Hypersensibles : ce qui vous fait aimer ou détester les fêtes de fin d’année

hypersensibles et fêtes de fin d'année

Bien sûr, pour beaucoup d’entre nous, les fêtes de fin d’année sont synonymes de moments de joie et tant mieux. Toutefois, les hypers appréhendent souvent certaines choses. Un petit tour d’horizon et nos conseils pour en faire le meilleur.

La période de fêtes, ça peut être …

> La fête … des extravertis

Parce que c’est souvent la première idée qui nous vient, il faut bien le dire. Qui dit fêtes dit rassemblements en nombre, musique forte et lumières clignotantes, langues de belle-mère et feu d’artifice, devoir discuter avec plein de monde. Tout cela agresse notre système nerveux d’hyper plus que ça ne nous donne du plaisir. Ou même si on aime bien, on va avoir besoin d’un temps de récupération ensuite.

(D’ailleurs, saviez-vous qu’il existe une journée internationale des introvertis ? C’est le 2 janvier … le jour où tout cela est terminé et qu’on a socialement le droit de récupérer !)

Bien souvent, ces moments nous obligent à stratégiser un peu pour nous préserver de cette surstimulation : par exemple, le samedi après-midi n’est probablement pas le meilleur moment pour faire vos courses en cette saison. Vive le drive ou le lundi à 14 heures !

> La famille, pour le meilleur ou pour le pire

Car toutes les familles ne sont pas des havres de paix.

Devant certains passifs familiaux, faire la fête ensemble sonne tout simplement hypocrite. Voire dangereux, quand on sait que ça peut être le moment où on risque de se prendre des reproches ou des agressions qu’on mettra du temps à digérer. Quand on a réussi à prendre un peu de distance avec une famille maltraitante, alors les fêtes et les sollicitations qui vont avec, risquent d’être un moment qui fragilise et éprouve cet équilibre. Va-t-on arriver à rester stoïque ou à refuser de participer même s’ils insistent ou nous culpabilisent ?

Face à certains proches avec qui on n’a pas de points communs, on sait pertinemment que ça va nous demander de l’énergie, et peut-être mal se terminer quand même. Quelle stratégie face à tata Annie qui nous demande pourquoi on n’a toujours pas de boulot digne de ce nom, ou cousin Martin et ses enfants si exemplaires dont les cris nous tapent pourtant sur le système ? Prendre sur soi ou avoir quelques phrases bien senties en tête ? On va être soulagé une fois que ce sera passé sans trop d’encombres, souvent sans que personne soit dupe. Mission accomplie pour un an !

Pour certain(e)s, ces moments peuvent être associés à de mauvais souvenirs : des fêtes qui se sont mal passées, une personne aimée qui n’est plus là pour les partager avec nous … Et du coup, générer d’autres émotions que la joie ou l’envie de faire la fête.

> Une fête qui ne fait pas sens

De la même façon, on peut être sensible aux « douleurs du monde » et ne pas avoir envie de s’amuser ou de dépenser de l’argent pour des futilités pendant qu’à d’autres endroits la guerre, la misère ou les catastrophes naturelles font rage.

Ou simplement ne pas vouloir cautionner une obligation sociale qui demande des investissements en temps, énergie et argent. Toutes ressources qui ne sont pas illimitées et dont on peut avoir besoin par ailleurs. Quand on fait un travail éreintant pour joindre les deux bouts, on peut légitimement ne pas avoir envie de trouver des idées cadeaux pour tous les membres de la famille, surtout si on se doute que tout ne fera même pas plaisir.

L’absence de sens peut également toucher les personnes attachées à la religion ou à la spiritualité, dans le sens que le tapage médiatique et social n’a plus guère de rapport avec ce qui était fêté à l’origine.

> La solitude

Les fêtes peuvent aussi être une période désagréable pour les personnes qui se sentent isolées. La fête partout autour de nous, nous rappelle alors d’autant plus douloureusement notre propre solitude. Être invité(e) quelque part pour Noël ou pas, est un marqueur social qui ne pardonne pas, même quand on a une vie par ailleurs épanouie en solo ou sur un mode moins conventionnel.

