Quand l’anxiété généralisée revient, mais sans tout emporter sur son passage

Hypersensibilité anxiété généralisée

Le problème du trouble anxieux généralisé (TAG)

> Se sentir anxieux et se sentir coupable de l’être

Je pensais m’être débarrassé de mes troubles anxieux généralisés, et que mon TAG (puisque c’est comme ça que ça s’appelle), était derrière moi.

Mais suite à un épisode difficile sur le plan personnel, puis un autre qui m’a mis en difficulté sur le plan professionnel. Cette anxiété qui avant tout ça apparaissait seulement de façon ponctuelle, est revenue de façon plus forte et plus envahissante que ce qu’elle était.

On entend dire souvent que l’on n’est pas responsable de ce qui nous arrive, mais que l’on est seulement responsable de la façon dont on le gère. Et même si en un sens cette phrase contient une bonne part de vérité, elle ne doit pas nous amener à nous faire sentir coupable pour autant.

Parce qu’être responsable ce n’est pas être coupable de quoi que ce soit, mais de mon point de vue ce n’est pas non plus certain que nous soyons toujours responsable de notre façon de réagir.

Parce qu’il arrive que ce qui se produit dans nos vies nous dépasse, que cela nous demande de déployer des efforts, et un niveau d’énergie tel que cela finit par nous fatiguer. Et il est bien évident qu’on ne choisit pas d’avoir ces troubles anxieux généralisées, et que ceux qui en souffrent s’en passeraient très bien.

> La (fausse) impression d’une boucle sans fin

C’est tout ce processus auquel j’ai pensé quand j’ai vu cette anxiété généralisée revenir de plus belle, ce qui m’a rajouté encore davantage d’anxiété avec cette peur de « plonger », ou plutôt de replonger. Parce que j’ai la quarantaine passée, et que j’ai connu le TAG et la dépression par le passé, et comme tout le monde je me réfère à ce que je connais.

Alors dans un premier temps, j’ai vécu le fait de la voir revenir comme un sacré retour en arrière, avec cette même peur de replonger avec certains démons du passé. Parce qu’on observe en soi cette anxiété qui petit à petit a tendance à prendre de plus en plus de place au point de commencer à se généraliser, comme une petite musique qui s’installe dans notre tête.

Parce qu’il y a aussi ce risque qu’insidieusement cette anxiété nous emmène sur une pente glissante, avec le risque que cette souffrance, cette tristesse que l’on ressent aussi souvent puisse se généraliser au point que l’on se retrouve en dépression.

Pourtant c’est justement grâce au passé aux leçons que j’ai pu en tirer, qu’aujourd’hui je peux voir différemment ce qui pourtant ressemblait au passé. Parce que justement même si ça y ressemble ça n’est pas la même chose, et j’ai aujourd’hui davantage de ressources en moi pour éviter que cette anxiété m’emporte.

Ce qui m’est arrivé c’est un réflexe que l’on peut tous avoir, celui de faire des prédictions négatives sur l’avenir. Et c’est parce qu’on a déjà un vécu, des croyances souvent fausses sur nous-même et sur la vie, qu’on finit par se faire des films dans notre tête et ce sont souvent des « films catastrophe ».

Pourtant paradoxalement c’est sans doute parce que je me suis vu replonger, que cela ne s’est pas réellement produit, et c’est tant mieux.

Et au delà de mon cas personnel, on sait bien qu’il n’y a pas de méthode miracle qui nous guérirait de ça en quelques jours, et qu’il s’agit d’un processus lent qui repose surtout sur le fait de s’être fait aidé par un professionnel quand on sent dépassé. Et puis on parlera tout au long de l’article, mais ce qui est également précieux c’est le fait de mieux se connaitre, de respecter ses besoins et avoir conscience de ses propres limites.

J’avais déjà parlé du sujet de l’anxiété chez les hypersensibles, dans cet autre article . Ici vous l’avez compris c’est davantage de l’anxiété généralisée dont on va parler, au travers de mes bribes d’expérience et de ce que j’en ai appris et compris.

L’anxiété et la violence de ses cycles

> Le lien entre hypersensibilité et anxiété

Même si l’hypersensibilité peut nous faire vivre régulièrement de l’inconfort, le fait de prendre conscience que l’on est hypersensible peut nous aider dans ce processus. En tout cas c’est le cas, me concernant.

Parce que c’est vrai que quand on vit les choses de façon intense, que nos émotions ont tendance à faire les montagnes russes, cela a forcément des conséquences sur nos pensées. Le fait également que l’on soit régulièrement en surcharge sensorielle au niveau du bruit ou des lumières par exemple, la fatigue que cela engendre.

Et puis lorsqu’on est arrivé à saturation il y a un cercle vicieux qui se met en place, et on se retrouve donc à penser trop et à avoir des difficultés à mettre son cerveau en pause. C’est donc assez logique qu’en tant qu’hypersensible, on se retrouve davantage exposé à l’anxiété, que peut l’être une personne non hyper.

