
🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici
- Ce sont des prédictions négatives : En tant qu’hypersensibles, on est souvent attentif aux détails et donc on remarquera le moindre changement. Le fait que notre cerveau soit autant “au taquet” fait que l’on peut rapidement (et parfois sans s’en rendre compte), interpréter les paroles et les actes de quelqu’un. Cela peut venir nous bousculer, et la peur peut nous pousser à imaginer les pires scénarios possibles.
- Faire des suppositions positives : Les suppositions ne sont pas la réalité, alors dès que possible prenez un temps de calme. Cela permet d’avoir le recul nécessaire sur vos pensées, et vous rendre compte que vous êtes sorti de la réalité. Pour compenser essayer de faire des suppositions positives, parce qu’après tout les choses peuvent aussi bien passer. Cela permet de rééquilibrer les choses et d’avoir une perspective qui correspond davantage à la réalité.
- Posez des questions : En tant que personne empathique, on aurait envie que l’autre nous comprenne spontanément, sans qu’on ait besoin de lui expliquer. Malheureusement l’autre n’est pas dans notre tête et il y a certaines choses qui ne peuvent pas être devinées. Donc poser des questions à l’autre permet de ne pas avoir besoin d’interpréter et d’être davantage dans le réel. Bien-sûr l’autre peut choisir de se connecter ou non à vous.
- L’observation : Le fait d’avoir posé des questions (si on a jugé que c’était nécessaire), fait que l’on sort de la supposition pour être vraiment dans l’observation d’une situation. L’observation est quelque chose d’objectif, on n’est plus dans l’interprétation ni dans le jugement. Et sauf mauvaise foi, tout le monde sera d’accord avec cette observation, on est donc davantage dans le réel, que lorsqu’on suppose les choses.
Pourquoi est-ce qu’on fait des suppositions ?
> Les hypersensibles sont attentifs aux changements et aux détails
Le truc avec les suppositions, c’est que cela se produit très vite et souvent même sans que l’on s’en rende compte. Et en réalité et pour peu qu’on en ait l’habitude, on a toutes et tous vite fait d’interpréter les actions ou les propos de quelqu’un.
Pour un cerveau d’hyper, c’est sans doute encore davantage le cas, parce que notre cerveau a tendance à être « au taquet ». On est bien souvent bien plus attentifs aux changement et aux détails, et on y est bien plus sensible.
Peut-être que vous vous êtes déjà fait des films, parce que la façon de répondre de la personne n’est pas comme d’habitude. Sa réponse vous semble plus froide que d’habitude, ou bien quelque chose cloche dans son attitude.
En réalité c’est logique que ça vienne nous titiller. C’est le fait de remarquer ce genre de petits changements même infimes de façon aussi claire et précise, qui vient nous perturber.
Et inévitable cela vient bousculer ce qu’on sait et on connait de la personne, ou en tout cas ce qu’on pensait connaitre.
A ce moment-là notre cerveau se transforme en cinéaste et se met à imaginer des scénarios, on se fait littéralement un film dans notre tête. Et vous avez sans doute remarqué que l’histoire que vous vous racontez, elle est rarement très très optimiste.
C’est même plutôt l’inverse, et le problème de l’interprétation que vous avez d’une situation, c’est qu’elle peut être source de conflits. C’est logique parce qu’il y a une confusion qui se crée entre ce que dit ou fait l’autre personne, et l’interprétation qui en est faite.
Dans le livre de Don Miguel Ruiz « les 4 accords toltèques », le 3 ème accord consiste justement à « arrêter de faire des suppositions ». Justement parce qu’elles créent de la distance et du conflit avec l’autre.
Seulement il n’est pas si simple de sortir des suppositions, et surtout des prédictions négatives.
> Ce sont surtout des prédictions négatives
Faire des suppositions ne serait pas si grave, si elles étaient systématiquement positives. Le vrai problème dans le fait d’interpréter ce que dit ou fait l’autre, c’est que ça penche très souvent du côté du négatif.
Pour reprendre notre image du petit cinéaste dans notre tête, c’est bien souvent un film catastrophe que l’on produit. Vous les connaissez ce genre de films, où on doit survivre à des tornades, des tremblements de terre ou des monstres.
Là bien-sûr ce ne sont pas ces extrèmes-là, mais quelquefois on en est pas si loin.
On est nombreux (et je m’inclus dedans) à s’être imaginé qu’il est arrivé quelque chose de grave, juste parce qu’on n’avait pas de nouvelles d’une personne. Pour peu que vous soyez d’une nature anxieuse, ce sont des choses qui peuvent se produire.
Bien-sûr après coup l’explication est toute autre, et on peut se sentir parfois un peu honteux d’avoir sur-réagi. Alors qu’il n’y a pas se sentir honteux de quelque chose qui est ancré en nous et qu’on ne contrôle pas vraiment.
