Ce qu’on pense devoir faire : on est plus libre qu’on ne croit

ce que l'on pense devoir faire

« Mon conjoint veut faire un voyage le mois prochain et je ne le sens pas, que dois-je faire ? » Cette question sur un groupe m’a interpellée.

Pour le coup, il y a eu beaucoup de réponses spontanées encourageant la personne à déjà lui en parler.

En tirant sur le fil, j’ai pensé à toutes ces situations où on se barre la route à soi-même, du fait de ce qu’on pense être impératif, logique ou obligatoire.

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait

Je trouve même que c’est une assez bonne définition de la névrose1: tout ce qu’on fait (ou qu’on s’empêche de faire) en allant à l’encontre de nos propres besoins ou envies. Parce qu’on pense qu’on n’a pas le choix, parce qu’on a peur de ce qu’il se pourrait se passer, ou simplement parce qu’une angoisse diffuse nous bloque. Alors qu’il est sain d’arriver à identifier ses besoins et, sans vouloir impérativement les réaliser quoi qu’il arrive, s’en servir comme d’une boussole qui indique la meilleure direction. Au nom de quoi devrait-on en suivre une autre ?

La peur de l’inconnu

Souvent, malgré tout ce qui ne va pas dans une situation, on associe ce qu’on connaît à la sécurité. « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » pourrait être une traduction de cette pensée. On a le sentiment de contrôler la situation a minima, toute nouveauté serait synonyme de difficulté supplémentaire.

Cette sécurité est-elle une vraie sécurité ? Si nous restons avec notre conjoint parce qu’il pourrait devenir agressif dans le cas contraire, sommes-nous vraiment en sécurité ? Qu’est-ce qui nous garantit que si nous ne bougeons pas, l’autre ne bougera pas non plus ? (Spoiler : s’il veut notre peau, il nous attaquera quand même.) Et si nous n’explorons jamais ce qu’il y a « de l’autre côté », qu’est-ce qui nous permet de dire que ce serait dangereux ?

Si nous ne connaissons pas quelque chose, pour autant ça ne veut pas dire que ce n’est pas possible. Et ici, on ne parle pas de découvrir des planètes, mais simplement d’expérimenter des comportements au quotidien. Si nous avons besoin de sécurité, nous pouvons veiller à tenir compte de ce besoin en prenant un maximum de précautions.

Ce qu’on pense que l’autre attend … et comment ça empoisonne la relation même si c’est faux

C’est le point qui me semble à la fois le plus fréquent, et le plus discutable. Bref celui sur lequel j’avais envie d’attirer l’attention.

Parfois, dans une relation (mais ça peut aussi être face à notre famille ou nos collègues), nous nous comportons comme si l’autre nous imposait quelque chose.

C’est particulièrement le cas quand on n’est pas très sûr(e) de soi, déjà dans une position un peu sacrificielle. Le risque ici est de rentrer dans une prophétie auto-réalisatrice : on met finalement l’autre dans la position qu’on redoute qu’il ou elle prenne.

Alors que si cela avait été sa vraie exigence, nous l’aurions sans doute estimée inacceptable ! Comment trouverions-nous quelqu’un qui bouderait, insisterait lourdement ou romprait pour un projet de vacances ? Voudrions-nous sérieusement d’un(e) partenaire comme ça ? C’est comme si, de peur de découvrir quelque chose qui pourrait nous déplaire, nous l’anticipions en nous faisant le mal nous-mêmes, avant que l’autre ne puisse nous le faire.

Et au risque qu’il arrive – pling ! – exactement ce que nous redoutions. Notre personne, appelons-la Camille, va se retrouver embarquée en voyage comme si son conjoint l’avait forcée, va faire à moitié la tête pendant tout le séjour, et finir par exploser pour une broutille : « de toute façon, je n’ai jamais voulu venir ! » Le conjoint risque alors légitimement de tomber des nues, de ne pas comprendre et de se sentir agressé. Peut-être même va-t-il se sentir trahi qu’elle ne lui en ait pas parlé avant, et regretter d’avoir mis du temps et de l’argent dans un voyage qui n’aura pas fait plaisir.

