
🦥En résumé : ce que vous allez trouver ici
- Il n’y a pas à en avoir honte : La tristesse est une émotion normale, mais comme c’est celle de la perte ou du deuil, elle est souvent inconfortable à vivre, voire violente. On a tout à fait le droit d’être triste et d’avoir besoin de temps pour guérir . Pas de honte à avoir, elle fait de nous des êtres humains vrais et authentiques.
- La tristesse est seulement temporaire : Contrairement aux sentiments, les émotions ne durent pas et sont seulement éphémères. Même si cela vous semble loin pour le moment, rassurez-vous avec le temps la tristesse finit toujours par s’en aller. Laissez-vous du temps.
- Inutile de chercher à la dissimuler : Même si c’est difficile, et qu’on est souvent obligé de la cacher en public. Mettre sa tristesse sous le tapis est une mauvaise idée, car l’émotion finira toujours par ressortir et d’une façon encore plus violente.
- Accepter d’être triste : Même si c’est très inconfortable, essayer d’accueillir votre tristesse au lieu de chercher à vous en échapper ou de faire comme si vous alliez bien. Laissez-vous l’espace pour être triste, avoir des moments pour pouvoir l’exprimer, dans lesquels vous vous autorisez à l’être.
- Se retrouver : seul ou avec ses proches : Prenez du temps pour prendre soin de vous, et faire des choses que vous aimez. Pratiquer une activité artistique, par exemple, permet de transformer les émotions que l’on ressent en quelque chose de beau. Si vous le pouvez, partager des moments privilégiés avec vos proches de confiance vous aidera à traverser cette période difficile.
L’intensité émotionnelle des hypersensibles
Si vous êtes arrivé ici en vous demandant « pourquoi je suis triste aussi souvent », sachez que vous n’êtes pas seul(e) à vivre cela et que c’est quelque chose de tout à fait naturel
Il faut garder en tête que la tristesse est une émotion, et comme toute émotion elle n’est qu’éphémère. C’est la différence avec un sentiment, qui lui, est est censé durer dans le temps.
C’est pour cela que la tristesse ne dure pas, et ne dure qu’un temps.
Mais en tant qu’hypersensible vous ressentez probablement les émotions de façon décuplée. Alors lorsque vous vous sentez triste, vous êtes réellement en détresse.
Vous avez peut être déjà vu passer la phrase de Gustave Flaubert qui s’applique parfaitement aux hyper-émotifs, et que l’on voit parfois apparaitre sur les réseaux sociaux :
« Je suis doué d’une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire. »
Gustave Flaubert
Et justement les réseaux sociaux parlons-en, puisque parfois ce sentiment de tristesse et de honte vient du fait de se comparer sur les réseaux sociaux.
Mais regarder la vie des autres sur Instagram et la comparer à la sienne, n’est jamais une bonne idée. Simplement parce que les gens ne montrent que la réalité de qu’ils veulent montrer.
On ne montre que la face la plus attrayante, la partie immergée de l’icerberg mais le reste sous l’eau est souvent beaucoup moins reluisant. On ne connait pas la vie des gens, et la tristesse s’invite souvent derrière les visages souriants.
Cette émotion est souvent en lien avec d’autres, la colère parfois, mais aussi et surtout la honte. Beaucoup ont honte d’être triste, à l’heure où tous les discours de développement personnel nous disent de positiver en toute circonstance.
Et pourtant on n’est pas des robots, et la tristesse est un sentiment normal qu’à un moment donné de sa vie tout le monde ressent. Et le pire c’est que quasiment tout le monde la cache, par honte justement.
Alors si vous le voulez bien, mettons la honte de côté et commençons à essayer de la comprendre.

1 Identifier cette émotion
> L’émotion de la perte et du deuil
La tristesse c’est une des émotions les plus difficiles à gérer, parce qu’elle donne l’impression qu’elle va durer toute la vie. C’est l’émotion de la perte et du deuil de quelque chose ou de quelqu’un.
C’est quelque chose qui n’est plus et c’est cette émotion qui permet la transition vers une évolution.
Être triste c’est être en hiver avant l’arrivée du printemps. C’est une phase parmi d’autres, comme certains animaux muent, c’est à dire perdent leur peau, avant d’en retrouver une toute neuve.
