pas (en nous disant hypersensibles et pas les autres, nous ne faisons pas autre chose).

Parfois, on est systémiquement à la mauvaise place : qui qu’on soit, quoi qu’on fasse, ce sera mission impossible, par exemple parce que la personne qu’on remplace reste idéalisée, parce que cette place devait revenir à quelqu’un d’autre, ou parce qu’on a été recruté(e) par la précédente direction tombée en disgrâce.

Les bonnes relations se tissent aussi dans le temps : plus longtemps on reste sur un même lieu de travail, plus on devient une partie du système institué, un repère pour les autres, et plus on développe aussi ses propres réseaux. Pour moi, par exemple, accueillir les nouveaux arrivants ou des stagiaires et pouvoir les aider à prendre leurs marques, a toujours été un bon moyen de nouer des contacts positifs.

Et puis, il faut bien le dire, il y a des lieux de travail dysfonctionnants, et des personnalités malveillantes qui en profitent pour créer de la déstabilisation.

monde pro est un systeme

Les malveillances et les contextes négatifs dans le monde du travail

Les fameux pervers narcissiques, ou les personnes simplement peu équilibrées, n’existent pas que dans les relations amoureuses. Au travail, nous ne sommes pas à l’abri non plus d’en rencontrer. Et quelles que soient nos qualités personnelles ou les trésors que nous déployons pour qu’elles nous apprécient, ces personnes risquent de nous attaquer et de nous mettre en difficulté. Parce qu’elles fonctionnent comme ça, tout simplement.

J’ai rencontré à plusieurs reprises des personnes intelligentes, à première vue très professionnelles et appréciées des responsables, qui mettaient une énergie impressionnante dans le fait de tenir des « dossiers à charge » contre chaque collègue et d’attendre le bon moment pour faire des révélations compromettantes plus ou moins vraies, s’attirant ainsi la peur des autres et donc une forme de soumission : tout le monde essaie d’être en bons termes avec elles, pour ne surtout pas devenir la prochaine cible.

L’identifier est déjà une bonne chose ; car ces personnes se nourrissent précisément du fait qu’on hésite, qu’on a l’impression d’être seul(e) dans le collimateur et qu’on se demande pourquoi, que personne n’ose en parler, etc. Quand on arrive à s’en ouvrir à d’autres et qu’on constate que le problème est partagé, c’est déjà un grand soulagement. Et le premier pas vers des réponses concertées.

Un tel individu suffit à créer un climat délétère sur un service et à le désorganiser. Et même lorsqu’on a identifié ses agissements, il est souvent ardu de les démontrer objectivement et de pouvoir l’empêcher de nuire. (Un conseil : tenez de votre côté un journal écrit de tous les incidents, même petits ! Le jour venu, ce type de « traçabilité » mise bout à bout sera très utile … et même pour vous, cela reste une réassurance pour les jours de doute !)

Si le climat socio-économique est instable, il est également plus probable de retrouver des phénomènes d’anxiété, de méfiance les uns vis-à-vis des autres, d’insécurité attisant la comparaison et la concurrence. Si le travail ne suffit pas à obtenir une reconnaissance et une sécurité, alors forcément tous les autres aspects prennent une importance indue.

Enfin rappelons-le, le harcèlement professionnel, le harcèlement moral ou sexuel au travail, sont également des réalités. Et quand on en est victime ou témoin, il n’y a pas de questions à se poser : ce sont des délits punis par la loi, qu’il appartient à l’employeur de prévenir et qu’il est nécessaire de dénoncer.

malveillance existe monde du travail

Qu’est-ce qui peut nous aider dans ces situations ?

> Connaître sa valeur

C’est d’autant plus le cas qu’on est à l’aise et expérimenté(e), qu’on a eu d’autres expériences positives. Comprendre que le problème ce n’est pas soi, est d’autant plus facile si on a vécu des situations où c’était différent. Sans pour autant que les autres situations aient été idéales, peut-être ce problème-là ne se posait-il pas sur un autre poste. Non, on n’est pas trop jeune/vieux/pas assez souriante/(autre critère à votre discrétion) …, on est probablement dans un système qui ne nous a juste jamais donné l’occasion d’être autre chose.

Dans ma cuisine, il y a un tableau avec des petits mots qui m’ont été adressés lors d’un départ. Ces témoignages de sympathie m’aident grandement à me rappeler que même si une autre situation se prête moins au contact social, je suis une personne en général humainement appréciée.

