Juger, critiquer, dénigrer ? Hypersensibles : il est temps de changer de regard

arreter les jugements et les critiques

🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici

  1. On est en concurrence avec les autres : Dès l’école et jusqu’au monde du travail, on évolue dans une société de compétition dans laquelle inévitablement on se compare aux autres. Et quand les autres réussissent là où on échoue, cela peut être difficile de ne pas se juger négativement, ni se dénigrer.
  2. Le problème des réseaux sociaux : Sans les diaboliser, ils amènent inévitablement à se comparer à d’autres personnes qui ne montrent que ce qu’elles veulent bien montrer. On peut penser à tort que notre vie est moins bien car on le compare à ce qui n’est qu’une illusion.
  3. Arrêter de faire des suppositions : C’est le 3 ème accord toltèque tiré du livre du même nom de Don Miguel Ruiz. Ce qui faut avoir en tête, c’est qu’on ne connait pas réellement la vie des gens, on peut seulement la supposer en fonction de ce qu’on connait de la personne. Se comparer à des suppositions, est donc absurde.

Si je commence par vous dire que « c’est pas bien » de dire du mal des gens, je pense que vous le savez déjà et cela ne va pas vous apporter grand chose.

En réalité personne ne peut dire qu’il ne juge pas ou ne critique jamais l’autre, ou même soi-même. C’est finalement presque impossible de ne pas être dans le jugement, parce que c’est une habitude que l’on a pleinement intégré.

C’est d’ailleurs la même chose sur le fait de se comparer, et souvent jugement et comparaison sont liés. Quand on se met à critiquer, dénigrer l’autre ou soi-même c’est toujours en comparaison avec autre chose.

Parce que quand on critique l’autre, c’est bien souvent parce qu’on le compare avec ce qu’on connait de soi, nos propres valeurs .. etc. Et quand on est dans l’autocritique c’est aussi parce qu’on se compare avec les autres ou en tout cas avec ce qu’ils nous montrent.

Le fait de juger et de critiquer est une façon de communiquer qui est violente. C’est une façon de rendre l’autre responsable, et en dénigrant l’autre on lui envoie une petite piqure de négativité.

Et bien évidemment quand on se critique soi-même, c’est une petite dose de poison que l’on s’inocule.

Alors bien-sûr on ne va pas parvenir à oublier totalement, un réflexe qui est ancré en nous depuis longtemps. Mais il y a vraiment des choses que l’on peut améliorer notamment en matière d’estime de soi.

Parce que oui quand on se sent mal, un réflexe naturel est de regarder à l’extérieur et de se comparer aux autres. S’autodénigrer ou critiquer de façon régulière, c’est tout de même un signe assez clair que ça ne va pas.

Et d’ailleurs vous remarquerez que les gens qui vont bien et qui ont réussi à se construire une vie équilibrée, sont plus rarement dans le jugement de l’autre. Et peut-être même aussi que c’est parce qu’ils préfèrent consacrer leur énergie, à autre chose que de critiquer, qu’ils vont bien.

C’est sans doute cela que l’on appelle un cercle vertueux, et c’est ce qui se passe quand on arrive à ne plus se comparer aux autres.

Si vous êtes dans la position de la personne qui reçoit la critique, ayez bien en tête que la personne ne parle que d’elle-même. Il faut donc essayer d’éviter de prendre les choses personnellement, et se rappeler que la critique c’est avant tout quelque chose à voir avec soi-même.

Et justement, on va commencer à regarder pourquoi on a ce besoin de juger l’autre.

Pourquoi est-ce qu’on juge ?

> Le perfectionnisme des hypersensibles

Comme vous et comme n’importe qui ça m’arrive encore de juger, que ce soit les autres ou bien moi-même. Et je remarque que c’est pas mal lié à une espèce de besoin de perfection.

C’est que comme l’on s’impose une grande exigence, on se retrouve à être très critique envers soi-même. Et puis comme on met la barre haute pour nous-même, de façon totalement inconsciente on place la barre haute pour les autres.

Et en fait c’est plutôt logique quand on y réfléchit, c’est très cohérent, et c’est d’ailleurs pas forcément une mauvaise chose.

On est beaucoup d’hypersensibles, à être dans ce perfectionnisme là pour nous et donc par ricochet envers les autres. Même quand on pense être bienveillant et tolérant avec les défauts des autres, on aura finalement beaucoup de difficultés face aux comportements incohérents des autres.

L’hypersensibilité nous rend + attentif aux détails, aux + petits changements d’attitude. On remarque ce qui est incongru, quand ça ne colle pas. Par exemple quand quelqu’un vous dit qu’il vous aime, mais passe son temps à vous rabaisser ou vous dénigrer.

Être exigeant c’est finalement plutôt une bonne chose, il faut simplement essayer de ne pas juger trop rapidement mais de prendre le temps et le recul suffisant pour bien réfléchir au contexte. Il faut surtout éviter les pensées binaires en noir et blanc, car les événements prennent toujours des couleurs bien plus nuancées.

