Hypersensible et parent : et s’il n’y avait pas besoin de se rendre autant coupable ?

etre un parent hypersensible

🦥En bref : ce que vous allez découvrir ici

  1. Souvent épuisés : Nos vie professionnelles et mêmes personnelles sont remplies de stimulations sensorielles, et de sollicitation en tout genre. Nous vivons également les émotions intensément et souvent également nos pensées se bousculent. Ajouter à cela le rythme souvent soutenu, le manque de temps pour soi et le sommeil et vous avez le cocktail parfait du parent épuisé. Malgré les nombreuses joies, les parents hypers sont particulièrement fatigués.
  2. Culpabilité et cercle vicieux : La fatigue fait que nos émotions sont davantage exacerbées, et que nous manquerons de patience. C’est encore pire lorsqu’on voudrait que tout soit parfait, alors que le parent parfait n’existe pas. Essayez de ne pas vous rendre coupable pour tout, il est normal dans une certaine mesure, de faire des erreurs. L’essentiel étant de faire de chercher à s’améliorer.
  3. On a envie de bien faire : Les personnes hypersensibles ont bien souvent des qualités d’empathie voire d’altruisme qui font d’elles de potentiels bons parents. et si en plus vous avez un enfant hyper, vous serez à même de mieux le comprendre. Qui de mieux qu’un parent hyper, pour comprendre pourquoi son enfant peut être gêné par certaines lumières, odeurs, bruits ou tissus ; ou pour comprendre les émotions intenses.
  4. On n’est pas des parents parfaits : En tant que parents, on n’a pas le mode d’emploi. On a toutes et tous reçus une éducation, et c’est souvent elle qui sert de repère au moment d’éduquer nos enfants. Si l’on a évolué dans une famille équilibrée sécurisante et aimante, on aura tendance à poursuivre le même type d’éducation. En revanche si on a identifié qu’on a évolué dans une famille dysfonctionnelle, on le fera en contradiction avec l’éducation reçue.
  5. Être à l’écoute : Être parent c’est souvent un jeu d’équilibriste, dans lequel il faut parvenir à fixer des limites, à les expliquer pour qu’elles soient comprises, sans pour autant tout interdire. C’est donner des repères clairs, tout en laissant s’exprimer l’enfant. Cela passe par le fait de mettre en place un dialogue et une véritable écoute, en communicant de façon non violente. Ainsi chacun peut se sentir écouté et son point de vue vraiment considéré.
  6. Créer des liens : C’est le dialogue entre parents et enfants, qui permet de s’intéresser à ce qu’ils font. Et qu’eux aussi puissent finir par s’intéresser à ce que vous faites. Cela passe beaucoup pour l’exemple, et il sera difficile de les convaincre de faire quelque chose que nous ne faisons pas nous-même. Sans leur faire porter nos problèmes d’adulte, il n’y a rien de mal à leur expliquer qu’on vit ou qu’on a vécu des émotions et des situation similaires aux leurs. Cela peut leur donner des clés pour gérer les leurs.

Parent (souvent) épuisé

> Par la vie de parent et le reste

On est beaucoup de personnes très sensibles à être parents, et même si cela nous amène beaucoup de joie ce n’est pas toujours une sinécure. On va se le dire franchement même si les enfants sont trop choux, être parent c’est fatigant et pour tout un tas de raisons.

Parce qu’en tant qu’hypersensible on vit les émotions intensément, un peu comme le font les enfants (sauf qu’eux se fatiguent moins facilement). Ajoutez à cela toutes les stimulations et toutes les sollicitations au quotidien, et on finit la journée sur les rotules.

C’est la réalité de la parentalité, les enfants et particulièrement lorsqu’ils sont petits réclament une attention et un degré d’investissement, qui n’est pas neutre en terme de fatigue.

Et puis on a le manque de sommeil qui est bien présent, particulièrement pour les parents d’enfants en bas âge.

Le truc c’est que cette fatigue est loin d’être seulement liée à la parentalité, parce que le fait d’être parent apporte également plein d’émotions positives pour venir compenser cette débauche d’énergie.