C’est le problème quand les hypersensibles essaient d’anticiper ce que pourrait être l’avenir, on se met inévitablement à penser à tout ce qui pourrait mal se passer plutôt qu’au positif. Et bien souvent aussi on le fait aussi pour nous, concernant nos propres choix.
Je vais prendre un exemple, qui parlera sans doute à pas mal de monde.
Vous avez peut-être en tête de quitter votre travail dans lequel vous avez fait le tour ou bien dans lequel vous vous sentez mal. Et bien souvent ce qui va vous empêcher de franchir le pas, c’est la peur qui remonte la surface avec son lot de suppositions et de prédictions négatives.
Vous savez les : « Et si je retrouve pas de travail, et si je m’en sors pas financièrement, et si dans ma prochaine boite l’ambiance est pourrie, et comment je fais si mon activité d’indépendant ne marche pas ? ».
Attention ça ne veut pas dire qu’il faut partir de son travail d’un claquement de doigts, ce sont des décisions à ne pas prendre à la légère et il faut effectivement faire de son mieux pour que ça se passe bien par la suite.
Ce que je veux surtout mettre en avant ici, c’est que tous ces « et si … » qui sont l’expression de peurs, et qui viennent couper la relation que vous avez avec vous- même. Ce sont les mêmes « et si », les mêmes suppositions négatives, qui nous coupent des relations avec les autres.
Et le premier pas pour essayer d’en sortir c’est déjà de prendre du recul pour en prendre conscience.
1 Prendre conscience qu’on est sorti de la réalité
Cela parait tout simple et pourtant c’est probablement ce qu’il y a de plus difficile à faire. D’arriver à prendre conscience que ce sont nos pensées négatives qui nous jouent des tours, et que ça n’est pas la réalité.
C’est difficile parce que ça demande à prendre du recul sur la situation et sur soi-même bien entendu.
Pour parvenir à prendre ce recul et ce calme, on peut simplement se concentrer sur sa respiration, ce qui aide à calmer le flux des pensées. Il existe d’autres façon de calmer ses pensées pour parvenir à lâcher prise, comme marcher en pleine nature, méditer, pratiquer une activité artistique ou physique ou encore lire ..
Une fois le calme revenu, on se rend compte qu’on était parti dans nos pensées et qu’on avait quitté pour un temps la réalité. A ce moment-là ce qui peut peut-être aider d’essayer d’imaginer d’autres interprétations possibles.
2 Formuler des suppositions positives
Pour reprendre notre exemple de la personne qui envisage de changer de travail, on peut aussi formuler des suppositions positives.
« Et si je trouvais mieux que que mon boulot actuel, plus intéressant. Et si ça se trouve l’ambiance avec les collègues sera meilleure et le management moins toxique. Et si ma future activité d’indépendant me permettait de me dégager suffisamment pour vivre. »
Et vous voyez que de suite ça vient davantage équilibrer une chose et transformer une prédiction négative, en quelque chose de plus réaliste. Parce que oui, ça peut aussi bien se passer, et c’est important de ne jamais le mettre de côté.
Et c’est d’ailleurs ce qu’on espère quand on parvient enfin à franchir le pas qu’on a mis du temps à franchir, c’est parce qu’au fond on pense que ça va s’améliorer.
C’est ce qui produit quand on met fin à une relation de couple par exemple. On fait le choix de sortir d’une relation, parce que celle-ci ne nous convient pas.
Et cette décision, elle est bien souvent murement réfléchie, on a fait le constat que notre relation actuelle ne fonctionnait pas et ne nous convenait pas. et bien-sûr cette décision est difficile à prendre, parce qu’elle demande à faire de deuil de la relation, de ce en quoi on croyait.
C’est là qu’on fait des suppositions et qu’on peut s’imaginer le pire, que ça sera difficile sur le plan affectif, ou financier parfois.
C’est lorsqu’on parvient à opérer une bascule en soi, qu’on se met à prendre la décision. On prend la décision, parce qu’ au fond on a l’espoir et l’envie que ça soit mieux.
C’est l’idée des suppositions positives, c’est de parvenir à recréer un équilibre entre positif et négatif qui correspond davantage à la réalité. Et qui permet de prendre des décisions importantes, et jamais à la légère.
Le bon réflexe afin d’éviter de faire une mauvaise interprétation ou d’en sortir, c’est de poser la question à l’autre.
3 Pour sortir des suppositions : posez des questions
Quand on a pris l’habitude de supposer les choses plutôt que de demander directement à la personne, il n’est pas évident de faire cette bascule-là. Pourtant c’est un changement bon à tester, car il ne peut qu’être bénéfique.
Ce qui peut nous empêcher, c’est souvent l’envie que l’autre nous comprenne spontanément.