Les ardoises, fussent-elles uniquement dans notre tête, sont toujours des bombes à retardement. Et l’animosité, une fois qu’elle est là entre les deux, est bien réelle. En étant clair sur ses propres besoins, ce qu’on veut ou non (ou sur le fait qu’on accepte quelque chose, mais à charge de revanche !), on rend service à l’autre en lui laissant un « terrain » propre.

En évitant la confrontation dans la réalité, on se prive de l’occasion de se rendre compte qu’il peut aussi se passer autre chose. Si vous étiez le conjoint de Camille, que feriez-vous ? Peut-être en discuteriez-vous ensemble pour comprendre ce qui pose souci et comment on pourrait faire pour le rendre plus confortable. Peut-être annuleriez-vous ou décaleriez-vous tout bonnement le voyage. Peut-être partiriez-vous tout seul, et vous offririez-vous autre chose ensemble à un autre moment. Peut-être seriez-vous vexé un moment, mais je ne pense pas que vous lui imposeriez d’y aller, et sans moufter s’il vous plaît, comme elle l’aurait exigé d’elle-même.

> Les attentes sociales

Elles rentrent aussi dans cette catégorie. « Ca ne se fait pas ! » « Je ne peux quand même pas … ! » Ce sont souvent des croyances ou exigences que nous avons apprises : soit de notre éducation – parce que nos parents ou figures de référence avaient leurs propres craintes ou conditionnements -, soit de notre entourage social – tout ce qui renvoie aux comportements majoritaires et aux stéréotypes, de catégorie sociale ou de genre par exemple. Quel homme hypersensible ne s’est jamais dit que zut, un homme, ça ne devrait pas pleurer, ou pas pour si peu ?

A l’échelle collective aussi, les amertumes, les anticipations négatives autovalidantes, les « ardoises » (« un jour, ils me le paieront ! ») aboutissent à des croyances, à des répétitions, à des symptômes. Dans les cas extrêmes, malheureusement, on pense à la personne « très réservée et sans histoire » qui un jour défraie l’actualité avec un massacre. De façon plus classique, nous connaissons tous des personnes dans un remâchage haineux ou triste sur « ce monde » ou « cette société », qui part souvent d’un sentiment d’impuissance.

Bien sûr, il y a des choses qui ne sont réellement pas possibles. Mais concernant de nombreuses autres, rien ne nous en empêche en réalité, et si on observe les gens, peut-être que d’autres les font sans problèmes.

Et mieux encore, la société, nous en faisons aussi partie, et nous pouvons aussi la faire évoluer ! En expérimentant justement d’autres façons de faire, en en discutant avec les autres, en nous rapprochant de personnes qui pensent comme nous. Les usages n’ont pas toujours été comme aujourd’hui et ne le resteront pas (d’ailleurs depuis notre naissance, nous avons certainement tous déjà noté des évolutions). A nous de faire notre part du colibri pour qu’ils évoluent dans le sens que nous souhaitons.

Nos préceptes intérieurs

Dans une psychothérapie, on tombe souvent sur des préceptes intériorisés. Il ne faut surtout pas (compléter avec ce que vous voulez : dire non, faire comprendre à un homme qu’il nous plaît, partir seul.e en vacances, divorcer …) ! Sans forcément savoir pourquoi d’ailleurs, quel serait le risque.

En réalité, on prend souvent des décisions (et on renonce à d’autres) de cette manière.

> Ce qu’on croit ne vient pas de nulle part

L’origine de ces croyances se situe souvent dans nos expériences précédentes ou notre éducation, des situations répétées dont c’était le point commun. Il est alors aidant de se pencher sur ce qu’il s’est passé exactement.

Est-ce qu’on nous a renvoyé dans l’enfance qu’un homme ne doit jamais pleurer, et peut-être d’autres choses agressives avec ? Qui a fait ça, dans quel contexte ? Que pouvons-nous dire aujourd’hui de l’adulte que c’était ? Avec le recul d’être adultes nous-mêmes, que connaissons-nous de son caractère, de son histoire, de ses propres difficultés ?