Quiconque a déjà eu une rupture amoureuse difficile, a déjà connu cette impression de mourir physiquement. Alors que non c’est une émotion, une émotion certes violente, mais qui s’en va avec le temps.

> Cacher ce monstre que je ne saurais voir
Vous avez peut-être parfois ce réflexe tout à fait normal de vouloir faire taire ce mal-être, en vous répétant que tout va bien. Mais vous l’avez peut-être expérimenté par la passé, c’est pas une très bonne idée.
Et pour parler de mon cas personnel, je vous avoue que même en sachant que c’est un piège, j’y tombe encore régulièrement dedans. C’est comme une espèce de réflexe qui est long à gommer.
Malheureusement ce n’est pas en mettant des gros tapis épais pour recouvrir ses émotions, pour essayer de les étouffer, qu’elle finissent par disparaitre.
Ca serait tellement bien qu’on puisse faire ça, je crois qu’à certains moments on aimerait tous ne pas ressentir ça.
Malheureusement ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie, la tristesse est là et c’est une bonne idée de ne pas tourner les yeux mais de la regarder. D’ailleurs vous l’avez sans doute déjà constaté mais toutes ces émotions que vous aurez accumulées, ne vont faire que réapparaitre plus tard et de façon amplifiée.
C’est l’effet cocotte-minute, où les émotions vont s’habiller d’une couleur pas très sympa, qui risque de ne pas être très belle à voir pour l’entourage.
Alors on va commencer par la regarder, et voir qu’être triste c’est le début du changement.

2/ La regarder
C’est parce que c’est inconfortable qu’on ne le fait pas toujours, pourtant regarder en soi ce qui se passe est une bonne idée. D’essayer de voir et de comprendre pourquoi vous ressentez ce mal être et cette tristesse actuellement.
Regarder en soi c’est identifier ses émotions et commencer à les accueillir.
Il y a de grandes chances que vous sachiez déjà à quoi c’est dû, mais mettre des mots pour exprimer ce qu’on ressent est indispensable. C’est ne plus être dans le déni, mais dans l’acceptation qu’un événement nous a rendu triste.
Et c’est ok de ressentir ça, il n’y a pas de honte à ressentir, ni à se sentir coupable de quoi que ce soit.
Si vous ressentez une grande tristesse suite à un évènement, regardez aussi s’il n’y a pas quelque chose de plus profond qui a été réveillé. Une vieille blessure ou quelque chose de similaire qui s’est déjà produit dans le passé.
Si vous remarquez que ce qui vous arrive là, est un schéma qui se répète régulièrement dans votre vie. Alors il y a peut-être quelque chose à creuser, quitte à se faire aider.
Encore une fois sans se juger négativement, sans non plus se culpabiliser. C’est juste prendre un pas de recul sur soi, et faire le constat qu’il y a ce petit quelque chose qui ne va pas.
Posez un regard de bienveillance sur vous, vous n’êtes pas votre tristesse. Simplement vous ressentez actuellement une émotion de tristesse, mais vous n’êtes pas quelqu’un de triste.
Alors ne vous identifiez pas à votre émotion, et essayez de l’accepter.
3/ L’accepter
Accepter c’est avant tout s’autoriser à être triste. Ce qui parait simple sur le papier, et qui en réalité change tout.
Alors on devrait accepter cette période de vide, sans nous juger de ça. Ça veut dire aussi qu’il nous faut essayer de nous préserver du jugement des autres, ce qui n’est pas toujours simple.
Et comme certains ne peuvent pas s’en empêcher, il faut essayer d’apprendre à ne pas prendre les choses personnellement.
Accepter aussi qu’il faut du temps pour que la tristesse passe, ce qui est difficile dans une société où tout doit toujours aller très vite. Comme on sent mal on aimerait que ça dure le moins longtemps possible, mais il faut du temps et essayer d’accepter que ce temps est nécessaire.
C’est compliqué d’accepter d’être vraiment soi-même, d’être authentique dans une société basée sur l’apparence. En début d’article on parlait du fait que les réseaux sociaux n’était pas la réalité, mais juste la jolie face des choses que les gens veulent bien montrer.