C’est surtout le fait que les sens soient stimulés de façon intense, et d’être très sollicité, ce sont aussi des choses que l’on vit souvent dans la vie professionnelle par exemple. Avec là aussi les problèmes de surcharge émotionnelle et les problèmes de sommeil qui peuvent en découler.

parent hypersensible souvent épuisé

> Les cercles vicieux et la boucle de culpabilité

Là finalement, ce sont des phénomènes d’accumulation qui se jouent, et qui font que parfois ça peut être difficile d’être parent. En clair il y a des vrais cercles vicieux qui peuvent se mettre en place, le manque de sommeil entrainant parfois un manque de patience et des émotions exacerbées.

On culpabilise d’avoir fait ou dit telle chose, ou de ne pas les avoir faites ou dites, et on voudrait que tout soit parfait sans jamais y arriver. Certaines personnes, même, finissent par vivre un état d’épuisement, voire de la dépression de post-partum, qui les fragilise clairement sur tous les aspects de leur vie

Cet état de fatigue intense où on se sent clairement « à fleur de peau », vient aussi souvent fragiliser l’entente dans un couple. Où l’on peut finir par ne plus se comprendre, se reprocher des choses et se disputer, ce qui au final complique encore davantage le fait d’être un parent.

C’est donc pour cela que la fatigue est finalement l’aspect le plus important à gérer, parce que c’est cette fatigue vient entretenir les cercles vicieux dont je viens de parler.

Il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur toutes les ressources dont on peut disposer. Cela demande aussi de mettre en place une véritable coopération entre les deux parents afin que l’un puisse prendre le relais lorsque l’autre est arrivé au bout de ses limites.

Et encore dans ce tableau, je ne parle pas des familles mono-parentales où le parent qui gère (dans la grande majorité des cas, la mère) doit assurer pour deux, en mobilisant des qualité de courage et d’abnégation qui sont difficilement tenables à long terme.

Je n’évoque pas non plus le cas des enfants présentant un handicap ou malade, où là la parentalité prend forcément une dimension différente. Sinon que ça suscite en moi une certaine admiration de les voir tout gérer, aider, aimer encore plus fort et j’imagine pleurer en silence.

D’une façon générale il n’y a pas de honte à demander une aide extérieure, les parents parfaits ça n’existe pas. En tant que parent on se met la pression et on culpabilise pour un rien, on s’inquiète pour tout et on voudrait tout faire parfaitement.

Cette culpabilité permanente et ce perfectionnisme typique des hypers, c’est une espèce de boucle sans fin que l’on se crée dans sa tête. Et qu’on doit essayer de ne pas laisser s’installer, et la casser si elle est là.

culpabilité des parents et cercle vicieux

Les qualités des parents hypersensibles

Parce qu’en tant que parent on a envie de bien faire les choses et que nos enfants soient heureux. La réalité c’est qu’on fait de notre mieux avec ce qu’on a entre les mains.

Alors au moment où on se culpabilise de ne pas tout faire bien, c’est tout cela qu’il faut garder en tête.

Et puis il faut le dire, bien souvent nos enfants sont également sensibles. Pour aller plus loin, il y a tout de même une belle probabilité que vos bouts de chou soient hypers également.

Donc ça veut dire qu’eux aussi vivront de l’intensité émotionnelle, pourront parfois être dérangés par certaines lumières, odeurs, bruits, tissus ou matières.

Comme nous, il y a des jours où ils se sentiront bien, et d’autres où ça sera plus chaotique. Et puis les enfants, contrairement à ce que certains adultes pensent, sont loin d’être bêtes.

Ils observent et comprennent bien comment la famille fonctionne. Et vous l’avez peut-être constaté en tant que parents, dès qu’ils perçoivent une faille quelque part ils tenteront de s’y engouffrer.

Ils testeront parce que bien souvent ils attendent un cadre, des limites, et pourquoi ces limites. Les enfants ont une soif de comprendre, mais ça on en parle un peu plus tard dans l’article.

Et finalement qui de mieux qu’un hypersensible, pour comprendre et éduquer un enfant hypersensible. On est naturellement bien placé pour comprendre ce qu’ils vivent, puisqu’on a vécu ou on vit encore actuellement des expériences similaires.

Nos qualités d’écoute et d’empathie, d’altruisme même ; font que nous avons des qualités qui font de nous des potentiels bons parents. Des parents qui font de leur mieux, pas des parents parfaits.

parent hypersensible : envie de bien faire

Une question d’éducation

> Le Parent parfait n’existe pas

Quand on devient parent, on ne nous fournit pas le mode d’emploi pour arriver à gérer chacune des situations que l’on vivra. En réalité l’éducation que l’on va donner à nos enfants, elle va résulter de choix personnels.