Mais le fait de bien se connaitre va bien au delà de savoir que l’on est plus sensible que la moyenne. De mon côté par exemple, j’ai pris conscience que malgré ma volonté de paraitre à l’aise en société, j’ai une personnalité plutôt introvertie.

Là aussi le fait d’en avoir pris conscience fait que je ne cherche plus à me comparer à des gens extravertis qui sont infiniment plus à l’aise socialement et qui ont beaucoup d’amis et un cercle social très large.

Je sais également que parce que je suis un hypersensible introverti, je ne culpabilise plus d’avoir besoin de moments de calme, de repos voire de solitude. Ce qui n’était pas le cas, avant que j’identifie aussi clairement qui je suis.

Et mon intuition en écrivant cela, c’est que pas mal de lectrices et de lecteurs se reconnaitront là-dedans. Cela montre aussi qu’au delà de mon exemple, apprendre à comprendre qui on est et appréhender son fonctionnement, est une aide précieuse.

Et ce travail-là il nécessite parfois voire souvent, et lorsqu’on en ressent le besoin, d’être accompagné par un professionnel notamment un(e) psychologue.

> Identifier l’anxiété et s’exprimer

Et c’est vrai que lorsqu’on a déjà connu des crises d’angoisse, du stress et de l’anxiété. Que l’on est également parvenu à identifier au moins en partie, des situations ou des événements qui nous déclenchent ça.

Alors on a sans doute plus de chances de ne pas être submergé, même si malheureusement tout ça n’a rien d’automatique.

Pour vous parler de mon exemple, puisque vous l’avez compris ça sera le fil rouge de mon article. A présent, je vois assez bien les situations dans ma vie personnelle ou professionnelle, qui peuvent déclencher du stress et de l’anxiété de façon intense.

Je sais par exemple que la nuit qui précède certains événements, mon sommeil sera perturbé et j’essaie donc d’agir en conséquence. Mais même en me connaissant il arrive parfois que j’évalue mal ce qui va me déclencher ou non des angoisses.

J’ai également déjà vécu des nuits précédents des événements importants comme des entretiens d’embauche où je me sentais relativement serein. Et à l’inverse dans des moments positifs de ma vie, l’anxiété s’est parfois invitée sans prévenir.

Cela signifie que même en se connaissant bien, on n’a pas réellement le contrôle sur ce qui pourrait déclencher telle émotions négative ou telle pensée ruminée. En revanche comme l’anxiété et moi, on commence à bien se connaitre, je la vois arriver.

Et quand je la vois arriver j’essaie de me reconcentrer sur ma respiration. J’essaye de m’appuyer sur ce que j’ai identifié comme des ressources, c’est-à-dire des outils qui m’aident à traverser ses moments

Suivant les moments j’en vois deux principaux:

  • la méditation de pleine conscience, personnellement je me suis crée une playlist sur Youtube regroupant celles que je préfère. Mais vous pouvez très bien passer par une application qui propose des méditations gratuites, comme Petit Bambou par exemple.
  • Le fait d’écrire m’aide énormément à démêler toutes les émotions et les pensées qui se mélangent dans ma tête. Dans mon esprit c’est comme si pouvoir mettre des mots sur ce que je ressens, m’aidait à m’en libérer.

Bien entendu ce sont les ressources qui fonctionnent le mieux pour moi, mais on peut baisser son niveau d’anxiété en faisant du sport, en pratiquant une activité artistique ou encore en lisant. Ici peu important la façon de calmer le flux de pensées qui nous envahit du moment qu’on ne cherche pas à s’anesthésier totalement et à se couper de ses ressentis.

Pour ma part quand l’anxiété est là je l’identifie pour ce qu’elle est, c’est à dire des pensées ruminées et certainement pas la réalité. C’est de l’anxiété c’est à dire du stress par anticipation.

A force d’entrainement je finis par prendre conscience assez rapidement, que je ne suis plus dans la réalité. Encore une fois ça ne veut pas dire qu’un simplement claquement de doigt suffira à me calmer, d’ailleurs si vous êtes vous-même anxieux(se) vous savez bien que c’est pas comme ça que ça marche.

Parce que comme la vie, l’anxiété n’est pas linéaire, ce sont des cycles.

> Les cycles d’anxiété

Contrairement au titre d’un célèbre film d’Etienne Chatiliez, la vie n’a pas grand chose d’un long fleuve tranquille. Parfois c’est le cas, et l’eau paisiblement et suit son cours inexorablement.

Parfois le fleuve est presque à sec, on pourrait dire que ce sont les moments où on évolue en mode survie, presque coupé de soi-même et de qu’on ressent. On tient parce qu’il faut tenir, et souvent d’ailleurs on y ressent un stress constant.

Et puis parfois quand dans notre vie il pleut beaucoup, le fleuve menace de déborder de son cours d’eau et d’inonder tout notre environnement. Et là aussi des sentiments négatifs comme de la tristesse peuvent se mêler à une anxiété bien présente.