S’agissant des relations de couple pour les hypersensibles notamment, on est souvent dans notre vision d’une relation idéalisée. Et on voudrait que l’autre nous comprenne et devine de lui-même ce qu’on a en tête et ce qui est important pour nous, sans même lui dire.
Même si dans une certaine mesure cela pourrait être souhaitable, et c’est souvent la preuve d’une bonne capacité d’écoute et d’empathie de la part de l’autre. C’est aussi placer la barre à une hauteur, trop haute pour être atteinte par qui que ce soit.
Même avec la meilleure volonté du monde, l’autre n’est pas dans votre tête. Et si vous êtes hypersensible que l’autre ne l’est pas, il y a de grandes chances que vos besoins et vos façons de fonctionner soient très différentes.
Et même si vous êtes vous-même quelqu’un de très empathique, comme le sont souvent les hypersensibles. Vous ne pourrez jamais deviner ce que pense l’autre et quelles sont ses attentes, s’il ne les exprime pas.
D’où l’intérêt d’être explicite dans ses demandes et ses formulations, et de poser des questions pour éviter de partir dans l’interprétation potentiellement erronée.
Et si vous avez un doute ou si vous n’êtes pas sûr de quelque chose ou que vous voulez davantage de précision, c’est toujours une bonne idée de poser des questions.
Par exemple si votre conjoint(e) vous dit qu' »il (ou elle) sort et qu’il (ou elle)rentre pas trop tard ». S’il s’avère que l’heure de son retour a une importance pour vous ne restez pas sur cette incertitude.
Dans ce cas, poser la question est une bonne idée car cela évite de partir dans des scénarios potentiellement farfelus.
Et bien-sûr en fonction de la réponse que vous formule l’autre personne, vous êtes évidemment en droit d’exprimer ce qui est important pour vous et de formuler des demandes. Mais ça on en reparle plus en détail dans le tout dernier chapitre.
Poser des questions, ça veut pas dire accepter tout et n’importe quoi. C’est faire la démarche de se connecter à l’autre, et l’autre peut très bien faire le choix délibéré ou non de ne pas se connecter à vous.
Mais au moins vous êtes fixé, ainsi on se base non plus sur de l’interprétation mais sur du réel, sur une observation.
4 L’observation au lieu de l’interprétation
Au final c’est vraiment l’observation qui permet de sortir de l’interprétation. Avec l’observation on est en dehors du jugement, c’est un fait on est dans le réel.
L’observation c’est quelque chose qui n’est pas contestable et pour lequel tout le monde est d’accord. Sauf évidemment à faire preuve d’une certaine mauvaise-foi, mais dans le fond elle ne trompe personne.
L’observation, c’est par exemple dire à quelqu’un qu' »il est fatigué parce qu’il a dormi seulement 4 heures », c’est des faits les plus objectifs possibles. Et c’est pour ça qu’on pose des questions, pour être vraiment dans le réel.
Parce que les conflits se produisent parce qu’il y a une confusion entre l’interprétation et ce qui se passe réellement. Et lorsqu’on s’exprime ses suppositions sous forme de jugement voire de reproches, ça met inévitablement de la distance entre les personnes.
C’est de communiquer de façon non violente, qui va permettre de se connecter d’avantage à l’autre.
5 Petit bonus : pratiquer la CNV
La communication non violente (CNV) est un outil qui permet d’exprimer à l’autre ce qu’on ressent, ce dont aurait besoin et de lui formuler une demande. Vous en avez peut-être déjà entendu parler, surtout que j’en parle régulièrement dans les articles du site, et on peut résumer par le OSBD (observation, sentiment, besoin et demande).
Le truc c’est comme on se base sur des observations au lieu de suppositions et de préjugés, cela nous facilite le travail afin de pouvoir communiquer de façon plus pacifiée.
Et c’est véritablement le but de ce type de communication : c’est de partir de soi pour que l’autre ne se sent pas jugé ou accusé. C’est pour ça que bien souvent, et même si on ne peut pas la résumer à ça, dans la CNV on emploie le « je » au lieu du « tu » qui est moins accusateur.
Et contrairement à des préjugés assez répandus sur la CNV, en communiquant de cette façon on a tout à fait la possibilité de dire ce que l’on pense. On peut tout à fait formuler une demande à l’autre, que l’autre est en capacité de refuser également.
Notre demande ça peut simplement être de dire non à quelque chose ne nous convient pas, ne répond pas à nos besoins ( le B d’OSBD). En parvenant à communiquer de façon non violente, on ne s’oublie pas soi-même.
C’est à dire que dans ce cas on arrive à concilier le fait de s’affirmer, tout en préservant la relation avec l’autre. C’est tout ça que l’arrêt des suppositions, permet.
Vidéo : Hypersensibilité et supposition
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