Ces choix seront bien souvent influencés par l’éducation que l’on a reçus pour nous-même. Que l’on éduque ses enfants dans la continuité de l’éducation que l’on a reçue, ou qu’au contraire on le fasse en contradiction avec tout ou une partie de l’éducation reçue.

Bien entendu quand on éduque ses enfants très différemment de la façon dont l’a été, c’est parce qu’on a le recul sur l’éducation que l’on reçue et qu’on a fait le constat qu’elle ne conviendrait pas à son (ses) enfant(s). Bien souvent c’est pour éviter de faire subir des comportements toxiques à ses enfants, c’est donc tout sauf une petit chose.

D’arriver à faire en sorte que le négatif s’arrête après vous, c’est même une grande chose, une preuve d’amour. A l’inverse on peut avoir envie de répéter auprès de son enfant, des choses qui nous ont apporté de la sécurité et de l’affection, et ça aussi c’est une preuve d’amour

Mais que ce soit pour faire l’inverse, ou en en restant dans la continuité, finalement l’éducation que l’on a reçue soi-même sert de base et ça on n’en a pas forcément conscience. Ce ne sont pas des excuses, mais ça explique la répétition de schémas familiaux et de fonctionnements bien ancrés.

Je l’ai dit en tant que parent, et surtout parent hyper, on se sent coupable en permanence, mais on n’est pas moins bon parent que les autre. Cela s’explique surtout parce qu’on mesure à quel point on est responsable de l’éducation donnée à nos enfants.

Et c’est vrai, on est responsable pour eux.

Pour en revenir à l’absence de mode d’emploi, finalement le seul que l’on ait c’est l’éducation que l’on a reçue nous-même, et les leçons qu’on en a tiré. Ce qu’on pense être bon ou non pour notre enfant. Et ça ça concerne tout le monde, y compris les non hypersensibles.

Les parents font des erreurs et c’est normal, il faut essayer de sortir de ce perfectionnisme qui nous fait tant culpabiliser, en se rappelant que l’on fait simplement de son mieux. Le parent parfait n’existe pas, ce qui compte c’est d’avoir l’humilité d’admettre que l’on s’est planté et essayer de s’améliorer, c’est sans doute ça qui fait de nous des bons parents.

pas des parents parfaits

> Être à l’écoute

Sauf à parler de violence et de traumatisme, il n’y a pas forcément de bonne façon de faire en matière d’éducation des enfants. Ce qui ressort de mon expérience et celle d’autres parents, c’est surtout la difficulté de trouver le bon positionnement.

Je vois l’éducation comme une espèce de jeu d’équilibriste entre le fait de poser des limites et donner des repères, tout en laissant l’enfant également s’exprimer. L’essentiel étant surtout de parvenir à bien expliquer les éventuelles limites, à avoir une certaine pédagogie et à parvenir de communiquer de façon non violente.

C’est une histoire de souplesse, le but étant de parvenir à atteindre un point d’équilibre entre le fait d’être ferme sur ce que l’on pense être important, et d’être sans doute plus souple sur ce qui nous semble secondaire.

Parce qu’on ne peut pas tout interdire au risque de brimer les besoins de ses enfants, mais pas non plus tout autoriser au risque de brimer les siens.

Et c’est bien ce qu’est la CNV (communication non violente), c’est pouvoir exprimer ses sentiments ses besoins et formuler des demandes, sans pour autant agresser l’autre. Et c’est en utilisant ce mode de communication où on parle de soi du « je » et pas du « tu », qu’on arrive à mieux écouter et comprendre ce que veut dire l’autre.

Cela permet également que les enfants soient habitués à communiquer de cette façon, ce qui leur permettra d’être en empathie avec les autres tout en s’affirmant. Parce que la CNV n’empêche pas de dire non à ce qui ne nous convient pas.

Cela permet également la prise en compte des besoins de l’enfant, ce qui ne veut pas dire que l’on va dire forcément oui mais c’est important qu’il est la place de les exprimer. Parce que c’est finalement d’écoute et de considération dont ils ont besoin, en cela ils ne sont pas différents des adultes.

Mettre en place cette écoute et ce dialogue est fondamental pour que l’enfant se sente en capacité de parler de situations délicates.

parent hypersensible : être à l'écoute

> Créer du lien

C’est en s’intéressant à eux, à ce qu’ils aiment, en partageant même des moments ensemble que l’on crée un lien de confiance. Au fur et à mesure, parce que votre enfant vous voit présent et à l’écoute, une complicité assez naturelle nait.

