
🦥En bref, ce que vous allez découvrir ici :
- Pourquoi on se juge aussi durement : Chez les hypersensibles, l’auto-critique prend souvent racine dans un manque d’estime de soi. On évalue notre valeur à l’aune de nos performances, en oubliant nos réussites ou en les jugeant insuffisantes. Le perfectionnisme et le syndrome de l’imposteur alimentent ce cercle vicieux où l’on se sent toujours en échec — surtout quand on se compare aux autres, ou pire ce qu’ils montrent sur les réseaux.
- Le poids du regard des autres : La peur du jugement renforce cette pression intérieure. On cherche à être aimé, reconnu, à « mériter » sa place. Mais tant qu’on ne reconnaît pas nous-même notre valeur, les attentes des autres deviennent des chaînes. Et quand on subit les critiques, il faut se rappeler que cela parle souvent plus d’eux que de nous.
- Les fausses croyances qui nous enferment : On se colle des étiquettes — « nul », « incompétent », « pas capable » — et on finit par y croire. Ces croyances, renforcées par l’échec ou la comparaison, deviennent auto-réalisatrices. On s’auto-sabote sans le vouloir, et on finit par confirmer ce que l’on pensait de nous.. C’est un cercle vicieux.
- Travailler à une meilleure estime de soi : Le simple fait de prendre conscience de ce mécanisme est déjà un premier pas. En identifiant nos jugements internes, on peut commencer à les remettre en question. Et si le schéma est trop ancré, se faire accompagner est tout sauf un aveu de faiblesse, c’est un cadeau que l’on se fait.
- Préférer la douceur : Face à l’auto-critique, le mieux est d’apprendre à se parler autrement, en douceur. Cultiver l’auto-compassion, c’est reconnaître qu’on a fait de son mieux, même quand ça rate. C’est remplacer la culpabilité par une forme de tendresse active, qui vient nous réconforter sans nous endormir. La douceur est loin d’être une faiblesse, elle devient le point de départ de tout changement : elle nous autorise à avancer sans la peur de mal faire.
- Bye bye le perfectionnisme : Rien n’est parfait, et rien n’a besoin de l’être pour être valable. Avancer petit à petit, ajuster en chemin, c’est ça, le vrai progrès. À mesure qu’on se libère des injonctions, on découvre une fierté paisible : celle d’avoir avancé à son rythme, en se respectant.
On est beaucoup de personnes hypersensibles à avoir une tendance naturelle à l’auto-critique et même à se juger très durement. D’ailleurs on peut souvent être amené à se comporter de façon bien plus dure envers soi-même, qu’avec les proches qu’on aime.
C’est ce paradoxe qui nous interroge forcément, et qui est même une invitation à s’interroger sur les origines de ce comportement. Alors c’est ce qu’on va essayer de comprendre au travers de ces quelques paragraphes, en essayant d’analyser pourquoi on peut avoir cette sensation que ça n’est finalement jamais assez.
Bien entendu il sera question de perfectionnisme, et de cette quête qui nous pousse à vouloir atteindre une perfection qui tout de façon est inatteignable. Mais souvent tout part d’un manque d’estime de soi.
Pourquoi on se juge aussi durement ?
Le manque d’estime de soi
C’est lorsqu’on manque d’estime de soi, que l’on se permet de se critiquer et de se juger aussi durement. Parce que finalement on ne s’accorde pas réellement la valeur que l’on mériterait de s’accorder.
Pire on aura une tendance assez naturelle à ce que notre valeur dépende, de nos actions, de nos réussites et de nos échecs. Autant dire que le moindre échec sera évidemment dévastateur pour votre confiance en vous et votre ego.
Et puis de toute façon, lorsqu’on se juge durement on ne verra pas réellement ses réussites, ou on aura tendance à les considérer comme normales. Parfois même ce perfectionnisme nous poussera à nous dire que ce n’est pas assez, et ce qui devrait être une invitation à se dépasser devient une injonction à la performance.
Les injonctions à la performance, ce sont des phrases comme : « je dois faire ça et ça, je dois toujours faire mieux, il faut que j’y arrive, parce que sinon je suis nul » ; qui évidemment viennent vous mettre une pression phénoménale sur les épaules.
Pas mal d’hypersensibles sont confrontés à ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur, c’est-à-dire cette idée que l’on doive faire absolument toujours +, afin de pouvoir prouver sa valeur.
Et évidemment ce cycle est sans fin, puisque les réussites sont considérées comme normales et doivent être absolument dépassés, il ne restera à vos yeux que des échecs. Et c’est ceux-là sur lesquels on va mettre tout la lumière et avec lesquels on va se faire du mal.
Parce que c’est le problème qui se présente lorsqu’on se parle aussi mal, puisqu’en se jugeant aussi durement, on abîme encore davantage son estime de soi. C’est un cercle vicieux, auquel s’ajoute à cela notre tendance naturelle à se comparer avec autrui.
Mais là aussi ce qui en ressort c’est que ça n’est pas une réelle comparaison objective, à l’issue de laquelle on pourrait se sentir davantage rassuré. Une comparaison avec les autres,qui nous ferait du bien et dans laquelle on viendrait puiser de sources d’inspiration.
La réalité, particulièrement lorsqu’on a une faible estime de soi, c’est que la comparaison est une façon à peine détournée de s’auto-dénigrer. On se trouvera quasi-systématiquement moins bien que les autres, voire nul(le) parce qu’on compare nos échecs aux réussites (ou supposées réussites) des autres.
Les réseaux sociaux peuvent venir encore davantage ce phénomène, qui clairement met à mal notre ego. On se met à se comparer à ce que veulent bien montrer les autres, c’est à dire seulement le beau et la réussite.
Mais ce n’est évidemment pas la réalité, c’est simplement ce que l’on suppose des autres, et tout laisse à penser que ces personnes passent par les mêmes doutes et les mêmes échecs, seulement ils ne sont pas montrés. C’est pour ça qu’il est urgent de sortir des comparaisons aux autres, et de leurs jugements.

