
Quand on en fait trop : le problème du perfectionnisme
Vous aussi, on dit parfois de vous que « vous vous mettez trop la pression », voire que « vous en faites trop » ? Il faut dire que c’est un trait de caractère, une caractéristique même assez commune chez les personnes hypersensibles.
On est beaucoup à être des perfectionnistes, à être dans une espèce de besoin de contrôle sur les choses, et les événements et avoir du mal à lâcher prise dessus.
Et ce qui a de « drôle », c’est que je suis en plein dedans. j’ai conscience que je me mets trop la pression, et pour un site qui s’appelle « loin des pressions », ça prête à sourire.
Je ne suis pas mieux que les autres, je passe par les mêmes questionnements et les mêmes difficultés que vous connaissez sans doute. Je mets parfois une pression sur les épaules, y compris pour ce site qui prône justement de ralentir, et de sortir de la culpabilité.
Ce que je dis régulièrement dans les articles et dans les vidéos, c’est que c’est quelque chose de difficile. Et quand on est habitué à se se sentir coupable pour à peu près tout, y compris pour des choses qui nous font du bien, alors évoluer là-dessus demande un véritable apprentissage et du temps.
Et comme dans tout apprentissage, tout chemin, il y a des moments où l’on se rate. On le voit surtout au travers des mots que l’on se dit à soi-même et qui ne trompent, les « il faut que je fasse ça », « je dois faire ça » ; sont autant d’injonctions qu l’on adresse à soi-même.
Une espèce de pression qui vient nous appuyer le dessus du crane, pour nous rappeler que si l’on atteint pas ces objectifs-là, alors ça va se mettre à être plus douloureux.
Ce qui va nous appuyer sur la tête c’est la culpabilité ou la honte que l’on va ressentir pour ne pas y être arrivé. Ce sera aussi le jugement négatif, l’autocritique sévère que l’on pourrait s’adresse à soi-même.
C’est là qu’on se rend compte qu’au lieu de nous tirer vers le haut, et de nous pousser à nous améliorer. Ce poids que l’on met sur les épaules vient nous saboter, plus qu’autre chose, ce qui n’est évidemment pas le but.
Et c’est vrai concernant un projet comme « loin des pressions », le fait de vivre ça, ne colle absolument pas avec les valeurs et avec le message qui est porté dans nos contenus.
Trop de pression, jusqu’à la surcharge
Vouloir (trop) tenir le rythme
Pourtant on reste des êtres humains, perfectibles, et c’est peut-être là que le risque du burn-out pointe le bout de son nez.
Et c’est vrai que quand on aime ce qu’on fait, comme pour moi concernant ce site, on peut avoir une tendance assez naturelle à s’y sur-investir.
L’investissement personnel est tel que cela occupe nos pensées, et ce qui à la base est un plaisir, peut, si l’on n’y prend pas garde, devenir un poids. Dès lors c’est même le fait de s’arrêter qui peut venir générer en nous de la culpabilité, parce que c’est du temps que l’on aurait pu consacrer à notre projet.
Sauf les choses ne marchent pas comme ça.
Parce qu’en réalité à partir du moment où l’on produit du contenu, on se retrouve à devoir mobiliser en nous, une espèce d’énergie créative. On est en quelque sorte obligé d’avoir de l’inspiration, trouver des idées, et une bonne façon de les mettre en forme afin qu’elles viennent raconter quelque chose.
Et le pire c’est qu’on n’y est pas « obligé », mais qu’on s’y oblige, et vous allez voir que c’est une nuance qui a son importance.
Les symptômes : le corps qui nous alerte
Et il faut être clair, c’est naturel qu’il y ait des moments où on n’ait plus d’idée, où on se sente comme vidé. Et quand on n’a soi-même plus d’énergie, on peut difficilement travailler sur des choses qui justement demandent un minimum de créativité.
Alors quand on commence à être davantage fatigué et à tomber malade plus régulièrement, quand on ressent une espèce de tension intérieure en pensant à ce que l’on doit faire. Ce sont des signes que nous envoient le corps, des symptômes qui viennent nous alerter sur le fait qu’il y a un problème.
Et ça a été mon cas, j’ai clairement ressenti cette fatigue et cette panne créative. Et il n’y a rien de plus normal que ça, puisque notre niveau d’énergie n’est pas toujours le même.
Il est normal de passer par des hauts et des bas, surtout pour des hypersensibles particulièrement exposé à la surcharge émotionnelle et sensorielle. Et même si c’est souvent notre premier réflexe, il n’y a pas à se sentir coupable pour ça.