> Le problème des pensées en noir et blanc

Nous avons une tendance bien humaine, à vouloir poser des étiquettes sur tout ce que l’on croise. Le problème de ces étiquettes collées trop rapidement sur les gens ou les situations, c’est qu’on ne peut pas facilement les décoller.

Et c’est le problème quand on juge très rapidement, c’est qu’on enferme la personne dans quelque chose d’assez rigide. Le jugement devient finalement assez binaire, on considère les choses selon deux avis soit «tout mauvais» ou soit «tout bon».

Le problème de tout ça, c’est que l’on se retrouve à faire des suppositions sur la personne. A avoir des préjugés plutôt que de chercher à comprendre ou questionner ce qu’elle dit ou fait.

En ne prenant pas le recul nécessaire on aura tendance à définir les autres personnes par leurs défauts. C’est dans ce genre de situation que le négatif qui aura le dessus, et le positif ne sera pas forcément vu.

Or personne ne peut être défini entièrement pas ses défauts. Il y a une sacrée nuance entre le fait de dire que quelqu’un est lâche et que quelqu’un se comporte comme un lâche.

Dans le premier cas comme on la définit par du négatif, on enferme la personne dans du « tout mauvais » en lui faisant revêtir le costume du lâche. Dans le deuxième cas, on essaie de rester objectifs et on juge les faits et on remarque que la personne se comporte de façon lâche.

Quand je suis dans le deuxième cas, je n’enferme pas la personne définitivement dans son costume de lâche. Et c’est là que je fais le pas de recul nécessaire et que je sors de la vision tout blanc ou tout noir.

Comme un peintre qui utilise sa palette pour mélanger ses couleurs, vous arriverez par petites touches à dessiner de jolies nuances dans vos jugements.

1 Essayer d’avoir une parole impeccable

Le premier des 4 accords toltèques que l’on trouve dans le livre de Don Miguel Ruiz « les 4 accords toltèques » c’est : « que ta parole soit impeccable ». Et c’est vraiment à partir de cet objectif-là, qu’il faut regarder en soi où on en est sur le fait de juger et de critiquer.

Attention il s’agit d’un idéal, on n’est pas des êtres parfaits et donc ce sont des choses qui peuvent se produire. L’idée c’est de suivre ce chemin là, parce que c’est qui nous permet d’essayer d’évoluer pour soi et dans nos relations aux autres.

Mais on ne sera jamais des être supérieurs de sagesse, à moins évidemment que votre nom de famille soit Bouddha. Dans ce cas, nous ne jouons pas dans la même cour.

Et il y a des moments où on sent qu’on n’arrive pas à ne pas juger, parce que pour nous ça fait trop. Parce que ça vient heurter ce à quoi on croit, à nos valeurs, ou à ce qui est important pour nous.

Et parfois même on ressent un peu de honte d’avoir réagi comme ça, alors que finalement quoi de plus humain ? Alors quand on sent que l’on n’y arrive pas, il vaut mieux s’éloigner un peu et se reconcentrer sur soi.

D’ailleurs lorsque ça m’arrive c’est ce que je fais aussi, histoire de ne pas dire ou faire des choses que je pourrai regretter par la suite. La parole impeccable c’est simplement faire de son mieux, c’est différent d’être parfait.

Le but c’est de limiter les dégâts et pour le dire de façon vulgaire (attention ceci est une alerte mot vulgaire, ceux qui n’aiment pas ce type de langage sont invité à passer au paragraphe suivant) l’objectif est d’éviter de produire du caca.

Pour le dire de façon + élégante, essayer d’avoir une parole impeccable c’est surtout de réduire au maximum la parole pas impeccable. Et il est tout à fait possible de donner son opinion sans juger l’autre.

Et c’est pas forcément simple de trouver le bon positionnement lorsqu’on donne son avis. Celui où on pourra s’exprimer sans être dans une posture où l’on juge ou dénigre.

Le piège classique c’est de donner son opinion sans que l’autre la sollicite, ce qui n’est pas génial et qui relève d’un certain manque d’empathie.

2 Exercez votre empathie

Pour définir l’empathie, il y a une définition que j’aime bien c’est « aller sur la colline de l’autre ». Il s’agit donc bien souvent d’essayer de se mettre à la place de l’autre, et de se demander ce qui le motive vraiment.

Alors quand on sent qu’on rentre dans le jugement, on peut décider de faire ce pas de coté et d’aller sur la colline de l’autre. En ça l’illustration faite par Apprentie girafe sur l’empathie est très parlante.

apprentie girafe empathie colline de l'autre

L’empathie signifie que l’on sort du jugement, et que l’on s’intéresse à ce qui se passe chez l’autre et qu’on cherche à le comprendre. C’est cette bienveillance là qui permet de créer du lien avec l’autre.

Chercher à comprendre l’autre n’est pas toujours évident, car quelquefois l’écart entre ce qu’on exprime et ce que l’on pense est grand. Le plus simple pour faire ça, c’est de poser des questions plutôt que de formuler des reproches. Pas toujours facile, c’est vrai.

