
🦥En bref, ce que vous allez découvrir ici
- Hypersensibilité ou dépendance affective ? Chez les hypersensibles, la frontière entre émotions intenses et dépendance affective peut parfois sembler floue. Pourtant, ressentir fortement les choses, les événements, n’est pas un signe de dépendance affective. C’est plutôt chercher chez les autre de quoi combler un manque intérieur. Un besoin d’amour, de sécurité ou de reconnaissance qu’on ne parvient pas à se donner soi-même.
- Ce qui se cache derrière la dépendance affective : La dépendance affective trouve souvent sa source dans des blessures anciennes profonde, souvent la peur du rejet ou de l’abandon. Comme on a une faible estime de soi, notre réflexe est de chercher dans l’autre la preuve qu’on mérite d’être aimé. Chez les hypersensibles, l’empathie peut déborder et fait qu’on peut se retrouver à se sur-adapter à l’autre et ses besoins quitte à s’effacer totalement, à s’oublier dans la relation.
- Sauveur ou dépendant affectif ? Quelqu’un qui est dépendant affectif a avant tout besoin d’être rassuré et aimé, pour combler son vide intérieur. Tandis que la personne qui a un syndrome du sauveur, ressent le besoin de sauver ou guérir l’autre. Il pense qu’il ne peut être aimé et qu’il n’a de la valeur que s’il sauve. veut exister en se rendant indispensable. Finalement dans les deux cas il y a un problème d’estime de soi, un manque d’amour de soi. Et c’est pour ça qu’on peut être tour à tour, l’un ou l’autre.
- Reconnaître la dépendance affective : Elle se manifeste par la peur constante de décevoir et de perdre la personne, l’effacement de ses besoins au profit de ceux des autres, ou l’attente constante de preuves d’amour qui ne suffisent jamais. Ce sont également les signes d’une relation déséquilibrée, plus proche de la lutte que du partage. Il n’y a pourtant aucune culpabilité à avoir : nos blessures ne sont pas des fautes, mais des appels à la guérison.
- Pas seulement en amour : La dépendance affective peut aussi exister dans en amitié ou en famille. Et lorsqu’on est dans une relation qui nous fait plus de mal que de bien, où l’on se retrouve à tolérer l’intolérable. Alors il va être important de petit à petit apprendre à poser ses limites, à dire non. C’est en reconnaissant sa propre valeur qu’on peut retrouver des liens plus sains et réciproques.
- Guérir, c’est revenir à soi : Si vous sentez que cela vous dépasse et que vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel, notamment un(e) psychologue. Parce qu’on peut guérir. Cela passe aussi par accepter la solitude, et la vivre comme un espace de reconstruction, apprendre à nourrir son estime et à se recentrer sur soi. Quand on commence à s’aimer, on ne cherche plus des relations qui viendront combler un manque, mais qui nous apportent du mieux, de la joie dans notre vie.
Comprendre la dépendance affective ?
> Hypersensibilité et dépendance affective : une confusion fréquente
Ce qui est souvent reproché aux personnes hypersensibles, par des personnes qui ne le sont pas, c’est d’être « trop ». En effet certaines personnes peu empathiques peuvent nous reprocher, de « trop nous prendre la tête », de trop réfléchir à tout, ou de trop exagérer.
Et évidemment, s’agissant de l’amour, les hypersensibles peuvent se retrouver dans ce « trop ». De sorte que la frontière entre hypersensibilité et dépendance affective peut être parfois un peu brouillée.
Le fait de vivre des émotions intenses est tout à fait typique de l’hypersensibilité, cette hyperémotivité est même une des caractéristiques principales des personnes hypersensibles. Être hypersensible c’est donc ressentir les émotions comme la tristesse, la colère, mais aussi la joie, de façon plus forte, plus intense.
La dépendance affective, elle, est davantage une construction psychologique. C’est le fait de chercher dans les autres l’amour, la reconnaissance ou la sécurité qu’on n’arrive pas à se donner soi-même.
C’est une espèce de vide intérieur qu’on tente de combler à travers les autres. Au point souvent d’oublier ses propres besoins et de s’accrocher à des liens qui font plus mal que bien.
La dépendance affective ne vient donc pas de la sensibilité, de l’émotivité, mais des blessures que les situations réveillent. On peut tout à fait être hypersensible sans être dépendant affectif.
Des recherches récentes montrent que la dépendance affective se distingue clairement de la sensibilité élevée. Une étude de 2022 a défini une forme clinique de « dépendance affective » caractérisée par deux dimensions : la soumission (adaptation excessive) et le besoin impérieux de l’autre (craving affectif).
Par ailleurs, les liens entre anxiété d’attachement, incapacité à s’auto-réguler émotionnellement et attachement désorganisé ont été identifiés comme des facteurs clés dans ces dynamiques dysfonctionnelles.
Pour les hypersensibles, qui captent et ressentent intensément les émotions et besoins de l’autre, cette recherche met en lumière que ce n’est pas la sensibilité qui crée la dépendance. Mais c’est bien l’absence de limites claires, la peur de l’abandon ou une faible estime de soi qui peuvent enclencher ce phénomène.
Mais il est vrai que les hypersensibles, s’ils ont en eux des blessures non guéries, peuvent tout à fait se retrouver en situation de dépendance affective. Cela se joue de façon inconsciente, mais en réalité derrière tout ça se cache des peurs, la peur de ne pas ou de ne plus être aimé.