Le bon réflexe et c’est sans doute le plus difficile, c’est de parvenir à prendre conscience qu’il y a un problème. C’est durant mes vacances, c’est à dire pendant un moment où j’étais en pause, que j’ai pris conscience de cela.
Et c’est plutôt logique que ce soit dans les moments où l’on a le plus de recul, que l’on peut être lucide sur ce que l’on vit.
Dans mon cas de figure, j’avais un problème concernant le rythme de publications que je m’imposais sur « loin des pressions », qui n’étais plus aligné avec ce que j’étais en capacité d’y consacrer.
La nécessité d’écouter ses besoins, et de ralentir
Quand on a tendance se mettre trop la pression, le risque c’est clairement d’en faire trop, jusqu’à dépasser même et sans s’en rendre compte, ses propres limites. Souvent cela peut se traduire par le fait de vouloir s’occuper de mille choses à la fois, de partir un peu dans tous les sens et de finir par être tout le temps occupé à faire quelque chose.
Le problème de ça c’est qu’on finit par totalement se disperser, et ne plus parvenir à déterminer ce qui est prioritaire, et ce à quoi on pourrait tout à fait renoncer. On finit par se perdre soi-même, et au final totalement s’épuiser
De mon côté, j’ai tendance à avoir tellement intégrer ce fonctionnement, que même les journées où je pensais « n’avoir rien fait », n’existaient quasiment pas. En réalité avec du recul je me rendais compte que bien souvent j’ai « fait des choses », et que j’avais même avancé sur certains points qui sont jugés comme moins productifs.
Et je pense que là on touche au problème que vivent tous les gens qui ont cette tendance à se mettre trop la pression. Cette difficulté que l’on peut rencontrer à s’arrêter, à ralentir le rythme sans s’en sentir coupable.
Pourtant, il vient au moment où l’on prend conscience de la nécessité d’écouter davantage son rythme naturel et ses besoins. Et cela passera inévitablement par le fait de prendre une décision, qui viendra casser ce cycle qui n’est plus adapté à nous et nous épuise.
Sur le site « Loin des pressions, le rythme de publication des articles était d’un contenu par semaine. C’est-à-dire que tous les jeudis, vous pouviez donc trouver sur le site un article complet et qualitatif autour de l’hypersensibilité, de la psychologie ou de la relation aux autres.
S’ajoute à cela le fait de créer une vidéo par semaine sur Youtube et la création de contenus sur certains réseaux sociaux ( surtout un : Facebook).
Aujourd’hui pour des raisons professionnelles surtout, mais aussi personnelles, je me suis rendu compte que je ne suis plus en mesure de tenir ce rythme. Alors j’ai simplement pris la décision toute simple, le nouveau rythme de publication sur « Loin des pressions » sera « seulement » d’un article toutes les deux semaines.
Dans les faits il s’agira d’un rythme minimal et il est tout à fait possible qu’il y ait parfois des articles supplémentaires, puisque Manuela écrit elle-aussi des articles très qualitatifs pour ce site. Mais pour elle-aussi et sans parler en son nom, il est important de respecter son propre rythme afin de pouvoir vous proposer des articles aussi complets et enthousiasmants.
Alors c’est pour ça que cette décision, qui parait petite ou insignifiante, est en réalité fondamentale. Elle a pour effet de m’enlever immédiatement un grosse partie de la pression que je m’étais moi-même mise.
Cette décision, elle me permet de sortir de cette illusion que l’on peut être productif à l’infini. En faisant le choix de ralentir et de choisir un rythme minimal beaucoup plus adapté et plus tenable sur le long terme, au final je suis gagnant.
Ralentir pour mieux faire, et pour ne pas abandonner
Et ça c’est loin d’être évident au premier coup d’oeil.
Parce que c’était le risque que j’étais en train de prendre à vouloir continuer sur un rythme qui n’était pas absolument pas adapté à ma vie et à mes contraintes. Et c’est, je pense, le risque qui guette toutes les personnes qui se mettent trop la pression, et qui en veulent faire trop.
C’est ce risque de finir par tout lâcher, de finir par procrastiner de plus en plus fréquemment. Pour au final finir par renoncer et totalement abandonner, ce que je voulais absolument éviter. Et c’est pour ça qu’en faisant le choix réfléchi de ralentir, on s’évite justement de finir par abandonner, totalement épuisé.
En prenant cette décision, qui pourrait être compris par certain(es) comme un aveu de faiblesse ou manque d’ambition, je me donne une chance de durer et de tenir dans le temps. Et comme je sais que ce projet est aligné avec qui je suis et qu’il s’inscrit sur un temps long, j’ai simplement envie de me donner les moyens de pouvoir tenir sur le long terme.