Accepter sa tristesse, c’est être vrai. C’est s’autoriser à être vulnérable dans une société où on nous demande d’être performant, où être le meilleur est valorisé.
C’est justement parce que c’est pas du tout valorisé socialement, que c’est pas si évident à réaliser. Alors, allez-y, foutez vous la paix, et autorisez-vous à être vrai, plus besoin de se cacher.

4/ Se retrouver
Accepter la situation telle qu’elle est, ça n’a rien à voir avec le fait de s’y résigner. On l’a dit un peu + haut, on ne s’identifie absolument pas comme quelqu’un de triste, on ressent simplement une émotion forte, désagréable et parfois difficile à gérer.
Alors si on l’accepte, c’est simplement parce qu’on a compris que comme toute émotion, elle finirait par passer. Mais en attendant que le temps fasse son effet, comment y faire face ?
> Se retrouver avec soi-même
Si vous êtes plutôt de nature introverti, c’est peut-être quelque chose que vous faites déjà parfois. Et pourtant pour beaucoup de personnes se retrouver seul est une véritable épreuve.
Par exemple, certains préfèreront être entourés de personnes avec lesquelles avec la relation n’est pas forcément saine, pour ne pas se retrouver seul. Là dedans il y a de la dépendance affective, c’est à dire qu’on cherche avec les autres à combler un vide en soi.
Pourtant même si c’est subi et même si c’est souvent inconfortable, se retrouver seul face à soi-même est nécessaire pour aller mieux. Parce que cela nous laisse du temps pour voir en soi-même, qui on est et quels sont nos besoins.
Parce que oui la tristesse est aussi le signe que nos besoins ne sont pas forcément comblées. Et c’est aussi dans ces moments d’introspection que l’on commence à prendre conscience, que c’est à nous de nourrir nos propre besoins et pas les autres.
Le but est de ne plus attendre des autres qu’ils viennent combler nos besoins, nos proches seront là pour amener du + dans notre vie. Une espèce de bonus.
Le fait d’écrire ce que l’on ressent aide à passer à autre chose. Le fait de nommer les émotions et les sentiments, de raconter ce qui se passe aide vraiment à gérer ses périodes de tristesse.
Au delà de l’écriture, le fait de s’adonner à une activité artistique aide beaucoup. Et si écrire n’est pas votre truc, peut-être que danser, peindre, sculpter, jouer de la musique, faire du théâtre, peuvent d’avantage vous aider.
L’art de façon générale est un excellent terrain d’expression des émotions et aide aussi progressivement à s’en détacher et en s’en libérer. C’est ce que l’on nomme la Catharsis, c’est à dire le fait de se servir de ce qu’on ressent et d’essayer de le transformer en art, en quelque chose de beau, de le sublimer.
Il y a plein d’autres terrains que l’art pour s’exprimer, l’activité sportive ou même le fait de marcher en pleine nature. Le contact avec la nature et les animaux aide aussi énormément à traverser au mieux ces périodes de tristesse.
Prenez un papier et un stylo et faites une liste de tout ce que vous aimez faire dans la vie, allez-y faites le pour de vrai. Et mettez cette feuille en évidence quelque part, pour pouvoir y revenir dès que vous en ressentez le besoin.
Dans cette liste qui est là pour vous faire du bien, n’oubliez pas de mentionner le fait de passer des moments avec vos proches. Car même si comme on l’a vu se retrouver seul est indispensable, se couper totalement des autres n’est pas une bonne idée.
> Se retrouver avec ses proches
Pour beaucoup de personnes, le premier réflexe qui vient lorsqu’on est triste c’est de s’en cacher de s’isoler et de n’en parler à personne. Si c’est votre cas, essayez d’oublier ce réflexe et n’ayez pas peur d’embêter les autres avec vos problèmes.
Ils sont là pour vous soutenir, comme vous êtes peut-être là aussi pour les soutenir si besoin. Ne restez pas totalement seul avec votre tristesse ça serait dommage, parce que c’est une émotion qui est là pour créer du lien avec une personne qui va venir en empathie.
Bien-sûr ça veut dire qu’il faut qu’ils soient dignes de votre confiance, c’est à dire qu’ils soient à l’écoute et qu’ils ne vous jugent pas. Nos proches, que ce soit famille ou amis sont censés être nos soutiens, pas des gens qui par leurs mots ou leurs actes nous font sentir encore + mal.