> Les blessures cachées derrière la dépendance affective
Quand notre estime de nous n’est pas au beau fixe, que l’on doute de sa valeur, et qu’on pense devoir faire toujours plus d’efforts pour “mériter” d’être aimé. Alors on peut se retrouver dans des situation, dans lesquelles on finit par accepter ce qui ne nous convient pas, par se taire et s’effacer.
Au final on peut finir par s’oublier, et se perdre totalement dans la relation.
Parce que les hypersensibles perçoivent finement les émotions, les variations d’humeur et même les besoins des autres, ils ont tendance à s’adapter à l’autre voire à se sur-adapter. Il est là le piège, celui de ne pas mettre de limite à son empathie et à son altruisme.
Et c’est vrai que si on une mauvaise image de nous et si on pense que nos besoins sont pas aussi importants que ceux des autres, que l’on s’efface systématiquement. Alors cette empathie devient largement excessive, elle devient même autre chose : un piège.
Mais tout ce processus vient rarement de nulle part, cette dépendance affective prend racine dans des blessures anciennes, bien souvent une peur du rejet ou de l’abandon. Bien souvent la fausse croyance que nous avons sur nous-même, c’est celle qu’on ne mérite pas d’être aimé tel que l’on est.
Alors notre réflexe va être de chercher dans l’amour quelque chose qui viendrait combler notre vide intérieur. Mais ça ne marche pas comme ça, l’autre ne fera pas de miracle, et vous vous retrouverez dans une relation déséquilibrée.
Parfois on voudra combler ce manque, ce besoin à n’importe quel prix, en restant accroché dans des relations qui nous font plus de mal que de bien, qui ne nous conviennent pas. Des relations qui ne sont de toute façon pas saines et qu’on aura parfois du mal à quitter
Celles qui viendront fragiliser encore d’avantage notre estime de nous-même, avec des mots qui viendront parfois appuyer là où ça fait mal. Des paroles ou des actes qui viendront confirmer toutes les mauvaises choses que vous pensiez de vous.
Mais évidemment toutes ces croyances sont fausses, vous méritez d’être aimé comme n’importe qui. Vous avez très probablement de l’amour à donner, vous méritez donc d’en recevoir sans rien faire de spécial, juste en étant vous c’est suffisant.
Alors si vous sentez en vous que vous avez des choses qui ne sont pas guéries, que vous avez tendance à reproduire le même type de schémas. Si vous avez cette impression d’être dans la dépendance affective sans parvenir à vous en libérer, alors vous faire aider par un professionnel, psychologue notamment, peut être salutaire.

> sauveur ou dépendant affectif ?
On peut facilement confondre la dépendance affective et le “syndrome du sauveur”. Il faut dire que dans les deux cas, on est dans des relations déséquilibrées et on se retrouve à en souffrir. On finit même par s’oublier dans la relation.
Quelqu’un qui veut absolument sauver ou guérir, a ce besoin irrépressible de sentir utile, voire indispensable. Il existe à travers ce qu’il donne, il a d’ailleurs bien souvent de son coté des difficultés à recevoir en retour.
Une personne qui se positionne en sauveur se sent investi d’une mission, celle de guérir, de transformer l’autre ; alors même que très souvent l’autre n’a rien demandé. C’est plus fort que lui.
Pour un dépendant affectif c’est presque l’exact inverse, puisqu’il a ce besoin presque viscéral d’être rassuré, reconnu, aimé. Et comme son estime de lui fait défaut, Il cherche dans le regard de l’autre la preuve qu’il a de la valeur.
Le triangle de Karpman aussi appelé triangle dramatique, est un schéma qui représente les relations déséquilibrées et dysfonctionnelles.