Pour aller plus loin, cela peut même, si c’est possible, être le point de départ d’un échange intéressant avec l’intéressé(e) ! Peut-être que rétrospectivement, d’adulte à adulte, cette personne va pouvoir nous dire si elle se souvient de ces scènes, comment elle s’est sentie elle-même dans ces moments, ce qui était alors compliqué pour elle. Et même si cela n’arrive pas, cette réflexion va nous permettre d’utiliser notre empathie et de prendre le comportement pour ce qu’il était : la manifestation d’une subjectivité, d’un individu qui n’avait pas mieux sous la main à ce moment-là.

Cela peut aussi correspondre à des situations vécues par des proches avant nous, sans que cela ait été affirmé verbalement. Si par exemple, dans notre famille, plusieurs femmes ont été quittées brutalement par leurs conjoints, il est probable que nous appréhendions la même chose et ayons des croyances du type « de toute façon, les hommes finissent toujours par partir ». Ou si par bonheur il nous arrive le contraire, que nous gardions toujours un vague sentiment d’angoisse ou de culpabilité, comme si ce n’était pas normal d’avoir cette chance.

> « Je ne suis pas normal(e) ! »

Quand on s’identifie comme hyper, très souvent, parmi ces préceptes, il y a l’idée que nos émotions sont forcément incorrectes, exagérées, anormales ou incompréhensibles. Beaucoup d’hypersensibles s’interdisent systématiquement d’exprimer simplement ce qu’ils ou elles ressentent, parce que les autres ne vont de toute façon pas comprendre (si on ne dit rien, il est sûr qu’ils ne le pourront pas !). Ou vont demander sur un groupe : « Est-ce normal si … ? » « Est-ce que quelqu’un a déjà … ? » Bien souvent pour parler de quelque chose que tout le monde connaît plus ou moins.

En vrai aucune émotion n’est normale ou anormale, toutes sont subjectives et différentes d’une personne à l’autre. Et toutes méritent d’être entendues, qu’on les comprenne ou non. Ce qui n’est pas normal, c’est ce qui est interdit par la loi, ce qui fait du mal à autrui ou à soi. En dehors de cela, on n’a aucune raison de perdre notre temps à nous interroger sur une éventuelle normalité ou sur ce qu’on devrait ressentir à la place.

Rappelons que nos émotions sont là pour nous dire quelque chose, notamment de nos propres besoins. Peut-être que la situation ne permet pas d’y répondre directement, ça arrive ; cela n’empêche que nous les avons, et qu’ils nous indiquent probablement une direction à suivre, un élément à ne pas oublier. Et encore une fois, au nom de quoi devrions-nous suivre une autre boussole que la nôtre ? Il n’y a rien de « normal » à n’avoir aucun besoin, à ce que tout nous convienne toujours. Une telle personne n’existe pas, et si elle existait, ce serait probablement au prix d’une importante inhibition (on pourrait supposer une réaction traumatique).

Décider peut impliquer un coût ou un risque

La sagesse populaire le dit bien : on n’a rien sans rien. Quand on écoute son besoin et qu’on envisage une décision nouvelle, on est confronté à une réalité pas toujours favorable, et des étapes peuvent nécessaires avant d’arriver à une situation satisfaisante. Si je démissionne de mon poste, il va falloir trouver un autre gagne-pain et peut-être accepter un temps d’incertitude. Mais c’est possible, et en pensant stratégiquement, on peut limiter les risques le jour où on le fera. Et si possible, prévoir des plans B et C.

La tactique du saucisson : un pas par un pas

Parce qu’on se représente souvent la décision, quelle qu’elle soit, comme un grand coup de théâtre, un changement radical. Et c’est ce que vont faire nos détracteurs. « Tu veux quitter ton travail ? Mais tu vas vivre de quoi ? »

Mais en réalité, peu de choses se mettent en place du jour au lendemain. Bien sûr, on peut démissionner sur un coup de tête, mais on peut aussi, sans prendre aucun risque, commencer par regarder les offres d’emploi, envoyer des courriers à des institutions ou entreprises qu’on connaît, se renseigner sur ses droits au chômage et leurs conditions, aller voir un(e) assistant(e) social(e).

> D’une idée à un projet

Le début d’un changement peut être une question. Si je devais …, à quoi faudrait-il penser ? Plus on se le figure complètement, plus l’idée va prendre forme, s’ajuster et devenir un projet.