Cherche à comprendre ce qui se joue chez l’autre, ne signifie pas que l’on accepte quelque chose qui ne nous convient pas. C’est juste accueillir sans jugement et avec bienveillance

Cette bienveillance s’applique d’abord envers soi-même, en évitant de se juger trop durement, de s’autocritiquer voire de culpabiliser. Cette auto-compassion fait du bien à notre estime de soi, c’est donc tout sauf accessoire.

Pour autant être bienveillant ne signifie pas d’être gentil tout le temps, c’est aussi savoir dire non.

3 Apprendre à dire non et s’affirmer

Parce que dire oui pour être gentil et finir par accepter quelque chose qui ne nous convient pas, n’est finalement pas une bonne idée. Cela signifie qu’un « non » peut aussi être une parole impeccable, parce que c’est le meilleur choix pour soi.

Dans ce cas le refus n’est pas dirigé contre la personne, il est un choix qui est fait pour soi. Et bien évidemment on peut tout à fait refuser, sans juger ou dénigrer.

Le livre « Cessez d’être gentil, soyez vrai » de Thomas d’Asembourg parle de la nécessité de pouvoir identifier et exprimer vos besoins, ce qui est le premier pas pour qu’il puisse être satisfait.

Ce livre parle de communication non violente (CNV), et ce sont ces principes vers lesquels on va à présent se tourner.

4 Communiquer sans violence

Si vous n’êtes pas forcément familier avec la cnv (communication non violente), voici les 4 étapes clés qui vont vous aider à l’appliquer que l’on nomme souvent OSBD.

  • Observer en essayant de ne pas juger, c’est l’étape O/
  • Identifier un sentiment ou une émotion, c’est l’étape S/
  • Exprimer un besoin, c’est l’étape B/
  • Formuler une demande (qu’il est possible de refuser), c’est l’étape D/

O/ Pendant le temps où vous observez, prenez le temps et recul dont vous avez besoin pour bien comprendre ce qui se passe. Ne pas être dans la réaction immédiate et observer, permet de ne pas être dans le jugement.

S/ Identifier l’émotion que la situation fait naitre en vous : tristesse, colère, frustration déception .. etc la liste est longue.

B/ Reliez là à un besoin. Si par exemple vous avez identifié que vous ressentez de la colère et de la frustration (S) du fait que votre collègue ne travaille pas assez (O). C’est parce que vous êtes fatigué (S) de faire la majorité du travail (O), et que vous auriez besoin d’aide et de soutien (B).

D/ Pour reprendre notre exemple du collègue, ça pourrait être une demande du style : « Tu veux bien m’aider à faire telle tâche sur ce dossier ?, ça me ferait gagner du temps ».

La CNV permet d’exprimer ses besoins sans que l’autre se sente accusé ou jugé. Elle est également non violente, parce qu’elle place l’autre dans une position où il peut également refuser.

Ayez tout de même en tête que donner son opinion même de façon non violente, même sans juger. Cela veut dire être tout de même exposé à ceux qui ne vont pas l’accepter.

La personne qui refusera votre demande en a tout fait le droit, mais peut très bien le faire de façon virulente.

Même sans CNV, il faut avoir conscience que s’autoriser à penser et à exprimer son opinion, même de façon respectueuse, nous expose à des réactions violentes de la part des autres. C’est très désagréable mais si quelqu’un a décidé d’avoir un comportement méchant envers nous, on n’a pas le contrôle là dessus.

La seule chose que l’on peut contrôles c’est nos paroles, et bien entendu nos actes.

5 Avoir des actions impeccables

Décider de ne plus juger et de ne plus dénigrer et d’essayer d’avoir une parole impeccable est une très bonne chose. Et pour être cohérent, cela veut dire que les actes doivent suivre.

C’est d’ailleurs parfois ce qui est agaçant quand l’on observe certaines personnes pour lesquelles il y a un véritable écart entre ce qu’elles disent ou ce qu’elles font. on trouve qu’elle manque de cohérence.

En réalité il y a un mot qui est plus approprié c’est la congruence. qu’on connait d’avantage sous sa forme contraire : être incongru. La congruence c’est le fait que les actes correspondent aux paroles, qu’ils soient bien alignés avec elles.

Comme on l’enseigne souvent aux enfants « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse », s’applique parfaitement entre adultes. Agir de façon impeccable n’est que la suite logique de la parole impeccable.

Encore une fois, la perfection n’est pas de ce monde, mais essayer de ne pas se comporter n’importe comment avec les autres est un objectif humain raisonnable et tout à fait atteignable pour le commun des mortels.

Et puis dans les rapports humains beaucoup de choses passent par l’exemplarité.

Par exemple je peux difficilement demander à quelqu’un de ne pas m’insulter, si je l’insulte à mon tour. Dans ce cas le message que je porte, ne peut pas être entendu

Je ne peux pas non plus demander à l’autre de faire une action, que de mon coté je n’envisage pas une seconde de faire moi-même. Agir permet de sortir du jugement et de créer du lien, et avoir des relations saines c’est tout ce dont on a besoin.

Vidéo : Les hypersensible et la critique

Auteur/autrice

  • Hypersensible moi-même, j’ai créé ce site pour accompagner celles et ceux qui se sentent souvent “trop” ou toujours en décalage. Je dis "chocolatine" aussi 😉

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