C’est ce que j’évoquais en début d’article, il arrive qu’on traverse des périodes plus difficiles, dans lesquelles malgré la meilleure volonté du monde on ne peut pas aller bien.

Et ça ne veut pas forcément dire que c’est une rechute impitoyable et que tout va s’écrouler, et c’est en prenant un pas de recul sur ce qu’on vit on le voit sans doute plus clairement. C’est une période, un cycle difficile, comme il y a des cycles où les événements qui nous sourient davantage.

Et dans ces moments où l’on est mal en point, ce n’est pas toujours évident de ne pas se réfugier dans tout ce qui nous permettrait de ne plus ressentir ce qui est si douloureux. Tout ce qui pourrait nous anesthésier, et peut-être à terme nous rendre dépendant et accro.

Et même si c’est difficile de ressentir cette anxiété aussi fort et aussi fréquemment, elle est tout de même là et attend qu’on la regarde en face. On ne pourra pas rester positif à tout prix, et c’est là que le positivisme béat et le « quand on veut on peut » prôné par certains ne suffit plus.

Car même si notre anxiété n’est pas la réalité, elle est tout de même présente, et accepter qu’elle soit présente c’est déjà faire une partie du chemin. L’autre partie c’est essayer dans la mesure du possible, de ne pas s’y résigner.

> Prendre des décisions

Parce qu’à partir du moment où on a identifié ce qu’était cette anxiété et d’où elle venait, une partie du travail va consister à identifier ce dont on aurait besoin.

Et cela va nous demander parfois de prendre une décision, qui va prendre en charge la cause de l’anxiété. En écrivant cela j’ai parfaitement conscience que nos vies à toutes et à tous sont totalement différentes, et que l’on n’est pas à tous en capacité de pouvoir le faire.

Là je ne fais que parler de mon exemple, et de mes deux facteurs principaux actuels d’anxiété dont je parlais en début d’article. Et que ce soit pour ma difficulté perso et pro, dans les deux cas il m’a fallu prendre une décision, loin d’être simple à prendre.

Et c’est très important de préciser d’emblée que le fait d’avoir pris ces décisions n’a pas pour autant fait disparaitre la totalité de l’anxiété que je ressentais, mais le gros de cette angoisse s’est calmé. Et je pense que c’est étroitement lié au fait de se retrouver à moins subir la situation, mais essayer d’en redevenir acteur.

Alors bien-sûr on n’a pas le contrôle des événements ni même parfois de ce qu’on ressent, ça reste parfois difficile et ça n’a rien de miraculeux. On fixe un cap, on reprend les rênes et on essaie d’avancer malgré la difficulté et la douleur.

C’est comme quand on conduit ou qu’on est à vélo et qu’on se retrouve à fixer l’horizon au lieu de regarder sur les côtés pour ne pas finir dans le décor (chez moi on dit « finir dans le bartas »). On s’est fixé un objectif et on essaie d’avoir des ressources pour nous aider à l’atteindre.

Et encore une fois je ne suis pas animé d’une posture de donneur de leçons, parce que la difficulté de l’anxiété généralisée est bel et bien là.

On ne peut pas « gérer » l’anxiété

Quand on parle d’anxiété et notamment d’anxiété généralisée, par définition on parle d’un phénomène qui met dans l’inconfort, et qui peut même générer de la souffrance. On ne parle pas de quelque chose sur lequel on peut avoir facilement du contrôle, et qu’on puisse « gérer » facilement.

Il faut dire aussi qu’en fonction de notre personnalité, de notre vécu, de nos éventuelles blessures ou traumatismes, notre niveau d’anxiété ne sera pas le même et notre capacité à nous en sortir non plus.

Au delà de ça, même si l’anxiété nous fait sortir de la réalité, elle est tôt de même rattachée à la réalité de ce qu’on vit. C’est valable pour mon cas, mais aussi pour des personnes qui vivent des épisodes difficiles voire destructeurs, comme des relations toxiques par exemple. 

De même lorsqu’on se retrouve en situation de grande précarité avec des difficultés pour se loger ou se nourrir par exemple, c’est bien la situation que vous vivez qui vous met en souffrance et qui cause cet état d’anxiété que vous pouvez ressentir. 

On comprend bien dès lors que l’on n’est de toute façon pas coupable d’être anxieux, et qu’il y a tout un tas de situation où l’on n’est pas en mesure de la calmer seul(e).

D’où l’importance d’être accompagné que ce soit au niveau psychologique, mais aussi dans n’importe quelle démarche qui améliore notre situation (assistant(e) sociale par exemple).

Vivre du stress ou de l’anxiété de façon intense est malheureusement parfois un passage que l’on est obligé de traverser, parfois même plusieurs fois dans sa vie, mais elle n’est pas pour autant la fatalité que l’on pense qu’elle est.

Auteur/autrice

  • Hypersensible moi-même, j’ai créé ce site pour accompagner celles et ceux qui se sentent souvent “trop” ou toujours en décalage. Je dis "chocolatine" aussi 😉

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