Le jugement des autres
Parfois il est difficile de se défaire du jugement des autres, on a l’idée qu' »on doit en faire plus afin d’être aimé et accepté ». On l’a vu cette idée naît parce qu’on a une faible estime de soi, mais aussi parce que l’on souffre parfois de dépendance affective.
Le problème lorsque c’est le cas, c’est que vous faites ne sera jamais assez, tant le vide à combler est là. Le problème de base est là, et tant qu’on ne s’accorde pas le droit d’être et qu’on ne le reconnait pas sa valeur, ça restera compliqué.
Pour tout cela, et si vous sentez que cela vous dépasse, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un(e) psychologue compétent(e) qui vous aider à en identifier les origines et ce qui se joue en vous.
En introduction j’indiquais le fait qu’en tant que perfectionniste, les hypersensibles avaient tendance à être plus durs envers eux-mêmes qu’envers les autres. La réalité est peut-être un peu moins reluisante.
On a tous parfois des difficultés à admettre, et on peut tous oublier que ce qui nous semble normal, voire évident ; ne l’est pas forcément pour quelqu’un d’autre. Parce qu’on sent parfois incompris, parce qu’on pense qu’on a raison, on peut parfois se laisser aller à la critique envers les autres.
Mais là aussi lorsqu’on juge ou critique les autres, que l’on se montre même jaloux ou envieux, ça n’est pas neutre. Cela vient nous apprendre bien plus de choses sur nous-même que sur les autres.
C’est souvent une petite alerte pour nous dire quelque chose ne va pas. Et il est intéressant de la voir comme une invitation à s’arrêter, pour se demander quels sont nos besoins non comblés.
Et c’est la même chose si quelqu’un vous critique, vous juge et vous dénigre. Il faut bien dire que ça fait jamais vraiment plaisir de se retrouver dans cette situation.
C’est dans ce genre de situation, qu’il est important que notre valeur ne dépende pas du jugement des autres (comme on l’a évoqué dans le chapitre précédent). Parce qu’évidemment lorsque c’est le cas, ça peut venir encore nourrir davantage la mauvaise opinion que l’on a de nous-même.
Là aussi ça en dit plus sur la personne sur la personne qui critique, fait des reproches ou dénigre que sur celle qui le subit. Parce que lorsque tout va bien pour nous et qu’on se sent épanoui, on ne ressent de toute façon pas le besoin d’enfoncer les autres.
Les reproches, la critique, le dénigrement sont donc les marqueur d’un problème chez la personne qui les émet. Et comme chacun est responsable de ce qu’il dit et fait, on est libre de le voir ou non et de le prendre en charge (ou non).