Ici il sera simple de deviner le rôle d’une personne qui a le syndrome du sauveur, il n’y a pas de piège elle aura le rôle de « sauveur ». Tandis qu’une personne dépendante affective se positionnera en « victime ».
Ce qui est intéressant dans cette approche, c’est de comprendre qu’elle n’est pas figée. En clair dans des relations dysfonctionnelles, il n’est par rare que les personnes changent de rôle, passant de « sauveur » à « victime » ou « persécuteur », ou passant de « victime à un autre rôle
C’est ce qui explique, qu’on peut tout à fait alternativement avoir les deux rôles de « sauveur » et « victime ». On pourra tout à fait être dépendant affectif à certains moments et sauveur à d’autres. Parce que dans les deux cas finalement, on ne s’aime pas assez, on manque d’estime de soi.
Et finalement dans les deux cas, c’est lorsqu’on comprend alors qu’on n’a pas besoin de sauver ni d’être sauvé, pour mériter l’amour ; que l’on est guéri.

Savoir reconnaitre la dépendance affective
> Quelques signes de la dépendance affective
Il n’est pas toujours évident de distinguer ce qui relève de l’intensité émotionnelle, et ce qui est vraiment de la dépendance affective. Voici quelques signes qui peuvent vous aider à l’identifier.
- Vous avez cette peur quasi-constante qu’une action que vous allez avoir, ou une parole que vous allez dire va forcément décevoir l’autre au point de le perdre.
- D’une façon générale, vous effacez vos propres besoins et vous vous adaptez aux besoins de l’autre personne.
- Vous ressentez de l’angoisse au moindre petit signe d’éloignement, par exemple pour une réponse plus tardive que d’habitude ou une distance inhabituelle.
- Vous êtes en attente constante de « preuves d’amour », et finalement aucune ne vient vraiment combler ce besoin.
- D’une façon générale vous vous excusez pour à peu près tout, y compris pour ce qui vous fait du bien. Y compris pour ce sur quoi vous n’auriez pas besoin de le faire.
Au delà de la dépendance affective, l’ennui c’est que ce sont également les signes d’une relation déséquilibrée, non saine et qui en l’état ne peux pas fonctionner. Parce que cela signifie que votre relation est d’avantage une lutte, qu’un partage.
Pour autant vous n’avez pas à vous sentir coupable de quoi que ce soit, dans une relation chacun est responsable seulement de sa partie. De ce qu’il fait ou dit, et de ce qu’il ne dit pas ou ne fait pas également.
Vous n’avez pas choisi d’avoir des blessures, mais vous avez le droit de vous accordez de la douceur en vous faisant aider pour en guérir. Essayez de vous faire ce cadeau, vous le méritez.
J’ai été cette personne dépendante affective, c’est pour ça que je me permets de vous dire que même si c’est difficile et que c’est souvent un long chemin, il est possible d’en sortir

> Pas seulement en amour : la dépendance affective dans les amitiés et la famille
Depuis le début de l’article, je ne parle que de la dépendance affective en amour et dans les relations de couple. Mais en réalité elle peut concerner n’importe quelle relation dans laquelle on met de « l’affectif ».
Ainsi il n’est pas rare de trouver ce genre de schémas dans des relations amicales ou même au sein d’une famille. Ainsi on retrouve des relations amicales notamment, dans laquelle une des deux personnes a constamment le besoin d’être rassuré et soutenue.
Ce qui pose souci, ce n’est pas certainement le fait de se rassurer et de se soutenir, qui sont une des facettes importantes de l’amitié et de toute relation. Ce qui pose souci, c’est lorsque c’est habituel au point d’être une posture constante, et au point d’être dans une relation totalement déséquilibrée.
L’autre n’est pas là pour réguler nos émotions, c’est quelque chose qu’il nous faut apprendre à faire par nous-même.
A l’inverse, beaucoup de personnes qui ont le « syndrome du sauveur » trouveront qu’elles donnent davantage qu’elles reçoivent, jusqu’à parfois en vouloir à l’autre de ce manque de réciprocité. Là aussi on est sur une relation déséquilibrée, qui ne peut pas épanouir qui que ce soit.
Les personnes qui sont en dépendance affective, vont se retrouver alors à tolérer alors des comportements blessants, des manques de respect ; bref tout ce qui relève du rôle de « persécuteur » du triangle de Karpman qu’on a vu plus haut.
Et contrairement à ce que certains pensent, si des personnes tolèrent l’intolérable, ce n’est pas par choix ou par goût de la souffrance. Personne n’aime souffrir.
Elles le font parce qu’elles pensent de ne pas avoir suffisamment de valeur en elles-même, alors elles veulent garder le lien à tout prix, par peur de se retrouver rejeter ou abandonner. Trop souvent d’ailleurs ces personnes se retrouvent sous un phénomène d’emprise psychologique, tel qu’il devient compliqué de partir de la relation.
Et si tout le monde n’est pas un pervers narcissique, il est certain que la malveillance et la manipulation existe. Et les dépendants affectifs par leur besoin de combler un vide, par la difficulté qu’ils rencontrent à s’affirmer et poser des limites, y sont plus exposés que les autres.
Pour les dépendants affectifs, le gros du travail sera de parvenir à cesser de trouver des excuses à l’autre. De parvenir à identifier ce dont on aurait besoin et l’affirmer, et s’affirmer même.
On a le droit d’avoir des besoin, d’avoir des limites et de vouloir qu’elles soient respectés, pour que les relations deviennent davantage équilibrées, saines et épanouissantes. Ce n’est pas exagérer que de vouloir ça, et cela ne nous empêchera pas de rester qui nous sommes, des êtres sensibles et humains.