Mais même le fait d’avoir obtenu le diplôme requis, et de tenir une traçabilité de son propre travail, peuvent déjà être des éléments de réassurance : on fait bien ce pour quoi on est là. Et si on n’est pas à l’aise sur certains points, il est possible d’en parler et de demander des informations ou des formations complémentaires. Cela ne justifie en aucun cas qu’on soit incorrectement traité(e) ou pas apprécié(e).

connaitre sa valeur au travail

> Se recentrer sur l’essentiel

Quand la pensée part ainsi dans tous les sens ou que les émotions nous envahissent, la meilleure façon de retrouver un peu de terre ferme sous les pieds, c’est de revenir aux basiques, au factuel. Quel est le but de notre poste ? Quelles sont les tâches à accomplir, les résultats attendus ?

De façon générale, mais a fortiori si tout n’est pas clair sur ce plan, l’idéal est de veiller à laisser des traces de notre travail. Si nous devons produire des écrits ou une traçabilité, ou simplement une production concrète, le faire nous rend inattaquables. Cela ne garantit pas de bonnes relations avec les collègues de travail, mais cela permet de garder une stabilité et un sentiment de légitimité, et d’avoir une réponse sous le coude à d’éventuelles attaques.

> Avoir des relations satisfaisantes par ailleurs

Etre heureux(se) en couple, famille ou avec des amis autres, avoir des passions à côté de son travail, tout cela permet de relativiser et de regagner de l’énergie lorsque les relations au travail nous épuisent. Avoir ne serait-ce que quelques collègues avec qui on s’apprécie, est également une compensation salutaire.

Pour ma part, j’ai toujours aimé travailler sur plusieurs sites : cela permet de relativiser ce qui peut mal se passer à un moment ou à un endroit.

Car dans le cas contraire, les problèmes tendent à se démultiplier et à nous donner réellement l’impression qu’on les attire, qu’on y est pour quelque chose. Et lorsqu’on est déjà fragilisé(e) par une situation d’emprise ou d’isolement dans un domaine, on peut malheureusement devenir d’autant plus une cible pour des personnes malveillantes dans un autre.

> Chercher de l’aide

Face à des dysfonctionnements objectivables ou à de la malveillance caractérisée, il est légitime et souhaitable d’utiliser les recours qui existent. Que ce soit en interne (en parler à un supérieur ou à quelqu’un dans une fonction ressource) ou en externe (comme la médecine du travail ou les instances de protection des salariés).

A son niveau personnel également, il ne faut pas hésiter à rechercher les ressources, actions, lieux, personnes … qui peuvent nous aider. A commencer par notre médecin traitant ou un autre professionnel de santé en qui nous avons confiance. Il n’y a pas de honte à cela : au contraire, en faire un objet de honte, d’interrogation ou de secret, serait finalement lui donner une place qui ne lui revient pas. C’est un problème qu’on rencontre à un moment donné et qui appelle une solution. Savoir que cela se passe mal au travail à un moment, est une information à prendre en compte sur notre état moral et physique.

> S’autoriser à chercher autre chose

La génération de nos parents était très attachée à trouver un travail pour la vie. Dans le monde actuel c’est beaucoup moins pertinent, il est désormais dans l’ordre des choses d’avoir plusieurs expériences au cours d’une vie, et même des métiers différents. Et c’est salutaire : le travail n’est pas fait pour être une fin en soi, comme le pointe Julia de Funès notamment. Il faut être clair, le travail nous sert à assurer notre subsistance financière ; si on s’y épanouit, tant mieux. Dans le cas contraire, rien ne nous oblige à faire rentrer un rond dans un carré.

Tout comme un(e) partenaire n’est pas forcément fait(e) pour nous, ou peut ne plus nous correspondre dans le temps, un travail donné peut, à un moment, ne pas ou plus être en adéquation avec notre profil et nos besoins. Tout le monde n’est pas fait(e) pour tout faire, ni pour s’intégrer partout, et c’est normal. Parfois on doit essayer plusieurs fois avant de trouver quelque chose qui nous convient, c’est vrai dans tous les domaines.

Un travail ça se remplace, ça se retrouve. Aucun travail ne nous est si indispensable qu’il mérite qu’on pleure, qu’on perde la santé ou le sommeil. Si vous avez des symptômes de cet ordre, c’est sans doute le moment de vous retourner pour chercher ailleurs. Ne serait-ce que pour visualiser ce qui existe et s’ouvrir à autre chose.

ressources monde du travail

Vidéo : Hypersensibilité et collègues de travail

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