Les fausses croyances
Si on est aussi dur envers nous-même, c’est aussi parce qu’on a développé tout un tas de croyances sur nous-même. Comme des étiquettes que l’on s’est collés dessus, et donc beaucoup sont fausses ou en tout cas peuvent être remises en causes.
Alors lorsqu’on se juge « nul » ou « incompétent » pour telle ou telle chose ou domaine, c’est qu’au fond on est convaincu de l’être. Et évidemment le fait de le dire, et de se le formuler à soi-même vient encore renforcer ce phénomène.
Ces (fausses) croyances finissent même par devenir auto-réalisatrices, ce qui vient encore davantage cette mauvaise image que l’on a de nous-même.
C’est ainsi que par manque de confiance en soi on ne se pense parfois pas capable de faire telle ou telle chose, et du coup on ne les fait pas. Et malheureusement lorsqu’on pense qu’on va échouer pour telle chose, bien souvent on s’auto-sabote (de façon inconsciente), et on finit par échouer.
Et on n’échoue pas parce qu’on n’aurait « pas attiré le succès« , mais simplement parce qu’on s’est auto-saboté, que notre motivation s’est retrouvé impactée.
Et puis souvent on échoue parce que des facteurs externes s’en sont mêlés comme la malchance. Parce que chaque réussite ou succès dépend de facteurs internes (qui dépendent de nous) mais aussi de facteurs externes, et qu’on ne peut pas tout résumer à une histoire de volonté.
Ce qui est sûr que l’échec fait souvent naître une culpabilité d’avoir échoué, de ne pas en avoir fait assez, parfois même d’être qui on est. Et cela va encore avoir pour conséquence le fait que l’on se juge très durement et même que l’on se dénigre.
On est donc rentré dans un cercle vicieux assez infernal, où ce que l’on fait vient nourrir la croyance que l’on est « nul » pour telle ou telle chose. Alors qu’au fond c’est un cercle dans lequel on a finit par s’enfermer, et qu’on aura pas d’autres choix que d’essayer de sortir.

Comment sortir de son auto-critique ?
Travailler son estime de soi
Déjà ce qu’il faut dire en tout premier lieu, c’est que le fait de s’en rendre compte est tout sauf anodin. Parce que cela signifie que l’on a su faire prendre du recul sur soi-même.
Parvenir à sortir d’une certaine forme de déni, pour parvenir à se rendre compte que l’on s’auto-critique est déjà un sacré pas de fait. Sans doute même le plus important, parce que tant que l’on ne s’en rend pas compte, rien ne peut changer.
Le fait d’identifier que l’on a des jugements et des critiques sur nous-même, et se donner pour objectif d’essayer de taire au maximum ce gendarme intérieur, est évidemment une très bonne chose.
Parallèlement à cette démarche et à ce véritable travail sur soi, on peut aussi, si on en ressent le besoin, se faire accompagner.
Parce que lorsqu’on voit que l’on s’empêtre dans le type de schémas que j’ai décrit depuis le début de cet article, sans parvenir vraiment à s’en sortir. Que malgré nos efforts, on finit par répéter ces schémas à l’infini, alors se faire aider par un(e) psychologue est une bonne idée.
Cette aide-là c’est certainement pas un aveu de faiblesse, c’est au contraire un cadeau que vous vous faites. C’est faire le constat que quelque chose ne fonctionne pas, et être accompagné pour essayer d’identifier pourquoi on fonctionne ainsi, et pouvoir s’en libérer.
C’est vrai que la mode est plutôt aux méthodes miracles, mais parfois le mal est plus profond et nécessite de s’attaquer aux causes, ce qui est bien bien moins vendeur et bien moins confortable. Parce que guérir de ses blessures, c’est aussi s’apporter de la douceur et c’est tout sauf anodin.