Guérir, c’est revenir à soi
On pourrait dire que guérir de la dépendance affective, c’est cesser de chercher dans l’autre la preuve qu’on a de la valeur. Cela va donc passer par le fait de revenir à soi, un soi reconstruit.
Le proverbe qui dit que l’on ne peut pas aimer les autres et être aimé « comme il faut », si on ne s’aime pas soi-même; est tout de même très vrai. Tout part de là.
C’est bien pour cela qu’il faut remettre de l’attention sur soi, pour guérir bien-sûr mais aussi mieux se connaitre. Parce que pour pouvoir faire des choix en fonction de nos besoins, encore faut il les avoir identifier.
Donc oui tout part de là, déjà du fait de savoir que l’on a des besoins. Puis par un travail d’introspection, de parvenir à les identifier. En ça, le fait d’écrire notamment peut vous aider à y voir un peu plus clair dans ce que vous ressentez.
Cet apprentissage passera sans doute par le fait de devoir se confronter à la solitude, dont on a souvent si peur. Parce que c’est elle qui laisse la place à l’introspection, et au recentrage sur soi.
On réapprend à se nourrir soi, à prendre soin de soi, en se faisant du bien et en faisant des activités qu’on aime. Ces activités qui aident à retrouver une estime de soi, et qui peuvent aider également pour nouer des relations avec d’autres personnes.
Et puis dans ce chemin, qui est forcément long, viendra le moment où il faudra que vous vous affirmiez. Il va falloir que vous posiez des limites, que vous disiez non à quelqu’un, pour votre bien.
Parce que c’est en le faisant que vous reconnaissiez que vous avez de la valeur par vous-même, et qu’elle mérite d’être respecté. On appelle ça être assertif, et c’est presque un passage obligé.
Ce n’est pas faire preuve de trop d’exigence ou de suffisance, que d’attendre des autres qu’ils vous fassent plus de bien que de mal. Et à vrai dire c’est bien le minimum, sinon autant rester seul(e) puisqu’ à présent vous l’avez appréhendée cette solitude.
Si par exemple vous êtes quelqu’un de profondément généreux, bienveillant, tolérant ; quoi de plus logique d’attendre la même chose de la personne en retour.
De tout façon quand on a évolué, que l’on a guéri aussi, nécessairement notre entourage change aussi. Certaines personnes quittent notre vie, pour que justement d’autres puissent y rentrer, et qui seront bien plus alignées avec qui vous êtes.
C’est pas de la loi de l’attraction, vous n’allez pas les attirer comme des aimants, c’est de la logique. Et comme vous êtes différent, votre environnement le sera aussi. Parce que vous êtes passé du besoin à l’envie, vous n’êtes plus dépendant de qui que ce soit.

Références scientifiques
- Sirvent-Ruiz, C. M., De la Villa Moral, M., Herrero, J., & Miranda-Rovés, M. (2022). Concept of Affective Dependence and Validation of an Affective Dependence Scale. *Psychology Research and Behavior Management*, 15, 3875-3888.
- Özal, Z., Mancini, G., De Fino, G., Ambrosini, F., Biolcati, R., & Truzoli, R. (2023). “I Can’t Do without You”: Treatment Perspectives for Affective Dependence: A Scoping Review. *Journal of Clinical Medicine*, 12(21), 6769.
- Estévez, A., & Moral, J. (2018). The role of emotional dependence in the relationship between attachment and impulsive behavior. *Anales de Psicología*, 34(3), 438-446.
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