Au début de l’année dernière, insatisfaite de mon poste et des offres d’emploi disponibles, j’ai eu cette idée, un matin en ouvrant mon ordinateur, de regarder les annonces immobilières pour des locaux professionnels. Pas pour en louer un le lendemain, simplement pour me faire une idée de ce qui existait, des prix, de l’offre. Quand a poppé devant moi l’image d’une adorable devanture colorée du centre-ville, que j’avais déjà vue et même prise en photo, j’ai eu envie d’aller chercher plus loin, de me renseigner sérieusement sur le travail en libéral, puis de demander à visiter ce local, ne serait-ce que par curiosité. Et aujourd’hui, je m’apprête à y ouvrir mon cabinet.

Magique ? Peut-être y a-t-il une part de synchronicité heureuse, quelle que soit la manière dont on se l’explique. Et si cela peut contribuer à nous donner le courage et l’envie d’aller plus loin, tant mieux ! Mais de façon très rationnelle, ce qu’il s’est passé ce matin-là devant mon ordinateur, ça a été que mon idée est devenue représentable. Ce n’était plus un « un jour, qui sait, avec de la chance … » abstrait, ça avait un « visage ». Et ça dessinait les étapes suivantes.

> Tenter déjà un premier pas

Cette pensée, un pas par un pas, va pouvoir nous aider. Dans une thérapie stratégique, on peut vous demander : quel serait à l’heure actuelle le plus petit changement possible, suffisamment petit pour que vous vous sentiez de l’assumer ? Mettons-nous dans la peau d’un chercheur : qu’est-ce qu’il se passe quand …?

Ne serait-ce que pour tester ce qu’il va se passer, et pouvoir faire marche arrière si vraiment ça n’allait pas. Ca peut être prendre des informations, en parler à quelqu’un en qui on a confiance ou qui a déjà été dans la même situation. Ou dans une situation relationnelle compliquée, essayer d’imaginer un comportement qu’on n’a jamais eu, préparer une phrase, une question à poser. C’est en se rendant compte que c’est possible, qu’on va arriver à prendre plus d’assurance et oser aller plus loin par la suite.

Pour revenir à la situation du voyage, on peut tout à fait imaginer que Camille en touche déjà deux mots à son conjoint. Sans avoir forcément en tête ce qu’elle veut faire à la place, lui dire : je ne le sens pas pour telle ou telle raison. Ou une question : Et si on partait plutôt l’été prochain, qu’est-ce que tu en penserais ? Elle pourrait même revenir en arrière si vraiment le conjoint se vexait et insistait. La suite appartient à eux deux … ensemble.

Désamorcer ses angoisses : que pourrait-il arriver de pire ?

Une autre façon de réduire ses angoisses peut être de s’y confronter réellement. En imaginant vraiment les pires situations possibles.

Si je quitte mon travail, je peux me retrouver au chômage. Que se passerait-il dans ce cas ? Qui pourrait m’aider ? Dans quelles conditions je peux toucher une aide, de quel ordre et pendant combien de temps ? Et si vraiment pendant tout ce temps, personne ne m’embauche, que se passe-t-il lorsqu’on arrive en fin de droit ? Quel job « alimentaire » serais-je prêt(e) à accepter au moins temporairement ?

Le but ici n’est pas de se convaincre que tout est possible, mais de penser sa pensée jusqu’au bout et de se représenter toutes les possibilités. Souvent on ne le fait pas, on s’arrête par exemple à l’idée qu’il ne faut pas être au chômage. Alors qu’en réalité, il existe des réponses à beaucoup de situations, et des personnes qui les ont traversées avant nous, qui peuvent nous faire bénéficier de leur expérience.

> Rien n’est sûr, ni le pire ni le meilleur

Et même si notre projet n’aboutit pas, la vie ne s’arrête pas là. En réalité, la vie continue, indépendamment de nous, qu’on réalise nos projets ou qu’on reste sagement dans notre zone habituelle (qui n’est pas forcément « de confort », parfois bien au contraire). De nombreuses choses, positives comme négatives, peuvent arriver et influer sur notre trajectoire sans qu’on puisse tout anticiper.