De leur côté, ils vont également s’intéresser à ce que vous faites, et vont même probablement prendre exemple sur nous. On n’est toujours pas des parents parfaits, mais il faut garder en tête qu’on a valeur d’exemple pour eux.

Si on demande à notre enfant de ne pas dire de gros mot, alors même qu’on en prononce à toutes les phrases, ça sera compliqué de le convaincre de ne pas le faire.

Ce qui a donné le goût de la lecture à mon fils, c’est aussi parce qu’il me voyait me mettre davantage à lire. Qu’on le veuille ou non il y a une forme de mimétisme et de valeur par l’exemple, les petits imitent les grands.

Quelle légitimité j’aurais à lui demander de lire des livres, si je ne le fais pas moi-même et reste vissé sur mon portable ? Aucune évidemment, et les enfants le savent bien.

Cela me semble compliqué de tenir une posture où l’on donne des ordres, tout en ne donnant pas l’exemple soi-même. En cela, on doit avoir une démarche d’humilité, car même si on connait plus de choses et qu’on a davantage d’expérience, les enfants ont également des choses à nous apprendre.

Les enfants ont un regard sans filtre sur les événements, une espèce de souffle d’air frais, teinté d’innocence mais aussi de pertinence. On peut se mettre à hauteur d’enfant et écouter.

Il ne faut pas non plus hésiter à expliquer ce qui se passe pour vous, sans pour autant leur faire porter vos problèmes d’adulte et vos angoisses car ils ne sont pas thérapeutes non plus. Mais il n’y a rien de mal à leur expliquer que nous aussi en tant qu’adultes on ressent des émotions similaires aux leurs.

Cela leur montre que c’est ok de ressentir ça, et ça va même probablement les aider à gérer les leurs.

Les enfants finissent par se rendre compte que leurs parents ne sont pas les super-héros qu’ils imaginaient. D’une façon générale les enfants sont pas bêtes, ils voient bien si vous allez bien ou non. Vous ne pourrez les duper, et leur raconter des salades bien longtemps.

Et même si on doit les protéger de ce qui concerne seulement les personnes adultes, ils peuvent comprendre aussi les émotions que ressentent leurs parents. Et ils verront que ce sont les mêmes que les leurs.

> Les aider à grandir

En leur racontant nos expériences passées, cela peut leur donner des repères sur la manière de gérer les problèmes qu’ils rencontrent. Le but c’est pas forcément de leur expliquer comment ils doivent faire eux, mais c’est de pouvoir faire en sorte qu’ils puissent en parler y réfléchir avec vous et prendre les meilleurs décisions pour eux.

Pour reprendre une analogie bien connue, le but n’est pas de leur donner du poisson, mais plutôt de leur apprendre à pêcher.

En tant que parent, je remarque qu’on aimerait leur éviter de souffrir ils se prendront des portes. Mais des fois cela va plus loin que ça, et certains parents voudraient projeter dans leurs enfants, la vie qu’ils ont imaginé pour eux, mais ça ne marche pas comme ça.

C’est eux qui feront les choix de vie, et s’ils se trompent ils feront les changements qu’ils jugent utiles. Notre rôle c’est d’être présent pour eux et de les aider s’ils en ressentent le besoin, ce n’est pas de vivre à leur place.

Et c’est parce que la communication entre parents et enfants est là, qu’il y a la place pour parler des sujets qui les préoccupent. Sans pour autant qu’il y ait l’obligation de parler de tout, ils auront aussi leur jardin secret et des choses qu’on ne saura probablement jamais.

Et vous en avez probablement un vous aussi, il n’y a rien de plus normal. Un jardin qu’il ne faut pas oublier de cultiver de votre côté, parce qu’après tout on n’est pas que des parents.

Si dans les générations précédentes, les mères devaient être exclusivement des mères, ce ne sont plus les standards. On est parent et autre chose, et c’est très bien comme ça cela permet qu’on ne s’oublie pas

Vidéo : Être parent et hypersensible

Auteur/autrice

  • Hypersensible moi-même, j’ai créé ce site pour accompagner celles et ceux qui se sentent souvent “trop” ou toujours en décalage. Je dis "chocolatine" aussi 😉

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