Alors oui pouvoir partager ça avec des personnes de confiance est vraiment quelque chose de précieux, alors si vous pouvez le faire faites-le. Pour autant n’attendez pas d’eux ce qu’ils ne pourront pas vous donner, ils sont des soutiens mais ce n’est pas eux de guérir, c’est à vous de le faire.
Et il y a des cas où la tristesse se prolonge, où elle ne part pas comme ça. Lorsque vous voyez que ça se rapproche d’une dépression, essayer de vous faire aider par quelqu’un d’extérieur. C’est à dire par un thérapeute, en tout cas un professionnel qui va vous accompagner dans la prise en charge de cette difficulté.
Les proches ne sont pas thérapeute, ils sont là pour être soutenant, et sont là pour passer des moments de qualité avec vous.
C’est dans ces moments que certaines que l’on pensait de confiance, nous déçoivent. Ou à l’inverse que l’on a des bonnes surprises, avec des gens qui sont présents auxquels on ne s’entendait pas.
En lisant tout ça, vous vous êtes peut-être dit que vous n’aviez pas cette chance-là. Que vous n’avez pas ou peu de proche de confiance qui sont des soutiens. Sachez déjà que vous êtes votre tout premier soutien, et que vous pouvez être fier d’être votre propre pilier, vous avez de la force en vous.
Sachez aussi que rien n’est figé dans la vie, rien n’est jamais définitif, et qu’on peut toujours y faire rentrer de nouveau. Ne vous interdisez pas, par exemple, de vous lancer dans une activité qui vous aimez ou que vous avez envie d’essayer depuis longtemps.
Quand j’ai commencé le théâtre y’a quelques années, j’avais peur de ne pas y arriver mais finalement on y arrive. J’ai pu vaincre une bonne partie de ma timidité, et j’y ai rencontré des personnes qui ont la même passion que moi.
Vous ça sera sans doute autre chose que le théâtre, et peu importe, l’idée c’est de faire rentrer un petit peu de nouveauté. L’idée c’est de rencontrer des personnes avec qui vous avez un centre d’intérêt commun.
Évidemment toutes ne deviendront pas vos amis et c’est normal, mais cela vous aide à évoluer.

5/ Évoluer
La conclusion de tout ça, c’est de se poser la question de ce que la tristesse nous apprend sur nous-même et sur les autres. De voir ce ce que nous appris cette situation, et les leçons qu’on en a tirées.
Vous pouvez vous dire que vous avez fait du chemin en comprenant que vous n’êtes pas cette tristesse, que vous avez le droit d’être triste et vulnérable. Alors dorénavant faites en sorte de vous occuper de vous et de garder vos liens avec vos proches de confiance.
Puisque vous êtes capable de faire toutes les petits choses qu’on a évoquées au chapitre précédent, vous êtes aussi capable de faire les choix dans votre vie qui vont vous aider à faire évoluer la situation.
Ça va vouloir dire faire des choix pour vous, et donc dire non à certaines personnes et à certaines situations qui ne vous conviennent plus. Cela veut dire faire des choix parfois difficiles mais des choix courageux.
Ce sont des choix qui sont pour vous et pas contre les autres. C’est des choix faits en sérénité et non guidés par la colère et la vengeance. c’est pour vous.
Ce n’est pas évident d’y arriver lorsque comme moi, vous avez toujours été habitué à faire passer les besoins des autres avant les siens. Là si vous y parvenez, sans vous en rendre compte, vous travaillez votre affirmation de soi.
Pour reprendre notre exemple de la rupture amoureuse douloureuse dont on a parlé + haut dans l’article. Vous avez remarqué que c’est dans ces moments de deuils amoureux que beaucoup se lancent dans de grands changements dans leur vie, thérapie, changement au niveau pro etc …
C’est de la douleur que naissent les évolutions et les changements, toute la vie n’est qu’évolution. Là vous allez vous retrouvez vous, et le goût de faire ce que vous aimez.
Vidéo : hypersensibilité et tristesse
🦥Le paresseux voudrait vous dire un petit mot (rien d'obligatoire)
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