Quand c’est nouveau, après une séparation par exemple, tout est à créer : comment veut-on désormais faire ?

C’est typiquement le moment où tous ceux et toutes celles qui ont des familles, vont par définition être pris(es) et imposer leurs obligations de planning. Pour les autres, il va rester ce qu’on veut bien nous donner, et on a vite fait de se retrouver dans une position où on est passivement invité(e) là où ça arrange, au lieu de suivre ses propres envies.

Sommes-nous seul(e)s à avoir du mal avec ça ?

Les convenances sociales peuvent faire ressortir le sentiment d’être inadapté, incapable ou un mouton noir. On peut avoir l’impression que tout le monde trouve ça super, sauf nous, donc qu’on a un problème …

En réalité, même si on voit surtout ceux et celles qui aiment célébrer ces moments, il n’est pas si rare de ne pas adhérer à tout.

Si c’est votre cas, dites-vous que rien n’est obligatoire. Si ce n’est pas un plaisir, il est sans doute possible de le contourner totalement ou partiellement. Et que si vous choisissez de vous prêter au jeu, vous n’êtes assurément pas seul(e) à forcer parfois un peu le trait et à souffler quand c’est fini.

Revenir à ce que ça veut dire pour nous

Face à toutes ces injonctions sociales, au-delà de ménager ses ressources, si on veut être acteur ou actrice de sa vie, il va finalement s’agir de trouver comment tirer du positif de ces moments ; de revenir à soi et à ses propres envies. Qu’il s’agisse d’y trouver du sens, du plaisir, ou tout simplement de tirer bénéfice de ce temps disponible.

> Ça peut ne vouloir rien dire

On peut tout simplement ne pas fêter Noël, comme on peut le faire quand on n’appartient pas à la religion chrétienne, parce que ça ne correspond à rien pour nous. Tout comme certains ne fêtent pas leur anniversaire pour des raisons qui leur appartiennent. Ça peut rester un jour comme un autre, sans se mettre plus de pression. Après tout, rien n’est obligatoire !

Ça peut être aussi tout simplement des jours où on se positionne pour travailler si on a le choix, ce qui permet de faire plaisir aux collègues qui veulent les prendre, et de récupérer à un autre moment. (Au passage, quand il y a beaucoup de monde en congé, le travail est souvent plus calme et plus fluide !)

Pendant que certains font la fête, heureusement qu’il y a des cheminots, des aides-soignantes, des éboueurs, des taxis … qui assurent ! Et si nous ne faisons rien de spécial pour les fêtes, soyons fier(e)s de faire partie de ceux-là !

> Redonner un autre sens à l’esprit de Noël

L’esprit de Noël, qu’on soit croyant(e) ou pas, c’est avant tout de célébrer l’amour, le partage. Ça peut aussi être de mettre des touches de couleur, de gourmandise et de lumière dans une saison qui, autrement, peut parfois être bien déprimante.

Dans ce sens, la fête qu’on nomme aujourd’hui Noël, a existé avant le christianisme sous d’autres formes. Sans même parler du père Noël, qui est issu – faut-il le rappeler ? – d’une publicité commerciale de la première moitié du 20e siècle.

Si vous avez envie d’un moment de partage, pourquoi ne pas consacrer du temps à une association ? Les associations de solidarité organisent souvent des repas de Noël pour les personnes dans le besoin, ou des actions de type « boîte surprise solidaire ». Noël peut aussi être l’occasion de faire un don pour une cause qui nous touche.

Dans certains métiers ou autres activités, on peut aussi trouver des moments de satisfaction dans les festivités collectives. Pour ma part, j’ai toujours pris du plaisir à organiser des moments sympathiques avec les bénéficiaires des services pour lesquels je travaillais, parmi lesquels il y avait souvent des personnes par ailleurs isolées.