Mais évidemment, une réponse peut être aussi de s’imaginer, inversement, tout ce qui pourrait bien se passer, et en tirant sur le fil : qu’est-ce qui nous aura permis que ça se passe bien ?

Si je postule ailleurs, peut-être que je trouverai un poste qui me plaira mieux ! D’autant plus que cette fois, je choisirai vraiment les endroits où je postule, je partirai davantage de mes besoins et serai honnête sur ce que je suis prêt(e) à accepter !

Et si on ne faisait pas ? La tactique du paresseux

Nous avons ici imaginé le cas d’un changement impliquant une action. Mais quand on parle de conditionnements, le premier changement et le plus simple, peut aussi consister à « ne plus faire » ce qu’on croyait devoir faire. Et déjà voir quelles portes ça ouvre.

Quand on est dans une routine, le début peut sonner comme : « et si aujourd’hui, pour une fois, je ne le faisais pas ? » Dans un travail qui nous met en souffrance, ce sera peut-être un arrêt de travail, cette petite impulsion qui fait que, ce matin, pour une fois, je me permets de rester au lit (oui, les symptômes désagréables offrent parfois des bénéfices secondaires !). Bien sûr, je ne le ferai pas tous les jours, il faudra le justifier, etc. Mais c’est un premier pas vers l’acceptation de son besoin, ce petit moment qui nous rappelle que ça peut se passer autrement.

Ca peut être l’invitation à laquelle on ne vient pas, ou qu’on arrive avec un peu de retard. Ca peut être de rendre un travail un peu moins parfait que d’habitude. Ca peut être l’activité régulière pour laquelle on s’excuse cette semaine. Et de se rendre compte qu’il ne se passe rien de grave. Ce ne sont pas de grands changements, c’est simplement de se rendre compte que ce qu’on faisait n’était pas si indispensable que ça, qu’on a le droit de parfois ne pas pouvoir ou vouloir.

Euh … est une réponse

Le premier pas d’un changement, ça peut même être un moment d’arrêt. Je me souviens de situations où ça partait simplement d’une seconde un peu trop longue de réflexion ou de perplexité. Le fait de ne pas répondre instantanément à une demande, d’hésiter, peut être le premier « petit pas » qui met la puce à l’oreille de l’autre … et la sienne propre. Si on ne sait pas, « je ne sais pas » est une réponse à part entière.

« Si tu hésites, c’est que c’est non » est une règle que j’ai adoptée pour le shopping, mais elle est vraie pour beaucoup d’autres situations. Quand c’est un oui franc, on le sent et on le dit. Quand ce n’est pas le cas, il y a forcément quelque chose qui demande encore réflexion. Et cette réflexion fait aussi partie de la responsabilité qu’on prend. Toutes les décisions n’exigent pas une réponse immédiate et irréversible. Si nous disposons d’un temps de réflexion ou de rétractation, utilisons-le.

Et même dans une situation où nous ne voyons pas d’issue, il nous reste cette possibilité : ne rien faire, attendre que notre pensée ou l’attente de l’autre se précise. Souvent, un moment de silence est compris par l’autre comme une invitation à en dire plus, et ça peut parfois être le début d’un échange différent de ce qu’on aurait pensé !

Au bout d’une décision (ou d’une non-décision), si petite soit-elle, il y a toujours la satisfaction de constater que cela a des effets. Notre comportement compte, nous n’étions pas si impuissants que ça. Il y a le sentiment d’avoir pris une responsabilité pour soi-même. Une forme de gratitude envers soi-même, de ne pas s’être laissé tomber cette fois. Voire parfois un étonnement positif : c’était donc si simple que ça ?

  1. Ce mot englobe tous les « petits » dysfonctionnements psycho-comportementaux qui, sans constituer des maladies psychiatriques (psychoses) ou des troubles neurodéveloppementaux, peuvent nous mettre en souffrance et perturber notre vie au quotidien. ↩︎

Auteur/autrice

  • Psychologue clinicienne hypersensible, ma passion est la connaissance de soi et des autres.

    "Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre"    - Marie Curie

🦥Le paresseux voudrait vous dire un petit mot (rien d'obligatoire)

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