Finalement on peut même en conclure que ralentir est un choix bien plus ambitieux, ce qui sur le papier est totalement contre-intuitif.
On y reviendra dans le chapitre suivant, ça n’est évidemment pas applicable à toutes les situations. On est sur quelque chose qui touche à un rythme personnel, nos besoins et à ce que sont nos aspirations professionnelles ou personnelles.
Mais s’agissant de « Loin des pressions », on est de toute façon sur un processus de création de contenus, qui nécessite que « l’on aille bien ». Cela nécessite donc également d’avoir temps pour se régénérer afin de pouvoir trouver à nouveau de l’inspiration et une belle énergie à transmettre aux autres.
Et je pense avoir compris que si je suis épuisé, il me sera impossible d’écrire un article qualitatif, et qui puisse être inspirant pour vous.
Et si malgré tout je prends cette décision assez stupide de ne pas écouter mes propres limites, alors c’est certain que j’écrirai des choses moins bien et que la qualité s’en ressentirait. Et pour le coup ça serait une erreur, et je n’en serai pas forcément fier.
Cela signifie donc que contrairement à ce qu’on entend couramment, c’est loin d’être une mauvaise chose de s’écouter, d’écouter son propre rythme et ses besoins. Et ça c’est encore plus vrai pour des personnes hypersensibles, qui ont des besoins spécifiques et une façon de fonctionner en décalage par rapport à la norme
S’arrêter ou pas, tant qu’on a encore le choix
Même en étant hypersensibles, on est tous différents en terme de personnalité et de vécu. Surtout nos vies sont différentes, et beaucoup de personnes ont des contraintes avec lesquelles elles doivent composer en permanence.
Pour le dire de façon plus explicite, il y a beaucoup de personnes qui finissent par vivre leur vie en « mode survie ». Parce que la charge mentale et les stimulations sont tellement fatigantes, qu’elles finissent par se couper de leurs émotions pour pouvoir tenir.
Et comme beaucoup de personnes, pendant longtemps cela a été mon cas également.
Et quand on tient coûte-que-coûte, au niveau du travail ou même au niveau perso, alors le fait même de s’arrêter n’est même pas envisageable. Parce qu’on est de toute façon persuadé que l' »on n’a pas le choix », et peu importe si c’est vrai ou non.
Le truc c’est que ça ne dure pas, et qu’on ne peut de toute façon pas rester indéfiniment sur un rythme qui ne nous convient pas et nous surcharge. Et je pense que vous devinez ce qui se passe, lorsqu’on ne prend pas le temps de s’arrêter lorsqu’on est pourtant totalement saturé.
Les personnes qui ont vécu un burn-out décrivent tous ce jour, qui arrive un peu par surprise, et où leur corps les lâche. Impossible pour elles de se lever ou même parfois de tenir sur leurs jambes, c’est le burn-out et le corps qui nous dit stop.
Pourtant le corps a envoyé des signes, tout un tas de symptômes qu’on a pas su voir, parce qu’on s’est mis en tête qu’on « n’avait pas d’autre choix » que de continuer.
C’est à ça que sert le fait de pouvoir faire une pause plus ou moins longue, de pouvoir se reposer et se lancer dans des activité calmes et qui nous plaisent. C’est le fait de pouvoir se détacher pour un temps de cette pression permanente, et pouvoir davantage s’écouter.
Comme je l’ai écrit un peu plus haut dans l’article, j’ai pris cette décision de ralentir le rythme suite à des vacances, et c’est tout sauf un hasard. Parce que c’est le moment où j’étais le plus détaché de cette pression, que j’ai pu avoir davantage de recul sur la façon dont je vivais les choses.
Cet article n’est pas là pour vous donner des conseils clés en mains, néanmoins si je devais en donner qu’un ça serait celui-ci. Prenez ce temps de repos, de congés même, celui que vous vous refusez peut-être depuis longtemps.
Faites du mieux que vous pouvez avec vos contraintes professionnelles, familiales, financières, mais faites-le, faites une pause, faites vous ce cadeau. Parce que c’est dans ce temps-là que naissent les prises de conscience et les décisions qui vous font du bien et vous feront avancer.
Parce qu’il n’y qu’en ralentissant qu’on peut se mettre une pression beaucoup plus saine, qui nous aidera à avancer. Ça sera ce petit supplément de confiance, qui travaille avec nous et pas contre nous, qui nous tire vers le haut au lieu de nous enfoncer.
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