Si on aime le recueillement, on peut tout à fait passer un moment seul(e) dans une église en dehors des célébrations collectives et déposer une petite lumière (les concerts de Noël c’est chouette aussi !). Ou émettre symboliquement les souhaits qui nous tiennent réellement à cœur, pour nous-mêmes, nos proches ou pour le monde. Si les fêtes nous font penser à quelqu’un qui nous manque, pourquoi ne pas justement trouver une façon de lui rendre hommage ? Lui écrire une lettre, allumer une bougie …

> Trouver de petites attentions à s’offrir soi-même

Si c’est le moment d’offrir du temps et/ou des cadeaux aux personnes qu’on aime, n’oubliez pas que vous en faites partie ! Si vous étiez votre propre ami(e) ou famille, qu’est-ce que vous vous offririez ? Et si vous avez une idée de ce que vous aimeriez recevoir, pourquoi ne pas vous l’offrir vous-même ?

Aimez-vous le parfum de la cannelle, les petites lumières, certains symboles comme les étoiles ou les cœurs ? Expérimenter une recette de pâtisserie ? Prendre un bain parfumé bien chaud ? Écouter des chants grégoriens ? Regarder des films rigolos sous la couette ? Là où on pense souvent d’abord à « ce qui se fait », qu’on ait envie d’assurer ou de boycotter, rien de tel que de revenir à soi, de partir de ce dont a envie nous-mêmes. Si c’est partageable avec d’autres, tant mieux, sinon peu importe ! Faisons de ces jours libres, un temps pour prendre soin de nous-mêmes. (Et si notre envie, c’est d’aller à un concert de metal, c’est permis aussi !)

Si on est traversé(e) d’émotions déplaisantes ou contradictoires, on peut évidemment prendre le temps de les écouter et d’explorer ce qu’elles viennent nous dire. Les prendre en compte au lieu de s’en vouloir, c’est déjà leur ôter un peu de leur charge. Les écrire, les dessiner … peut être une satisfaction en soi, et pourquoi pas une première étape vers des façons de faire qui nous parlent davantage.

Personnellement, j’ai un rituel pour le jour de l’An : j’achète un magazine au hasard (oui, les yeux fermés même !) et avec son contenu, je réalise un collage qui représente ce que je veux pour la nouvelle année et ce que je ne veux plus.

… ou faire carrément autre chose !

Et si c’était le moment de vous offrir un beau voyage ? Passer les fêtes sous les tropiques ou dans le désert marocain, dans une station de ski, un spa, un cottage loin de tout, ou tout simplement dans un endroit qu’on aime bien, en fonction de ses goûts et possibilités, ça peut être une façon de se faire plaisir tout en coupant court aux convenances sociales. « Ils » recevront une belle carte postale et tout ira bien !

Quand on a des enfants, c’est un moment où on a envie de leur faire plaisir, et parfois ça peut nous guider vers autre chose que les traditions sociales. Et si le meilleur des Noëls, c’était de faire quelque chose de sympathique ensemble ? Une chose pour laquelle on n’a jamais le temps d’habitude, que ce soit faire des gâteaux ensemble, bricoler des décorations, une balade dans la neige, tester des jeux de société … Ou évidemment, profiter de ce moment pour leur offrir une escapade ensemble dans un lieu dont ils rêvent.

Et puis, il y a la famille de cœur : pourquoi ce ne serait pas le moment de la mettre aussi à l’honneur ? Si vous avez un(e) ami(e) dans la même situation, pourquoi ne pas s’offrir simplement un bon resto ensemble, ou rendre visite à quelqu’un qui est loin ? Ou même pour les plus courageux(ses), trouver (ou proposer !) une sortie amusante sur un site de partage de sorties ? C’est peut-être l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes qui partagent notre ressenti !

🦥 Ici le paresseux, pour ma part je suis au Costa Rica et c’est l’été ! Bonnes fêtes à toutes et à tous !

Auteur/autrice

  • Psychologue clinicienne hypersensible, ma passion est la connaissance de soi et des autres.

    "Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre"    - Marie Curie

🦥Le paresseux voudrait vous dire un petit mot (rien d'obligatoire)

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