Préférer la douceur
Faire taire son gendarme intérieur est une très bonne chose, mais comme la nature a horreur du vide, cela peut être une bonne idée de le remplacer.
Ce qui semble être une bonne idée c’est de remplacer l’auto-critique par l’auto-compassion. Et cela passe par le fait de parvenir à prendre le réflexe de se dire que l’on a fait de son mieux, et d’essayer de ne pas culpabiliser de ses échecs.
Finalement en suivant cette démarche, on s’appliquer la communication non violente avant tout à soi-même, comme l’explique cette excellente illustration d’apprentie girafe.

Et il y a tant de façon de s’amener de la douceur, non seulement par les mots que l’on dit mais aussi par les actes. S’amener la douceur c’est aussi simplement faire des activités, prendre du temps pour soi et pour prendre soin de soi.
Cette auto-compassion est là pour venir dédramatiser l’échec, qui auparavant faisait office de très bon prétexte pour s’enfoncer encore davantage. Parce que l’échec, il n’a pas le côté dramatique qu’on veut lui faire porter, il n’est en réalité qu’un événement ponctuel sur un chemin beaucoup plus long.
Les réussites, que ce soit au niveau professionnel ou personnel ont très souvent commencé par des échecs. Il faut les voir comme le signe que rien n’est définit, et que les choses évoluent et évolueront encore.
Et dire ça ce n’est pas de la pensée positive à tout prix, parce qu’en s’amenant cette douceur finalement on sort de cette vision binaire tout noir ou tout blanc. Et lorsqu’on comprend que tout n’est pas tout noir ou tout blanc, on voit que l’échec fait simplement du processus.
Et ce processus c’est celui qui nous pousse à essayer d’évoluer, de nous améliorer, afin de ne pas reproduire la même erreur.
Parce que contrairement aux idées reçues, l’auto-compassion n’est certainement pas le fait de se caresser et de se brosser dans le sens du poil. C’est simplement se foutre la paix, et essayer de croire suffisamment en soi et en sa valeur pour s’améliorer.

Bye bye le perfectionnisme
Et pour cela il faudra abandonner en chemin l’idée que tout doit être toujours parfait même si c’est pas parfait, parce que ça ne peut pas exister, et c’est ce qui vous fait autant mal. Alors continuez à faire de votre mieux, commencer petit et à améliorer petit à petit.
Au début ce site « loin des pressions », c’était un logo avec juste écrit « loin des pressions » et quatre pauvre articles qui se battaient en duel. Et au fur et à mesure du temps il s’améliore en étant davantage présent sur les réseaux sociaux et même sur Youtube.
A présent le logo ressemble à quelque chose lui donnant une vraie identité et les articles sont plus nombreux et sans doute meilleurs qu’avant, grâce au fait que Manuela en écrive également.
Le but au travers de cet exemple, c’est de vous dire, de faire petit à petit sans attendre que ça soit parfait. Et au fur à mesure parce que ça ne nous convient pas, parce que certaines choses ne marchent pas comme on l’aurait pensé, on réajuste et donc on s’améliore.
En fait on se retrouve en face d’erreurs ou d’échecs qui nous envoient le signal que cela a encore besoin d’être amélioré. Et quand on s’apporte de la douceur on sort du jugement et de la culpabilité, parce qu’on sait qu’on a fait de son mieux au moment où on l’a fait. Alors quand ce signal arrive, on en tient simplement compte en essayant d’améliorer.
C’est la même logique pour les changements sur soi-même, ils prennent du temps et se font brique par brique. Mais au final lorsqu’on prend conscience du chemin parcouru, on ressent cette fierté.
On se sent fier de l’avoir fait, on voit qu’on en est capable et on comprend enfin sa valeur. Votre valeur est là, cachée sous une montagne de jugements, il est temps de la bousculer 😊

Vidéo : Hypersensibilité et autocritique
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